Lecture / Ecriture
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Les enfants des héros de Lyonel Trouillot

Lyonel Trouillot
  Yanvalou pour Charlie
  Rue des Pas-Perdus
  Bicentenaire
  La belle amour humaine
  Les enfants des héros
  Parabole du failli

Lyonel Trouillot est un auteur haïtien né le 31 décembre 1956.

Les enfants des héros - Lyonel Trouillot

Tuer le père, etc
Note :

   Attention, ce commentaire de lecture dévoile une partie de l'histoire
   
   
   Marièla et Colin. Elle est déjà adolescente, bientôt femme, lui est encore un gamin, du genre maladif et déscolarisé faute d'argent. Ils habitent dans un taudis de Port-au-Prince. Ou plutôt ils habitaient. Mais ils en ont eu assez du père, Corazón, un alcoolique, qui fait semblant de travailler dans un garage, et qui survit par les dollars qu'envoie Man Yvonne, exilée en Floride. Ils en avaient assez de voir Joséphine, leur mère, tabassée, ne se relevant que pour prier, en attendant que Corazón ne recommence à cogner. Car c'est tout ce qu'il savait faire : cogner. Dans son idée, jadis il avait entrepris de devenir boxeur, comme Joe Louis.
   
   Marièla et Colin en avaient assez. Ou plutôt c'est Marièla qui en avait assez. Et Colin l'a suivie. Ils ont assommé Corazón alors qu'il était encore dans son coma éthylique. Ils l'ont tué alors que Joséphine était encore sous l'effet d'une dernière raclée. Et avant que le facteur n'arrive pour boire et causer avec leur père, ils sont partis à travers le dédale du bidonville, quelques gourdes en poche, et se sont retrouvés en ville. Avant d'être arrêtés, ils ont visité quelques quartiers de la capitale, comme le Bas de Peu de Chose, et croisé certaines personnes de leur connaissance, y compris sur la Place des Héros, et fait une balade sur les hauteurs, le micro-climat y est plus frais, et les touristes viennent admirer la vue.
   
   Maintenant ils sont en prison. Séparés. C'est Colin qui raconte cette histoire en pensant à ses copains. Assailli par les souvenirs, par les mensonges que racontait son père, et conscient de ce que c'était Mariéla la préférée du père. Si l'on peut appeler ça un père.
   
   Voilà un court roman d'un auteur haïtien né en 1956, qui ne charge pas son récit de couleur locale, et nous propose un texte alerte et plaisant sur un sujet grave et triste. Rapprochement possible avec ce qu'écrit son compatriote Dalembert.

critique par Mapero




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