Lecture / Ecriture
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La maison de soie de Anthony Horowitz

Anthony Horowitz
  Ados: Stormbreaker
  Dès 12 ans: La photo qui tue
  La maison de soie
  Dès 09 ans: Le faucon malté
  Ados: L’île du crâne

La maison de soie - Anthony Horowitz

Sherlock for ever
Note :

   Sherlock is back! Grâce à Anthony Horrowitz, adoubé par les héritiers de Conan Doyle (ce qui n'était pas franchement utile puisque l’œuvre est tombée dans le domaine public), le célèbre détective revient à point nommé pour entretenir la légende. Opération marketing autour de la sortie (une version adulte et une version jeunesse, mais le texte est le même, c'est curieux...) et parfaitement chronométrée (je parle de la parution française) car le second volet des aventures cinématographiques de Sherlock sort sur nos écrans début janvier 2012. Holmes est partout!
   
   Je tiens à préciser qu'un bon nombre de pastiches ont déjà été publiés. Evidemment, tous ne sont pas de qualité, aussi cette approbation des héritiers de Doyle pourra certainement décider des lecteurs récalcitrants à se procurer "La maison de soie".
   
   Dans une préface qui donne déjà le ton - celui de la nostalgie - un Watson vieillissant évoque l'écriture d'un manuscrit relatant une enquête du célèbre détective, et qui ne devra être lu que cent ans plus tard, tant le crime relaté est odieux et implique un certain nombre de conséquences fâcheuses.
   
   "J'aurais déjà dû ouvrir la porte du 221B Baker Street pour entrer dans la pièce où tant de nos aventures ont débuté. Je les vois d'ici, la lueur de la lampe derrière la vitre et les dix-sept marches qui me font signe depuis la rue. Comme elles me semblent lointaines! Il y a si longtemps que je ne suis pas retourné là-bas! Oui. Le voici, la pipe à la main. Il sourit. "La partie reprend...".

   
   Nous voilà donc à nouveau transportés à l'automne 1890. Le docteur Watson, délaissant son épouse pour quelques jours, retrouve le grand détective pour une enquête qui se révèle a priori banale : un vol de tableaux et un marchand d'art poursuivi par la vengeance du voleur. Le forfait a un cadre plus exotique que Londres, le vol ayant eu lieu aux Etats-Unis, en présence de la célèbre agence Pinkerton.
   
   Cependant, les conséquences de cette vengeance vont entraîner Holmes et Watson dans les bas-fonds de Londres et les conduire à dévoiler les infâmes secrets de la haute société, au cours d'une enquête menée en parallèle de la première.
   
   Horowitz connaît bien l’œuvre de Doyle, les allusions et clins d’œil aux enquêtes précédentes sont nombreux et l'on a plaisir à retrouver de vieilles connaissances : Lestrade que l'auteur réhabilite quelque peu, les enfants des rues, les Irréguliers de Baker Street qui ont déjà aidé Holmes, le frère de celui-ci, Mycroft (les retrouvailles font l'objet d'une scène savoureuse) et un autre personnage important de l'œuvre, entouré de pénombre et de mystère... Les rebondissements sont nombreux, les scènes dramatiques et les dialogues teintés d'humour entre Holmes et Watson s'équilibrent parfaitement.
   
   Les personnages quant à eux sont respectés, aucune faute de goût. Sherlock est égal à lui-même, ses capacités de déduction sont toujours aussi étonnantes, son flair (presque) infaillible, son sang-froid et son audace sont sans pareils. Anthony Horowitz se démarque toutefois de la copie fidèle en introduisant quelques considérations sociales. Londres apparait moins reluisante que jamais, et Watson se surprend à songer aux enfants des rues, dont le destin était particulièrement cruel à cette époque.
   
   Leur exploitation justement, est le fil conducteur de ces intrigues emboitées. La fin du roman est surprenante, pour une enquête de Sherlock Holmes, et marque une préoccupation bien contemporaine. Je suis un peu étonnée que le roman s'adresse aussi aux jeunes lecteurs.
   
   Que dire de plus? J'ai pris un grand plaisir à retrouver l'un de mes héros favoris, fidèlement ressuscité par un écrivain dont je connais peu l'œuvre mais dont j'ai apprécié la démarche. Certes, cette nouvelle aventure du célèbre détective londonien ne révolutionnera peut-être pas le monde de la littérature, mais elle aura le mérite, sûrement, de donner envie aux lecteurs de se (re)plonger dans l'intégrale du Canon.
    ↓

critique par Folfaerie




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Pour les nostalgiques de Sherlock
Note :

   Eh bien moi, j'ai pris beaucoup de plaisir à la lecture de cette nouvelle variation sur le thème de Sherlock Holmes.
   
   La majeure partie de ce plaisir était dû au fait que j'y ai retrouvé l'ambiance  "Conan Doyle" pas trop modernisée ni accommodée à la sauce "combats violents et courses rapides dans tous les sens plutôt que réflexion", qui est la marque de notre 21ème siècle. Après quelques pages de mise en route, j'ai pu rêver un moment avoir retrouvé le "vrai" Sherlock. C'est vous dire. C'est vrai que j'ai un peu peiné au début sur cette écriture un peu trop linéaire et conventionnelle à mon goût, peut-être une imitation de celle de Doyle après tout. Mais ça vaut la peine de persister, je trouve.
   
   Pourtant, Horowitz a bel et bien modernisé le propos. Voilà que Sherlock se soucie de ce que deviennent les enfants des rues quand ils ne travaillent pas pour lui, qu'il réalise que Mme Hudson a peut-être une existence à elle, voilà que Watson se demande tout à coup ce qu'ont bien pu devenir tous ces criminels qu'ils ont fait arrêter et comment il se fait que dans un monde croulant sous la criminalité ils n'aient jamais eu à résoudre que des énigmes se déroulant dans la bonne société... pour ne rien dire des éclairs de semi-lucidité qui lui viennent quand il compare son attachement raisonnable pour son épouse à celui passionné, qu'il a pour Holmes.
   Bref, soudain, un dessillement moderne qui permet de s'attacher à nouveau à ces deux personnages si particuliers et dignes d’intérêt.
   
   Au niveau de l'intrigue, on n'est pas volé. Elle est suffisamment subtile, complexe, riche en rebondissement et bien racontée pour qu'on puisse tenter de la deviner... y arriver presque, se faire piéger, trouver à nouveau et avoir encore une surprise de fin de partie. Qu'on aurait dû voir, en plus! Ah! Bien joué, vraiment. Il y a même un "mystère de chambre close" (mes préférés) mais Holmes ne le résout pas cette fois. (car c'est lui qui le pose.)
   
   
   Deux phrases? Celles-ci alors:
   
   "Vous auriez montré une goutte d'eau à Holmes et il en aurait déduit l'existence de l'Atlantique. Vous me l'auriez montrée à moi et j'aurais cherché un robinet."
   
   
   "Holmes était bien redevenu tel qu'il était autrefois – cachottier, trop sûr de lui et parfaitement agaçant."

critique par Sibylline




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