Lecture / Ecriture
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Les petites voix de Francis Dannemark

Francis Dannemark
  L'homme de septembre
  La longue promenade avec un cheval mort
  Choses qu'on dit la nuit entre deux villes
  Du train où vont les choses à la fin d'un long hiver
  Les petites voix
  La véritable vie amoureuse de mes amies en ce moment précis
  Histoire d'Alice qui ne pensait jamais à rien (et de tous ses maris, plus un)
  Aux Anges

Francis Dannemark est un écrivain belge francophone né en 1955.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Les petites voix - Francis Dannemark

Le monde de l'art et celui de l'amour
Note :

    «Pour répondre à la commande d’un magazine, une femme se lance sur les pas d’un mystérieux musicien. »
   
   De Francis Dannemark, je connaissais le nom et quelques poèmes, piochés dans "Ici on parle flamand & français".
   
   J'avais envie de poursuivre la découverte de cet auteur né sur la frontière franco-belge, ce qui en fait déjà un "pays". Et comme il n'y a pas de hasard, "Les petites voix" ont sauté dans mes mains …
   
   Parce qu'elle a besoin d'argent, une traductrice accepte de rédiger un article sur un musicien : Paul Grenz. Sur lui, peu d'informations officielles, beaucoup de bruits, quelques disques qui déjà la fascinent. Le travail mercenaire va bientôt se transformer en quête quasi initiatique, et, au fil des rencontres, se constitue le portrait kaléidoscopique d'un homme entier, poète, musicien et grand amoureux des femmes. Et pas facile à vivre!
   
   Sur une trame assez classique, Francis Dannemark, avec une apparente légèreté, pleine de charme, brosse le portrait éclaté d'un artiste tourmenté et, en creux, celui de celle qui s'est lancée à sa recherche. Joli prétexte pour évoquer de manière discrètement poétique, le monde de l'art et celui de l'amour.
   
   Les formules, les citations émaillent un texte qui enchante le lecteur et l'incite à corner allègrement, pour mieux y revenir ensuite, de nombreuses pages.
   
   
    90 pages magiques.
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critique par Cathulu




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90 pages
Note :

   "Pendant un quart d'heure ou vingt minutes, nous avons fait cela, écouter. Discrètement, la musique s'est mise à remplir toute la pièce, toute la maison sûrement, j'aurais juré qu'on l'entendait dans la forêt. Dans les dernières secondes du disque, un enfant, une petite fille, chantait en sourdine quelques phrases dans une langue inconnue, il n'y avait plus qu'elle, et une contrebasse qui battait comme une veine au poignet de quelqu'un qu'on aime".
   
   Qui est Paul Grenz? A l'occasion de la sortie d'un film à succès dont il a composé la musique, un magazine culturel demande à la narratrice (jamais nommée) de faire un article sur lui. Le hic, c'est que personne ne sait ce qu'il est devenu, la rumeur publique le donne même pour mort.
   
   La jeune femme, traductrice de métier, part vaillamment à la chasse aux infos ; grâce à un ami avocat, elle rencontre un organisateur de spectacles qui s'est frotté à Paul Grenz et en garde des souvenirs... contrastés. Ce premier contact permettra qu'elle en remonte d'autres et de fil en aiguille, se dessine le portrait d'un homme marginal, bourré de talent, mais inadapté au système, ne voulant faire aucun compromis. Sa vie sentimentale remplie de femmes et d'enfants n'est pas plus stable et il peut côtoyer des sommets un jour et des abîmes le lendemain, abîmes où il se noie dans l'alcool.
   
   Le magazine culturel retire sa commande, mais voilà, notre jeune traductrice est tombée sous le charme de la musique de Paul Grenz et elle décide de continuer la quête pour son compte, trop intriguée pour s'arrêter là. Et puis elle n'est pas insensible à la séduction d'un certain notaire de campagne qui a côtoyé de près le musicien.
   
   J'ai tout aimé dans ce roman, l'atmosphère, la tendresse, les nuances, les rencontres, 90 pages où l'on se sent bercée par une petite musique ténue, où l'on aimerait bien nous aussi retrouver Paul Grenz et prendre un verre avec Xavier, le notaire.

critique par Aifelle




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