Lecture / Ecriture
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Un amour noir de Joyce Carol Oates

Joyce Carol Oates
  Un amour noir
  Johnny Blues
  Viol. Une histoire d’amour
  Les chutes
  La fille tatouée
  Je vous emmène
  Délicieuses pourritures
  Hantises
  Zombi
  Blonde
  Nous étions les Mulvaney
  Eux
  Fille noire, fille blanche
  La Fille du fossoyeur
  Reflets en eau trouble
  Mère disparue
  Folles Nuits
  Solstice
  Confessions d’un gang de filles
  Journal 1973 - 1982
  Vous ne me connaissez pas
  Les mystères de Winterthurn
  Les Femelles
  Petit oiseau du ciel
  Bellefleur
  Marya, une vie
  Le Musée du Dr Moses
  Mudwoman
  Le Mystérieux Mr Kidder
  Carthage
  Terres amères
  Sacrifice
  Paysage perdu
  Valet de pique
  Le triomphe du singe-araignée

Joyce Carol Oates est une poétesse et romancière américaine née le 16 juin 1938 à Lockport (État de New York).

Joyce Carol Oates a commencé à écrire dès l'âge de quatorze ans.

Elle enseigne la littérature à l'université de Princeton où elle vit avec son époux qui dirige une revue littéraire, la Ontario Review.

Depuis 1964, elle publie des romans, des essais, des nouvelles et de la poésie. Au total plus de soixante-dix titres. Elle a aussi écrit plusieurs romans policiers sous les pseudonymes de
Rosamond Smith et de Lauren Kelly. Elle s'intéresse aussi à la boxe.

Son roman "Blonde" inspiré de la vie de Marilyn Monroe est publié pratiquement dans le monde entier et lui a valu les éloges unanimes de la critique internationale. Elle a figuré deux fois parmi les finalistes du Prix Nobel de littérature."
(Wikipedia)

Un amour noir - Joyce Carol Oates

“L’amour, et plus encore que l’amour”, impossible !
Note :

   C’est l’histoire de la mère de sa mère que la narratrice retrace dans ce livre. Termes dépourvus de chaleur et de complicité pour parler de sa grand-mère mais le lecteur comprend très vite que le personnage de l’aïeule revêt une forme de tabou familial. C’est pourtant avec détermination que sa petite fille rassemble là les éléments de sa vie pour le moins marginaux et mystérieux.
   
   Calla, fille de paysans dans l’Amérique du début du XXe siècle, après une enfance déjà un peu rebelle, se retrouve assez vite mariée, sans amour, à un riche propriétaire terrien.
   «Pas d’émotion à l’égard du mariage, pourtant elle pensait ‘C’est ça, la solitude.»
   
   Leurs relations se limitent à la conception assez rapide de trois enfants ce qui conforte Calla dans la certitude d’avoir accompli son travail.
   Oppressée par une belle famille plutôt intolérante, elle n’a soif alors que de vagabondages, seule et indépendante dans les grands espaces libres.
   «La solitude de l’âme consolait Calla.»
   Lors de ses errements, elle rencontre Tyrell, sourcier noir qui, très vite, la fascine et devient son amant.
   «Elle éprouvait un frisson d’horreur au milieu des Noirs à la pensée qu’on se les était appropriés. Non pas ces Noirs-là […] mais c’était leur négritude, leur essence même qu’on s’était appropriée.»
   
   Il s’agit très probablement de sa personnalité rebelle qui a été fortement attirée par la négritude de son amant qui le place aussi en marge de cette société.
    «Comme moi ce sont des parias dans ce pays. Non, pas comme moi… Eux sont de vrais parias.»
   
   Ainsi, dans ce contexte de méfiance raciste et d’intolérance virulente, leur histoire d’amour n’aura d’autre issue que le drame…
   Dès lors, Calla se renferme davantage après s’être construit, semble-t-il, suffisamment de souvenirs intenses pour lui permettre d’avoir une existence intérieure pour le restant de sa vie.
   
   Un roman sombre, amer sur les sentiments indociles. Un personnage principal qui exaspère autant qu’il fascine par son caractère fugitif et bien mystérieux. Calla n’était vraisemblablement pas en phase avec son monde, avec son temps, avec son lieu.
   Une écriture puissante et dense qui m’ouvre des perspectives de nombreuses autres lectures puisque l’auteure est très prolifique.

critique par Véro




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Enfermements
Note :

   La narratrice d'"Un amour noir" y retrace la vie de sa grand-mère, Edith Margaret, surnommée Calla par sa mère mourante, comme les lys à la beauté immaculée, fleurs fières et funèbres. C'est donc l'histoire d'une petite fille, orpheline de mère dès son plus jeune âge, que son père et ses grands-parents paternels disciplinent à force de coups et que sa famille maternelle s'empresse de marier à un fermier taciturne lorsqu'elle hérite de cette adolescente rebelle et vagabonde.
   
   D'un mariage malheureux à la passion adultère en passant par les enfants que Calla n'avait pas désirés, la trame d'"Un amour noir" est banale à pleurer. Mais l'écriture sèche et totalement dépourvue de sentimentalité de Joyce Carol Oates lui confère une force réelle. De la férule paternelle à l'obsession amoureuse en passant par l'enfer conjugal, rapportant les faits sans fioriture, ouvrant des pistes d'interprétation qu'elle laisse en définitive à la responsabilité du lecteur, la romancière américaine brode autant de variations sur le thème de l'enfermement. Un enfermement dont le titre original - "I lock my door upon myself" - est d'ailleurs bien plus évocateur que celui de la version française, et dont la claustration finale de Calla, qui passera les 55 dernières années de sa vie en recluse volontaire dans la ferme de son mari ne constitue que l'ultime métamorphose, qui n'est d'ailleurs pas la plus oppressante.

critique par Fée Carabine




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