Lecture / Ecriture
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Le retour de Silas Jones de Tom Franklin

Tom Franklin
  La culasse de l'enfer
  Braconniers
  Le retour de Silas Jones

Thomas G. Franklin est un auteur américain né en 1963 dans l'Alabama.

Le retour de Silas Jones - Tom Franklin

Disparitions inexpliquées
Note :

   "L’idée d’avoir un copain noir ne l’avait jusqu’à présent jamais effleuré, mais maintenant il y songeait…"
   Le récit démarre par une tentative de meurtre à l’encontre de Larry Ott, à son propre domicile.
   La fille des Rutherford a disparu huit jours auparavant. Et quelques années plus tôt, Cindy, une autre jeune fille, s’était aussi volatilisée. A l’époque les soupçons s’étaient portés sur Larry car il était le dernier à l’avoir vue. Et bien qu’il n’ait jamais pu être condamné faute de preuves, tout le village le tient pour coupable. Larry était à l’époque un garçon solitaire, rejeté des autres et de son propre père, garagiste, qui lui reprochait de ne même pas être capable de dévisser un boulon, et était particulièrement dur avec lui. Dès qu’il le pouvait, Larry ouvrait un livre et passait son temps à dévorer des romans d’horreur. Seule sa mère le protège et prie pour qu’il se trouve un véritable ami.
   
   Silas quant à lui, est devenu flic et travaille avec French. Quand les deux hommes découvrent Larry avec une balle dans le corps, une enquête est ouverte pour savoir s’il s’agit d’un suicide ou d’un meurtre. C’est aussi pour l’auteur l’occasion de revenir sur la jeunesse de ces deux hommes.
   
   Silas et Larry ont en effet été très amis plus jeunes. Lorsque le père de Larry amenait ce dernier à l’école, il ne manquait pas de s’arrêter sur la route pour prendre Silas et sa mère, qui attendaient, frigorifiés et étaient bien contents que quelqu’un les dépose. Jusqu’au jour où Larry le raconte à sa mère…
   
   On sent très vite que le destin de ces deux hommes, Larry le blanc et Silas le noir, sont liés. Scolarisés dans la même école, Larry essaie de reprendre contact avec Silas lorsque celui-ci revient au village. Mais ce dernier lui répond avec une fin de non recevoir…
   
   Qu’ont en commun ces deux hommes? Quel secrets partagent-t-ils?
   
   Dès les premières pages, j’ai été happée par la force de ce récit, dont j’avais entendu beaucoup de critiques élogieuses. Au-delà du thème de la ségrégation raciale, et du racisme anti blanc ou noir, ce roman qui se rapproche par bien des thèmes du genre policier, nous plonge dans une enquête qui va nous permettre de remonter des secrets de famille. L’écriture est forte, puissante et porte ce magnifique récit, qui est un de mes derniers gros coups de cœur.
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critique par Éléonore W.




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Lettre tordue, lettre tordue
Note :

   Sous ce curieux titre, le titre original (Crooked letter, crooked letter), se cache en fait un truc mnémotechnique pour apprendre aux enfants à écrire Mississippi. M, I, Lettre tordue, lettre tordue, I, Lettre tordue, lettre tordue, I, Bossu, bossu, I. Tom Franklin dont "La Culasse de l'Enfer" cette description de la vie d'un comté américain entre milices et justice, m'impressionna fort il y a quelques années, nous a concocté une histoire classique d'amitié inattendue dans ce Sud américain qu'on croit connaître tant on a lu sur ce pays. Silas Jones, constable noir rural est revenu de Chicago et a retrouvé Larry Ott, son seul ami d'enfance, blanc et solitaire accusé d'un meurtre ancien, et, pendant qu'on y est, d'un nouveau. En plus il est fan des bouquins de Stephen King.
   
   C'est l'occasion de renouer avec un passé très lourd qui apporte son lot de personnages obtus et ras de la casquette, de machos et de brutes, en un paysage littéraire bien campé qu'on a lu souvent. La séance drive-in se termine mal, les bourgades ne vivent un peu que devant le base-ball à la télé et il n'y a même plus de Vietnam. C'est dire si suinte l'ennui. J'ai trouvé "Le retour de Silas Jones" moins fort que "La Culasse". Il y a ici un récit bien balisé, la ballade de la probable erreur judiciaire. Mais je n'ai pas ressenti la claque que m'avait assénée "La Culasse". Le portrait de ces deux hommes est efficace avec une inversion des stéréotypes, à savoir que le plus marginal des deux n'est pas celui qu'on trouve en général dans les romans Southern. On se prend au jeu et on a lu un livre intéressant, en aucun cas absolument essentiel contrairement au dernier livre chroniqué ici même il y a peu, estampillé Texas et non Mississippi. Plus passe le temps plus je demande à la littérature. Ce même "Retour de Silas Jones" m'aurait trouvé probablement plus enthousiaste trois ans en arrière.

critique par Eeguab




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