Lecture / Ecriture
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Meurtres entre sœurs de Willa Marsh

Willa Marsh
  Meurtres entre sœurs
  Meurtres au manoir
  Une famille délicieuse

Willa Marsh est le nom de plume de Marcia Willett, auteur anglaise née en 1945.

Meurtres entre sœurs - Willa Marsh

Un bébé si charmant !
Note :

   Après avoir lu "Le temps des Métamorphoses", roman traitant d'une histoire familiale lourde et de relations entre sœurs pour le moins particulières, j'ai eu envie de sortir de ma PAL un roman qui y traînait depuis plusieurs mois, "Meurtres entre sœurs" de Willa Marsh.
   
   Olivia et Emily sont devenues sœurs lors du mariage de leurs parents respectifs, tous deux veufs. Les deux petites s'accommodent rapidement de leur nouvelle vie et deviennent plus proches que ne le sont souvent les sœurs de sang. Leurs parents se plient à tous leurs caprices et il est vrai que les deux petites sont assez douées pour les négociations. Malheureusement pour elles, un heureux événement est bientôt attendu et, comme l'avait prédit leur grand-mère «maternelle», vieille ivrogne cruelle avec sa fille unique mais adorée des enfants, la naissance est vécue comme un drame. Surtout lorsqu'arrive Rosie, seule fille commune du couple, jolie poupée gazouillante qui ressemble à un petit ange et fait fondre les deux parents, d'un seul coup beaucoup moins indulgents envers les deux autres fillettes. A tel point que quelques mois plus tard, le même jour, les deux sœurs essaient de se débarrasser de l'ennuyeuse frangine, l'une lui mettant une baie empoisonnée dans la bouche (malheureusement Rosie la recrache), l'autre essayant de forcer son chat à rester sur le visage de l'enfant (mais le chat tente de s'enfuir en griffant le bébé au visage et n'y gagne qu'une euthanasie).
   
   Les filles grandissent et le clan des deux aînées existe toujours. La petite Rosie est devenue aussi habile qu'elles à manipuler ses parents et parvient toujours à semer la zizanie entre ses sœurs, en volant un objet à l'une, en disant à l'autre que la première l'a critiquée. Mais Rosie n'est pas seulement une petite peste, c'est un véritable monstre, un amas de mesquinerie, un tas de méchanceté sous un visage de blonde angélique. Ainsi, tour à tour, elle arrive à faire rompre ses deux sœurs, en passant un coup de fil anonyme à l'un des prétendants pour déverser un tissu de calomnies, et en faisant croire à sa famille que le deuxième a tenté de la violer. Les deux sœurs n'y voient que du feu et se consolent tant bien que mal, avec un ivrogne imbécile et un homme bien plus vieux. Leur vie est déjà gâchée.
   
   Des années plus tard, alors qu'elles ont la cinquantaine et sont revenues vivre avec leur mère dans la maison familiale (avec une petite tendance à lever le coude qui sent l'héritage familial), Rosie revient les tourmenter. Malgré une situation plus que confortable et deux propriétés dont une à Londres, elle est bien décidée à forcer ses deux sœurs à quitter la maison et à la faire raser pour y construire un complexe immobilier. Mais le destin s'en mêle et les retournements ne manquent pas dans cette petite comédie familiale grinçante et sordide. Seul petit bémol, l'écriture de Willa Marsh manque peut-être d'allant. Il s'agit d'une petite écriture sèche, très descriptive... peut-être un peu trop. Mais ce roman m'a suffisamment amusée pour me donner envie de lire un autre Willa Marsh : la suite au prochain épisode!
    ↓

critique par Lou




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Vieilles dames indignes
Note :

   Dans les années 50, en Angleterre, deux demi-sœurs, Olivia et Emily, mènent des vies de petites filles heureuses auprès de leurs parents qui, veufs à la sortie de la guerre, viennent de se rencontrer et de se marier Elles ont le même âge et se jalousent terriblement jusqu’à l’arrivée de Rosie, leur petite sœur, l’enfant chérie du couple, de dix ans leur cadette, qui attire et retient toute l’attention de leurs parents. Leur jalousie les poussera même à vouloir se débarrasser de ce bébé encombrant en lui glissant dans la bouche des baies empoisonnées. La petite sera sauvée à la dernière minute mais les aînées s’en ressouviendront beaucoup plus tard quand cette petite Rosie si mignonne leur aura bien pourri la vie avec ses airs de sainte nitouche qui leur a cassé en douce leurs mariages et qui veut récupérer à tout prix l’héritage à la mort des parents.
   
   C’est une histoire qui se lit vite, très vite, si vite qu’on la parcourt un peu comme un conte tout à fait dérisoire, grinçant, excessif, l’humour anglais en prime. Pas le temps de s’apitoyer sur les situations. Il s’agit presque d’un survol un peu fouillé de toute une vie, plein de vies, celles qui tournent autour de cette fratrie démoniaque sous ses aspects si gentillets.
   
   J’ai sans cesse oscillé entre la colère, l’apitoiement, l’incrédulité, la jubilation devant tant de haine, de rivalité et de vengeance car les sentiments qui dominent dans cette charmante famille, c’est la haine, celle qui suit la jalousie des charmantes sœurs: un vrai nid de vipères devenues de vieilles demoiselles anglaises qui tuent avec le sourire et la compassion des voisins, genre «Arsenic et vieilles dentelles». C'est drôle et grinçant.
    ↓

critique par Mango




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Rire grinçant
Note :

   Olivia et Amélie sont devenues sœurs à leur corps défendant, le père de l'une ayant épousé la mère de l'autre. Elles se détestent cordialement et ne sont jamais à court d'un tour pendable, pleines d'invention l'une et l'autre quand il s'agit de se nuire. Ces deux horribles pestes vont être surpassées haut la main par une troisième, en l'occurrence leur demi-sœur Rosie, huitième merveille du monde, objet d'adoration du nouveau couple.
   
   Je m'attendais à un règlement de compte sanglant se déroulant dans l'enfance, or le roman s'étale sur toute la vie d'adulte des trois poisons. Une fois le principe compris, il ne reste plus qu'à se laisser emporter par l'imagination sans bornes de Rosie pour pourrir la vie de ses grandes sœurs et réciproquement.
   
   C'est cruel, cynique, mais très réjouissant pour la lectrice qui se croit presque transportée dans "arsenic et vieilles dentelles". Rosie se mariera avec un requin de l'immobilier et engendrera une fille encore pire qu'elle, la transmission est assurée. Olivia et Amélie apparaissent comme des anges à côté de ces deux manipulatrices au cœur froid.
   
   Les coups tordus vont aller crescendo, évidemment je ne vous en dirai pas plus. J'ai trouvé que les deux aînées en mettaient un temps à comprendre la charmante nature de leur petite sœur! ... quant aux parents, ils n'y auront vu que du feu toute leur vie. Il y a une grande maison fort convoitée, un beau jardin, on sirote beaucoup et pas que du thé, c'est parfois délicieux, souvent épouvantable, et toujours drôle.
   
   Recommandation : à lire dans une chaise longue, au soleil, avec les cigales dans les oreilles, le Luberon devant soi et une petite flasque à portée de la main (celles qui l'ont lu comprendront). Toutes les horreurs passent comme du petit lait.

critique par Aifelle




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