Lecture / Ecriture
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Soleil Levant de Michael Crichton

Michael Crichton
  Prisonniers du temps
  La proie
  Soleil Levant
  Pirates

Michael Crichton est un producteur, scénariste et auteur américain, né en 1942 et décédé d'un cancer en 2008.

Soleil Levant - Michael Crichton

Los Angeles, le Japon, …
Note :

   Polar rondement mené qui nous mène dans les arcanes et les subtilités de la façon de penser japonaise. Seul problème : Michael Crichton n’est pas japonais et on en est réduit à supposer qu’il a effectué préalablement un énorme travail de documentation et d’entretiens pour qu’on puisse prendre ses assertions pour argent comptant. Car en fait, le ressort du roman est pour beaucoup dans la dichotomie de pensée et d’appréhension des choses entre les Japonais et les Occidentaux. Michael Crichton est bien conscient de cela puisqu’il précise en postface, juste avant l’abondante bibliographie :
   « Ce roman tend à remettre en question l’idée reçue selon laquelle les investissements étrangers aux Etats Unis dans le domaine de la technique de pointe sont une bonne chose, que l’on devrait donc continuer d’encourager. Je suggère que les choses ne sont pas aussi simples.
   Bien qu’il s’agisse d’une œuvre de fiction, ma vision du comportement économique japonais et de la mauvaise réponse qu’y apportent les Américains est partagée par un certain nombre d’experts dont les ouvrages figurent dans la bibliographie. »
   Nous sommes à Los Angeles. La firme Nakamoto inaugure par une gigantesque réception la nouvelle tour de son siège local. Le cadavre d’une jeune femme blonde est découvert, juste au-dessus de l’étage où se déroule la réception, et l’enquête est censée démarrer lorsque la réception bat son plein. Les Japonais mettent tout en œuvre pour retarder l’enquête ; ne pas interférer avec la réception en cours, et pour ce faire exige l’intervention de l’officier des Services Spéciaux chargés des relations avec eux. C’est là que le Lieutenant Peter Smith, débutant dans la fonction, entre en scène. Et concomitamment John Connor, ancien des Services Spéciaux et connaisseur reconnu de l’âme japonaise.
   La suite du roman sera l’enquête proprement dite menée par John Connor, le « sempaï » et Peter Smith le « kohaï », entrelardée des complications amenées par le comportement social spécifique des Japonais décrypté par John Connor, des histoires d’amours malheureuses, des affaires de call girls et de concussions à l’américaine. C’est très habilement mené, pédagogique mine de rien, et haletant jusqu’à la fin. On ressort de là plutôt inquiet de l’expansion japonaise et c’était, semble-t-il, bien l’intention de M. Crichton.
   Quant à « sempaï » et « kohaï » ? C’est John Connor qui nous l’explique (il nous explique beaucoup de choses sur le Japon et ceux qui l’habitent !) :
   « - Qu’est-ce qu’un sempaï ?
   Connor sourit.
   Nous passâmes devant les projecteurs et descendîmes la rampe menant au garage souterrain.
   - Au Japon, dit-il, un sempaï est un homme plus âgé qui guide un homme plus jeune, qu’on appelle un kohaï. La relation sempaï-kohaï est très commune. Elle existe souvent lorsqu’un homme jeune et un autre plus âgé travaillent ensemble. C’est ce qu’on pensera probablement de nous.
   - Quelque chose comme le maître et l’apprenti ?
   - Pas exactement, dit Connor. Au Japon, la nuance est différente. Il s’agirait plutôt d’une sorte de relation familiale : le sempaï est censé gâter son kohaï et tolérer de sa part toutes sortes d’excès et d’erreurs de jeunesse. (Il sourit.) Mais je suis sûr que vous ne me ferez pas de choses pareilles. »
   Très fin Michael Crichton. Réellement. Et au fait ! Merci à Olivier de me l’avoir fait découvrir !

critique par Tistou




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