Lecture / Ecriture
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Les trois mousquetaires de Alexandre Dumas

Alexandre Dumas
  La Dame Pâle
  La reine Margot
  Les Cenci
  Pauline
  Le Comte de Monte-Cristo
  La Dame aux camélias
  La guerre des femmes
  Le capitaine Pamphile
  Les trois mousquetaires
  Le meneur de loups
  La Comtesse de Saint-Géran
  La route de Varennes
  Le Chevalier d'Harmental
  La Volga
  Georges
  Le Sphinx rouge suivi de La Colombe
  Ados: Othon l’archer
  Dès 09 ans: Contes dits deux fois

Alexandre Dumas, (dit aussi Alexandre Dumas père) est un écrivain français né en 1802 et mort en 1870.

Les trois mousquetaires - Alexandre Dumas

Chef d’œuvre à tout âge
Note :

   Présentation de l'éditeur
   
   « Dans "Les Trois Mousquetaires" revit toute l'Histoire: le Moyen Âge parce que c'est une épopée chevaleresque; le XVIIe siècle dominé par Richelieu fondateur de la France moderne; le romantisme parce que des héros exceptionnels, qui ont disparu dans une société contemporaine dépoétisée, se réfugient dans le roman. L'auteur y a mis tout son art: la surprise, la vitesse, l'humour, la couleur, le sens du mystère et de la grandeur. Le lecteur se sent un instant aventureux comme d'Artagnan, séducteur comme Aramis, hercule comme Porthos, profond comme Athos, poète comme Dumas. »

   
   
   Commentaire

   
   J'avais déjà lu "Les trois mousquetaires". Je devais avoir 11 ans et je connaissais un peu car j'avais vu un dessin animé quand j'étais petite, où ils étaient représentés sous la forme de chiens. Porthos était une grosse bête de trois fois la taille des autres, Aramis avait de longues oreilles pendantes, Athos était brun foncé et D'Artagnan avait l'air de Snoopy - et d'avoir 8 ans. Milady était une chatte masquée, Constance avait les cheveux orange et Richelieu était un mix de chien et de loup. Imaginez la surprise de la fillette de 11 ans qui ouvre le livre et qui réalise que:
   
   1) Les personnages n'ont pas quatre pattes. Pas de poils non plus (bon, ils en ont probablement hein... mais ce n'est pas nécessairement précisé)
   
   2) D'Artagnan n'est pas un enfant.
   
   J'ai donc eu à faire un deuil terrible de ce que je croyais être l'histoire et j'ai mis une bonne partie du roman à vraiment aimer. Je vous rappelle que je parle de l'époque où j'avais 11 ans, hein! De toute façon, j'étais beaucoup trop jeune pour apprécier Athos à sa juste valeur (je le trouvais vieux, à l'époque, imaginez!).
   
   Quel bonheur que d'ouvrir un roman de Dumas. J'ai ressenti encore une fois le même plaisir que lorsque j'ai relu "Le comte de Monte-Cristo". Il y a un souffle romanesque incroyable dans l’œuvre de Dumas. Il sait rendre les personnages réels et les accrocher dans le contexte historique (bon... à la Dumas, hein, si on en croit les notes. C'est qu'il prend des libertés, notre homme!) comme aucun autre. Je me suis prise à "ménager" les pages pour faire durer ma lecture plus longtemps!
   
   Les trois mousquetaires, ce sont Athos, Porthos et Aramis. D'Argagnan est tout d'abord garde mais suite à une première rencontre disons... houleuse, ils deviennentt amis à la vie à la mort et tout à fait inséparables. Sérieux, les mousquetaires? Pas ceux-là, en tout cas. Ils sont ma foi assez turbulents, cherchant aventures et querelles un peu partout. Ils vivent en bohèmes et, toujours à court d'argent, sont toujours à la recherche d'un moyen de manger dans la semaine. Parfois honnête, parfois pas. Toujours ensemble, courageux, loyaux entre eux (ils partagent tout, en fait), ils ne passent pas inaperçus et se font des amis comme des ennemis partout où ils passent.
   
   Athos (*insérer un soupir enamouré... on ne se refait pas*) est un sage au passé ténébreux, mystérieux, peu bavard mais quand il parle... Aramis est délicat, poète et m'a fait mourir de rire à vouloir rejoindre les ordres si par hasard il n'avait pas de nouvelles d'une certaine "lingère". Porthos est un bon vivant, mal dégrossi mais paré comme un homme riche. Quant à D'Artagnan, il a vingt ans, il est sans peur, frondeur, impulsif, passionné. Il arrive à Paris sur son cheval jaune avec l'idée de devenir Mousquetaire.
   
   Beaucoup d'humour, dans ce roman. Le narrateur raconte les choses de façon étonnante, donnant à certains événements un caractère drolatique. Dumas a un ton enlevé et un talent de conteur immense, qui m'a fait rire, sourire, trembler de peur ou de colère et pleurer aussi. On est dans un roman de capes et d'épées, avec des duels, de l'action, des voyages où chacun risque sa peau, des rebondissements, des batailles et même une guerre. Loyaux au Roi Louis XIII - un peu fade, le roi, d'ailleurs (et surtout à la Reine) contre un Cardinal de Richelieu plein de prestance, qui tire les ficelles à la cour comme sur le champ de bataille, ils auront à combattre pour l'honneur de la Reine Anne ainsi que pour sauver leur peau, menacée par l'infâme Milady de Winter.
   
   Et quel personnage, cette femme. Femme fatale, fascinante, manipulatrice, elle est prête à tout pour l'argent et l'honneur mais surtout pour assouvir ses instincts de vengeance et la haine qu'elle ressent à l'égard de D'Artagnan. Elle est machiavélique à souhait, d'une beauté dangereuse, elle séduit pour arriver à ses fins. Impossible de ne pas trembler lors de l'épisode avec Felton ainsi que dans les dernières pages. Milady est une grande méchante machiavélique, une vraie. Mais quel personnage!
   
   Je ne vais pas raconter l'histoire et les rebondissements. Je garderai un souvenir très intense de poursuites sur les routes de France, d'épées cliquetantes, de bijoux précieux, d'intrigues de cour et d'héroïsme parfois presque inconscient. Mais surtout le souvenir de ces quatre hommes, unis à la vie à la mort, presque une famille, qui ont éclairé de leurs rires, de leurs coups pendables et de leurs exploits un roman inoubliable. J'ai refermé le livre et je les ai laissés partir avec un sourire déjà nostalgique.
   
   Et ça, c'était après avoir pleuré pendant les 50 dernières pages du roman. Même si je savais. Je suis irrécupérable, je sais.
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critique par Karine




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Les vrais
Note :

   "Les trois mousquetaires" (1844) est le premier livre d'une trilogie avec "Vingt ans après", "le Vicomte de Braguelonne".
   J'ai relu la préface de Alexandre Dumas quant à la genèse de "Les trois mousquetaires" et j'ai trouvé intéressant de connaitre sa démarche.
   Mais avant de vous en parler je vous fais part de la remarque que j'ai lu sur le site d'Alexandre Dumas une réflexion que je ne m'étais jamais faite et qui m'a amusée et surprise :
   "Ce qui est étonnant, c'est que l'on fasse lire à notre belle jeunesse une œuvre aussi joyeusement amorale (si l'on raconte l'histoire du point de vue de Milady, elle se résume ainsi : Athos a tenté de l'assassiner et l'a ratée, d'Artagnan la viole, puis ils se mettent à six hommes pour l'assassiner et ne la ratent pas). Elle est de surcroît antipatriotique : Milady travaille pour Richelieu, c'est-à-dire pour la France, alors que les mousquetaires travaillent pour Anne d'Autriche et Buckingham, c'est-à-dire pour l'étranger!"*

   
   Je rappelle que les trois mousquetaires sont Athos, Porthos et Aramis. D'Artagnan ne deviendra mousquetaire que plus tard, à la fin du roman. Notons que le vrai d'Artagnan se nommait Charles de Batz, né vers 1611 au château de Castelmore en Gascogne, dans l'actuel département du Gers. Il part à Paris en 1640 et entre dans les cadres de la Garde française avant de devenir mousquetaire en 1644. D'Artagnan meurt tué par une balle de mousquet à Maastricht lors de la guerre de Hollande (1673)
   
   Les trois mousquetaires ont-ils existé?
   
   Alexandre Dumas a trouvé son sujet dans les "Mémoires de M. d’Artagnan, capitaine lieutenant de la première compagnie des Mousquetaires du roi, contenant quantité de choses particulières et secrètes qui se sont passées sous le règne de Louis le Grand", par Courtilz de Sandras.
   
   Ce qui le frappa d'abord ce sont les noms d'Athos, de Portoz et d'Aramis, que d'Artagnan dit avoir rencontrés lors de sa première entrevue avec monsieur de Tréville. Dumas crut ces noms inventés pour servir de pseudonymes à des personnages illustres.
   L'écrivain entreprit des recherches qui finirent par aboutir lorsqu'il retrouva ces trois noms dans un manuscrit : Mémoires de monsieur le comte de La Fère.
   C'est ainsi que Dumas rédigea sa préface "Dans laquelle il est établi que, malgré leurs noms en OS et en IS, les héros de l’histoire que nous allons avoir l’honneur de raconter à nos lecteurs n’ont rien de mythologique."
   Dumas tient donc à établir son roman sur des bases historiques solides et pas seulement avec les personnages indiscutablement historiques comme Louis XIII, Richelieu, Anne d'Autriche mais aussi avec des personnages dont on pourrait douter de l'existence. Ainsi Athos, Porthos et Aramis ont existé! Ils n'ont rien de mythologique! Soit!
   
   Le vrai Athos
   Son nom est Armand de Sillègue d'Athos d'Autebielle. Il est né vers 1615 à Athos, village qui se situe entre Sauveterre-de-Béarn et Oraas. C'est son frère aîné, Jean, qui doit hériter des seigneuries d'Atos et d'Autebielle, c'est pourquoi Athos entre chez les mousquetaires du roi au début des années 1640 grâce à son oncle, monsieur de Tréville.
   
   Le vrai Porthos
   
   Isaac de Portau ou Pourtau : le véritable Pothos de les trois mousquetaires.
   Porthos
   Isaac de Portau (ou Pourtau) est né à Pau en 1617; Il était le fils d'un notaire aux Etats de Béarn qui acheta ses lettres de noblesse avec ses seigneuries. Lui aussi, en tant que cadet embrasse la carrière militaire dans les Gardes françaises; mais on n'a pas trouvé sa trace chez les mousquetaires.
   
   Le vrai Aramis
   
   Henri d'Aramis est né vers 1620 sur la terre dont il porte le nom, dans la vallée de Barétous en Béarn. Il est comme son lointain parent Athos apparenté à monsieur de Tréville et rejoint les mousquetaires du roi en 1640. Plus tard, il retourne chez lui et il prend la charge d'abbé-laïc. On situe sa mort entre 1673 et 1675.
   
   Une mentalité romantique
   

   Ceci dit, le manuscrit de Courtil de Sandraz publié en 1700, qui a servi de base au roman de Dumas, était déjà très romancé. Nous sommes pour ainsi dire dans le roman d'un roman! Et de plus le récit d'Alexandre Dumas est marqué par l'idée que se font les écrivains romantiques du règne de Louis XIII, qu'ils considèrent comme la dernière époque de liberté avant que Louis XIV et Richelieu imposent l'absolutisme. Les héros de Dumas sont donc romantiques avant tout. Ils ont l'enthousiasme, la fougue et l'amour de la liberté. Ils contestent l'ordre social, s'inscrivent en faux contre les autorités passéistes, les contraintes sociales, ils sont du côté de l'amour et de la passion et contre la sagesse bourgeoise et la morale.
   
   "Les problèmes quotidiens des mousquetaires - être bien mis à peu de frais, ne pas payer son loyer, avoir une maîtresse désintéressée voire généreuse - rappellent d'ailleurs fortement ceux de la bohème romantique du XIXe siècle."
* Donc, si Dumas sans contestation possible, s'intéresse des personnages qui ont existé, il n'en reste pas moins que Les trois mousquetaires se permet de grandes libertés par rapport à l'Histoire et reflète avant tout la mentalité de l'époque- mais aussi ses goûts.
   
   Le goût de l'époque : feuilleton et dramatisation
   
   Le roman de Dumas est paru en feuilleton en 1844. Pour maintenir en haleine ses lecteurs, il fallait que Dumas joue sur les ressorts du roman-feuilleton qui empruntait beaucoup au théâtre, rebondissements, quiproquos et dramatisation de certaines scènes qui se devaient d'émouvoir le fidèle. On sait que Les trois mousquetaires est un roman foisonnant. Dumas ne plaint pas les coups de théâtre, il invente des intrigues, il multiplie les aventures, les duels, les complots, les échauffourées… Ce faisant, il aura beaucoup d'imitateurs et deviendra le père du roman de cape et d'épée dont les auteurs n'auront aucun intérêt pour l'Histoire, contrairement à lui, et se contenteront de la couleur locale.
   
   (*Vincent Mollet, site Dumas)

critique par Claudialucia




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