Lecture / Ecriture
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Comme à la guerre de Norman Lewis

Norman Lewis
  Comme à la guerre
  L'île aux chimères

Norman Lewis est un écrivain britannique (1908-2003)

Comme à la guerre - Norman Lewis

Le monde complexe de l'espionnage
Note :

    Norman Lewis, je ne le connaissais pas. J'ai par contre beaucoup lu Graham Greene. Et les deux hommes se sont croisés à plusieurs reprises, hantant les mêmes lieux. Si grand est le talent de Greene, largement popularisé par le cinéma, très intéressante est la musique de Norman Lewis, catalogué comme écrivain voyageur, ce qui m'énerve un peu car tout écrivain voyage, tout lecteur également d'ailleurs. Ce qui est génial quand on découvre un auteur tardivement c'est que l 'on a d'un seul coup une flopée de romans, ou récits, à se mettre sous la dent. Ceci pour les gens qui lisent avec les dents, souvent des gens très incisifs qui ne mâchent pas leurs mots. Lewis le Gallois est mort très âgé il y a quelques années et semble avoir réussi à s'effacer toute sa vie de toute médiatisation. Cette discrétion de bon aloi lui vaut peut-être un relatif anonymat que je vais modestement tenter de réduire un tout petit peu mais les amis des livres s'y sont déjà sérieusement attelés.
   
   "Comme à la guerre" est mon premier choix, au pif, sorti une première fois en 66 sous le titre traduit littéralement "Une petite guerre sur commande". Court et sans divagations, strié d'un humour sarcastique, de ce type d'humour qu'on rencontre effectivement dans de bons romans sur l'espionnage ou la Guerre Froide. Cette drôlerie n'épargne aucun des deux camps puisque l'action se déroule au moment du débarquement de la Baie des Cochons à Cuba. Charles Fane, anglais sympathisant de Moscou et surtout de La Havane, se retrouve manipulé par la C. I. A et envoyé en reconnaissance sur les plages cubaines avant le grand jour. Il ne trouve rien de mieux que tomber amoureux, ce qui n'est pas une bonne idée. Rapidement on a compris qu'on ne comprendrait pas, jamais, qui utilise qui et qui sortira vainqueur de ces histoires de dupes. On comprend que Fane ne comprend plus. Mais surtout en moins de 200 pages Norman Lewis trousse une aventure passionnante où les pauvres humains sont vite réduits à l'état de fantoches. Tout ça pour la Cause. Laquelle? Ça je ne sais pas très bien. Mais après tout chacun sa cause et la Baie des Cochons sera bien gardée.
   
    Mais c'est ainsi que sur une plage qui aurait pu être de rêve le théâtre s'est révélé sanglant et que l'imbroglio politique et économique a continué de perdurer. Cela ne s'est probablement pas tout à fait passé comme le raconte finement Norman Lewis. Mais imprimons la fiction, elle est plus vraie que nature.

critique par Eeguab




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