Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Les idiots de Joseph Conrad

Joseph Conrad
  Au cœur des ténèbres
  Le nègre du “Narcisse”
  Le duel
  Typhon
  Amy Foster
  Falk
  La ligne d’ombre
  Demain
  Les idiots
  Un paria des îles
  Lord Jim
  Un sourire de la fortune
  Le Frère-de-la Côte
  Karain : Un souvenir

Joseph Conrad est le nom de plume de Teodor Józef Konrad Korzeniowski, écrivain anglais d'origine polonaise, né en Ukraine en 1857, et mort en Angleterre en 1924. Orphelin à 11 ans, Conrad s'enrôla comme mousse en 1874 et sera marin jusqu'en 1894. Il se consacra ensuite à l'écriture.

Les idiots - Joseph Conrad

Bretagne
Note :

   Là, pour le coup, nous sommes avec Pierre Loti, en Bretagne profonde.
   
   "Nous suivions en voiture la route qui mène de Tréguier à Kervanda. Nous allions d’un bon trot entre les talus surmontés de haies qui bordent le chemin, lorsqu’au pied de la rude montée de Ploumar, le cheval se mit au pas et le cocher sauta lourdement de son siège. Il fit claquer son fouet et monta la rampe à pied, marchant à pas pesants à côté de la voiture, une main sur le marchepied, le regard à terre. Au bout d’un moment, il releva la tête et désignant du bout de son fouet le haut de la route :
   "Voilà l’idiot!" dit-il."

   
   Histoire poignante et sordide d’une vie qui démarre sous de bons auspices et qui dérape on ne sait pourquoi, la faute à "pas de chance", le sort …
   
   Jean-Pierre Bacadou, de retour de la conscription, a repris la ferme familiale qui tombait dans l’à peu-près. Il remet l’affaire debout et très vite épouse Suzanne. Tout est pour le mieux dans ce monde rural fin XIXème siècle, et puis arrivent les premiers jumeaux. Il apparait au bout de quelques mois qu’ils n’ont pas de réactions de petits bébés classiques. Le doute s’installe, jusqu’à l’arrivée du troisième enfant. Un garçon. Qui va vite s’avérer tout aussi idiot que les deux jumeaux. Jean-Pierre est désespéré, il est prêt à tout. Notamment à répudier sa foi républicaine pour accompagner Suzanne à l’église, quelquefois que …
   
   "Tout en arpentant ses champs, il n’avait cessé d’y penser. Il y en avait trois! Trois! Et tous pareils! Pourquoi? De pareilles choses n’arrivent pas à tout le monde, à personne de sa connaissance. Un – passe encore. Mais trois! Tous les trois! On n’en ferait jamais rien, il faudrait les nourrir tant qu’ils vivraient et … Que deviendrait sa terre, après sa mort? Il fallait y songer. Il sacrifierait ses convictions. Et un jour il déclara à sa femme :
   "On va voir ce que ton bon Dieu fera pour nous. On va faire dire des messes."
   Suzanne embrassa son homme. Il demeura raide, puis tourna les talons et sortit. Par la suite, quand une soutane noire se montrait sur le seuil de la maison, il ne protestait pas ; on le vit même offrir du cidre au curé."
   

   Inutile de préciser que tout ceci aura tout sauf une "happy end"! Il est des situations qui sont vouées au tragique, c’est le cas ici. Pas de doute, Pierre Loti y retrouverait ses petits!

critique par Tistou




* * *