Lecture / Ecriture
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Voyage avec un âne dans les Cévennes de Robert Louis Stevenson

Robert Louis Stevenson
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Grand voyageur, Robert Louis Stevenson est un écrivain écossais né en 1850 à Édimbourg et mort en 1894 dans les Samoa d'une crise d'apoplexie.


L'écrivain japonais Nakajima Atsushi a consacré un roman à Stevenson : "La mort de Tusitala".

Voyage avec un âne dans les Cévennes - Robert Louis Stevenson

Qui veut voyager loin ménage sa monture
Note :

   Même si je n'étais pas dans cette partie là des Cévennes, ce grand classique était tout indiqué dans les lectures à emmener. Je me promettais de le découvrir depuis bien longtemps. Voilà qui est fait.
   
   En 1878, Stevenson part pour un périple de 12 jours qui doit l'emmener du Monastier (Haute-Loire) à Saint-Jean-du-Gard à pied, autrement dit la traversée des Cévennes. Pour porter ses bagages, il choisit une ânesse, Modestine, avec qui il entretient des rapports difficiles. Il n'hésite pas à la rouer de coups, quitte à être envahi par les remords après. "le bruit des coups que je lui administrais m’écœurait".
   
   Au fil des jours, Stevenson met en pratique diverses techniques pour arranger au mieux ses bagages et faire avancer Modestine. Il préfèrera aussi rapidement dormir à la belle étoile plutôt que de s'arrêter dans des auberges plus ou moins propres et bien fréquentées.
   
   "Un creux sous le chêne me servit de lit. Avant que j'eusse donné à manger à Modestine et disposé mon sac, trois étoiles brillaient déjà avec éclat et les autres commençaient d'apparaître aux profondeurs du ciel. Je descendis emplir mon bidon à la rivière qui semblait très sombre parmi les rochers ; je dînai de bon appétit dans l'obscurité, car j'hésitais à allumer une lanterne si près d'une maison. La lune dont j'avais vu le pâle croissant tout l'après-midi, éclairait faiblement le faîte des monts, mais aucun rayon ne descendait au creux du ravin où j'étais étendu."

   
   L'intérêt de ce récit de voyage est double. C'est tout d'abord le regard d'un Ecossais sur les paysans et les mœurs de cette région sauvage et puis une plongée dans l'histoire des camisards qui a profondément marqué les esprits et dont les traces sont encore très visibles en cette fin de XIXe siècle. Stevenson avance au gré des rencontres, des discussions, des moments de solitude, tantôt exaspéré, tantôt attendri par Modestine. Il la vendra à la fin du voyage, la larme à l’œil malgré tout.
   
   Une préface de Gilles Lapouge introduit le récit et une récapitulation chronologique à la fin situe le voyage dans la biographie de Stevenson.
   "Le paysan, en général, est peu disposé à renseigner un chemineau. Un vieux diable se retira tout bonnement dans sa demeure dont il barricada la porte à mon approche et j'eus beau frapper et appeler jusqu'à l'enrouement, il fit celui qui n'entend pas. Un autre m'ayant donné une indication que par la suite je reconnus inexacte, me regarda complaisamment m'engager dans la mauvaise direction, sans esquisser un geste".

   
   Une lecture agréable et instructive.
   
   De nos jours, le "chemin Stevenson" est toujours très emprunté, et souvent avec des ânes.

critique par Aifelle




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