Lecture / Ecriture
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Amy Foster de Joseph Conrad

Joseph Conrad
  Au cœur des ténèbres
  Le nègre du “Narcisse”
  Le duel
  Typhon
  Amy Foster
  Falk
  La ligne d’ombre
  Demain
  Les idiots
  Un paria des îles
  Lord Jim
  Un sourire de la fortune
  Le Frère-de-la Côte
  Karain : Un souvenir

Joseph Conrad est le nom de plume de Teodor Józef Konrad Korzeniowski, écrivain anglais d'origine polonaise, né en Ukraine en 1857, et mort en Angleterre en 1924. Orphelin à 11 ans, Conrad s'enrôla comme mousse en 1874 et sera marin jusqu'en 1894. Il se consacra ensuite à l'écriture.

Amy Foster - Joseph Conrad

Drame de la différence culturelle
Note :

   C’est ici un drame de la différence culturelle version fin XIXème siècle. Colebrook, Angleterre. Kennedy y est médecin campagne – le genre de médecin qu’on trouvait chez Maupassant ou Flaubert – et le narrateur est invité à partager un peu du quotidien de ce médecin lors d’un retour d’une campagne maritime (on est chez Conrad quand même!). C’est ainsi qu’il se fait raconter – et qu’il nous raconte – l’histoire d’Amy Foster.
   
   « J’eus le temps de voir le visage borné de la femme – un visage coloré, non pas comme si elle s’était mise à rougir, mais comme si l’on avait frappé vigoureusement ses joues plates – et j’aperçus sa forme ramassée, ses cheveux bruns clairsemés et ternes, ramenés en un petit chignon derrière la tête. Elle avait l’air très jeune. Le souffle manifestement coupé, elle répondit d’une voix basse et timide : « il va bien, je vous remercie. »
   Nous nous remîmes au trot. « Une de vos jeunes clientes ! » lui dis-je. Le docteur, fouettant distraitement le cheval, murmura : « Son mari était un de mes clients. »
   Elle a l’air plutôt borné, fis-je nonchalamment. »

   
   Amy Foster mène une vie morne et sans horizons de fille de ferme, placée très jeune. Elle ne présente pas de dispositions ni d’ambitions particulières quand l’arrivée, un jour de naufrage sur la côte, d’un être étrange, pauvre émigrant d’Europe Centrale en route pour l’Amérique, rejeté sur le rivage après ce naufrage, lui offre l’occasion de changer de vie. Elle seule, ou quasi, en compagnie du Dr Kennedy traitera avec un minimum d’humanité l’homme qui se révélera s’appeler Yanko, et le miracle d’intégration s’accomplira avec le mariage à venir d’Amy Foster et Yanko.
   
   Au passage, ce texte de plus de cent ans sonne étonnement moderne à nos oreilles du XXIème siècle!
   
   Mais le diable n’est jamais loin, et à l’occasion de la maladie du petit d’Amy Foster et Yanko, le poison de la différence resurgira comme si la plaie n’avait pas été vidée, conduisant à une fin dramatique. Une fable ou un conte en quelque sorte pour démontrer que la lutte contre le rejet de l’autre, le rejet de la différence, est un combat de tous les instants. Plutôt pessimiste dans son essence, triste forcément, avec un côté délicieusement british que Sir Arthur Conan Doyle n’aurait pas renié…

critique par Tistou




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