Lecture / Ecriture
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Nager sans se mouiller de Carlos Salem

Carlos Salem
  Nager sans se mouiller
  Un jambon calibre 45
  Japonais grillés

Carlos Salem écrivain argentin né en 1959 à Buenos Aires et vivant en Espagne.

Nager sans se mouiller - Carlos Salem

Et lire sans embarquer
Note :

    Juanito Pérez Pérez mène une double vie. Quadragénaire plutôt ordinaire aux yeux de son ex-femme et de ses deux enfants, fraîchement divorcé, cadre supérieur dans une multinationale côté face. Et côté pile redoutable tueur à gages "numéro trois" pour une mystérieuse Entreprise. Il en est à sa quinzième cible, ce qui ne lui pose aucun problème de conscience. Il est efficace. Bien payé. Point.
   
   Juste avant de partir en vacances avec ses enfants, le nouveau contrat que lui confie "numéro deux" est plutôt inhabituel. Aller surveiller une future cible dans un camping de nudistes, au sud de l'Espagne. Le voilà contraint pour la première fois de mélanger ses deux vies, ce qui ne va pas manquer d'entraîner de redoutables complications.
   
   Après "Famille modèle" j'ai pensé qu'aucun roman ne serait à la hauteur, j'ai donc enchaîné avec ce polar sur lequel je n'avais lu que des avis sympathiques. Raté! j'aurais pu m'en douter, en général je ne m'intéresse guère aux histoires de tueur à gages. Je me suis rapidement ennuyée. Pourtant les rebondissements ne manquent pas. En arrivant au camping, Juanito s'aperçoit que la tente d'à côté est occupée par son ex et le nouvel homme de sa vie... un juge intègre. Il va tomber amoureux d'une belle animatrice, rencontrer une figure paternelle rassurante, lui qui n'a jamais connu son père. Il ne sait pas qui est exactement sa cible, soupçonne rapidement que c'est peut-être lui qui est visé, mais alors par qui? Les suspects ne manquent pas, on dirait que tout le monde s'est donné rendez-vous dans ce camping.
   
   L'intrigue est habilement menée, nouée et dénouée avec un talent certain. Mais non, rien à faire, Juanito ne m'a convaincue dans aucun rôle. Ni dans celui du tueur fatigué, ni dans celui du père découvrant ses enfants, ni dans ses amours plus sexuels que romantiques.
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critique par Aifelle




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L'enquêteur à la plage
Note :

   Le narrateur, Juanito Pérez Pérez, — mais est-ce son vrai nom?— est un redoutable tueur à gages appelé Numéro Trois dans son Entreprise et camouflé pour les siens en vendeur de papier toilette ou cadre dans un labo pharmaceutique. Cette fois-ci pas de "colis à livrer", mais une mission imprécise qui l'amène jusqu'à un village de vacances sur une plage de Murcie. Comme le disait son collègue disparu, il faut se méfier de deux choses : des coïncidences et des prostituées à petits seins.
   Si celles-ci sont absentes, en revanche il y a bien trop de coïncidences!
   
   Accompagné de ses deux enfants pour la durée de leurs vacances, Juanito est surpris de retrouver Leticia son ex-femme au regard brûlant, Gaspar l'incorruptible juge anti-mafia qui l'a remplacé auprès d'elle, Tony l'ami d'enfance. Il y a aussi Yolanda l'animatrice trop jeune, trop belle et trop empressée, un maître nageur suédois, Sofia la déplaisante compagne de Tony, et ce Numéro Treize dont la fin tragique attirera sur place le commissaire Arregui, à la fois ami et rival de Juanito. Sans compter l'écrivain Camilleri qui n'est autre que... laissons cela pour plus tard.
   
   Presque tous ces personnages sont susceptibles d'en vouloir à Juan Pérez. Arregui pour l'inculper d'un meurtre ancien. Le juge et Leticia pour éliminer le mari jaloux. Tony parce qu'il a perdu un œil par la faute de Juanito du temps où ils étaient mômes et jouaient aux pirates. Et Numéro Treize ne serait-il pas venu pour effectuer un contrat : l'éliminer sur ordre de l'Entreprise elle-même? Tandis que Yolanda doit s'absenter, et que ses propres enfants pourraient être menacés, il se passe de vraies tempêtes dans la tête de Juanito. Seul, l'écrivain Camilleri lui semble d'un certain secours.
   
   L'action, faut-il le dire, se déroule en quatre jours dans un camp nudiste, contexte qui facilite moins le port d'armes que la libido des principaux personnages. Si Carlos Salem ne lésine pas sur les scènes grivoises, il prend aussi un malin plaisir à nous balader dans les hypothèses plus tordues les unes que les autres en même temps qu'elles traversent l'esprit du narrateur. Le tout avec un humour certain : "Résumé des dernières deux heures : quatre tentatives d'analyse de la situation, cinq appels téléphoniques à l'Entreprise, six attaques de doute concernant Yolande, sept érections."
   
   Si le scénario alambiqué peut décevoir les puristes du roman noir, "Nager sans se mouiller" reste un bien beau titre en plus d'être un... roman de plage!

critique par Mapero




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