Lecture / Ecriture
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Un secret de Philippe Grimbert

Philippe Grimbert
  Un secret
  La mauvaise rencontre
  La petite robe de Paul
  Un garçon singulier

Philippe Grimbert est un écrivain et psychanalyste français né à Paris en 1948.

Un secret - Philippe Grimbert

Goncourt des Lycéens 2004
Note :

   Prix Goncourt des Lycéens 2004. P. Grimbert nous livre probablement une part de son enfance, de l'histoire de sa famille, avec le secret, lié à la guerre 40. Secret intime, secret familial, secret imaginé, … Un garçon peu sûr de lui, tétanisé par la beauté et le dynamisme de ses parents, focalise sur un frère qu’il subodore, qu’il idéalise, qui sera et fera tout ce qu’il ne se sent pas capable d’être ou de faire. Mais drame il y a eu. C’est le secret …
   
   Ecriture en retrait qui ne raconte pas une histoire, mais interroge plutôt, à la façon d'un psychanalyste, le psychanalyste qu'est P. Grimbert.
   
   Ce livre a su séduire les lycéens, c'est signe que la mémoire des folies de cette époque n'est pas encore oubliée et ne le sera peut être pas. De brefs petits chapitres de 2_3 pages, qui interviennent comme des flashes, d'une belle écriture.
   
   En 2005, «Un secret» de Philippe Grimbert a également obtenu le prix des Lectrices de Elle.
   
   Claude Miller a tiré un film de ce roman, avec, dans les rôles principaux Patrick Bruel, Cécile de France, Ludivine Sagnier, Mathieu Amalric et Julie Depardieu. Dans les salles, mi septembre 2007.
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critique par Tistou




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Lourd secret…
Note :

    (La couverture est une image du film)
   
    J’avais lu «Un secret» au moment de sa sortie, ou de son choix par les lycéens, en 2004.*
   Sa version cinématographique** m’a incitée à m’y replonger et les deux «œuvres» lues parallèlement n’ont pas modifié mon opinion.
   
   Le psychanalyste qu’est Philippe Grimbert a bien su rendre toute l’importance du non dit dans une vie d’enfant, voire dans une vie tout court…
   
   En filigrane mais d’une importance vitale, l’appartenance de la famille à une ethnie qu’une folie orchestrée avait décidé d’éliminer purement et simplement.
   Une folie qui est allée jusqu’à conduire cette famille à modifier l’orthographe de son nom, avec tout ce que cela signifie …( Grimbert pour Grinberg)
   Un « m » pour un « n », un « t » pour un « g » ; deux infimes modifications. Mais un « aime » avait recouvert « haine ;, dépossédé du « j’ai », j’obéissais désormais à l’impératif du « tais »
   
   Mon passé d’enseignante ; chargée de l’accueil de petits réfugiés fuyant eux aussi des pays où l’élimination est encore, hélas, d’actualité ; est revenu en force à la surface et j’ai ressenti toute la justesse de l’écriture pour exprimer cette angoisse vécue, mal évacuée à forces d’interdictions de dire, ou d’incapacité à raconter l’indicible !
   
   Philippe Grimbert écrit bien, tout en pudeur, avec des mots justes et forts :
   Aussi longtemps que possible, j’avais retardé le moment de savoir, je m’écorchais aux barbelés d’un enclos de silence.
   Un livre bien écrit, qui en dit long des recoins les plus sombres de l’Humain.
   
   
   * en 2004 : prix Goncourt des lycéens
    en 2005 Grand Prix littéraire des lectrices de Elle
   
   ** film de Claude Miller , avec, dans les rôles principaux Patrick Bruel, Cécile de France, Ludivine Sagnier, Mathieu Amalric et Julie Depardieu.
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critique par Jaqlin




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Sans Voix
Note :

    Difficile de parler du "Secret" de Philippe Grimbert en toute objectivité. N’ayant lu aucune critique sur ce livre avant de rencontrer au détour d’une allée l’auteur au Salon du Livre 2007, je m’attendais à un roman, sans avoir aucune idée du sujet. Un secret, justement, c’est un mot qui s’entoure de mystère. Un mot qui tait jusqu’au dernier instant le factuel, la réalité. Un mot plein d’attente et de murmures.
   
   J’ai commencé ce livre avec indifférence. Me laissant bercer par l’écriture musicale de Philippe Grimbert, je suivais passivement le déroulement de l’action, des questions me venant à l’esprit peu à peu. Il m’a fallu un certain temps avant d’être emportée par le récit, intriguée par les personnes qui en peuplaient les pages. Alors que le drame commençait à poindre le bout de son nez, je ne pouvais pourtant plus abandonner ma lecture. Puis, au détour d’une page, le choc, sans doute atténué par le fait que je m’étais attendue à cela, priant pourtant intérieurement, espérant de tout cœur m’être trompée.
   
   Car "Un Secret" n’est pas un subtil roman dont la trame serait sur fond de drame familial, l’étau se resserrant de plus en plus sur un héros valeureux ou méprisable. "Un Secret" est l’histoire de Philippe Grimbert, l’histoire d’une famille juive déchirée, mutilée par la guerre et l’Holocauste. L’histoire d’un grand frère devenu fantôme. De noms tus, de numéros enregistrés dans un registre, couchés froidement sur le papier, indiquant un lieu, une date. Une mort. Aux disparitions, déjà infiniment douloureuses, s’ajoute une tragédie, un secret douloureusement porté, ignoré de certains. Car aux atrocités commises pendant la guerre s’ajoutent des circonstances particulières, celles d’une épouse qui se sentant trompée, se livre pieds et mains liés aux autorités, condamnant son fils par la même occasion.
   
   Je ne serai pas d’une originalité flagrante en disant que j’ai été profondément touchée par ce texte de Philippe Grimbert. Son livre, qui aurait pu être un récit larmoyant, comme cela serait compréhensible, est en réalité un récit personnel écrit avec simplicité et pudeur, sans fioritures. Les noms désormais disparus d’Hannah, de Simon, de Tania et de Maxime, bafoués par l’Histoire, effacés par le temps, seront désormais à mon esprit comme à celui de bien des lecteurs, qui ne pourront oublier l’histoire de cette famille qui pourrait ressembler à la leur.
   Un très beau livre et un auteur courageux qui a su parler de ses fantômes en toute intimité. "Un Secret" mérite tout notre respect.
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critique par Lou




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Les origines
Note :

   Comment parler d’un secret sans le révéler? Voilà la tâche délicate de cette histoire. Au commencement, un enfant fils unique s’invente un frère aîné, qu’il imagine plus beau et plus athlétique que lui. Cette figure vit dans les silences de sa famille, le hante et flotte dans son esprit. Entre en scène, Louise, une amie de la famille qui va le libérer du fardeau en lui apprenant la vérité sur un passé marqué par l’horreur de la seconde guerre mondiale.
   
   Doit-on protéger un enfant des fantômes du passé, par amour, par honte, même si ceci implique de bâillonner la mémoire de l’histoire et celle de ses propres origines ? Une question centrale de ce beau témoignage intime, bouleversant malgré son style dépouillé.
   
   Avec beaucoup de finesse et de pudeur, l’auteur nous livre un morceau de son âme. Grimbert, un psychanalyste, se fait sa propre thérapie? Peut-être. Quoi qu’il en soit, le résultat est puissant et d’une qualité d’émotion comme on en rencontre rarement dans la littérature moderne.
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critique par Benjamin Aaro




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Le poids du secret
Note :

   Chose rare, j’ai vu le film éponyme adapté par Claude Miller bien avant de lire ce roman de Philippe Grimbert. C’est une démarche que je n’aime guère, car ma lecture a été parasitée par les souvenirs du film, en particulier en ce qui concerne le personnage de Tania joué par Cécile de France. Loin de moi l’idée d’émettre une critique sur le talent de cette comédienne, mais il se trouve que l’idée que je me fais de la mère du narrateur n’est pas en adéquation avec l’image qu’en a donnée le cinéaste.
   - Peu importe me direz-vous, si tu as aimé le livre quand même…
   
   Alors, franchement oui, j’ai aimé ce roman dont on se plaît à penser qu’il est autobiographique. D’abord, l’auteur nous y incite par quelques détails révélateurs. Mais je penche quand même pour une adaptation de la vérité-vraie, comme on dit encore sur les cours de récréation. Et puisqu’il s’agit de secret, il serait bien maladroit d’en révéler la teneur, bien que l’objectif d’une note de lecture est de vous donner envie d’aller y plonger votre nez.
   
   Sur le thème des souvenirs, le narrateur revient sur son enfance pour exorciser le poids de ce fameux secret qui a pesé si lourdement sur son enfance. Pendant très longtemps il s’est cru fils unique, porteur de toutes les attentes de son père… Un jour, il extirpe d’une malle au grenier un vieux chien en peluche poussiéreux qu’il baptise Sim, sans comprendre le désarroi qu’il vient de créer.
   
   Par l’intermédiaire de Louise, l’amie très proche de ses parents, le narrateur devenu adolescent découvre peu à peu l’autre face des choses… Il entre au cœur de ce terrible secret, tellement douloureux qu’il lui faudra attendre très longtemps avant d’en lever le voile…
   Grâce à ce récit pudique et généreux, c’est chose faite.
   
   Par son style direct, Philippe Grimbert nous prend par le cœur et nous convie à partager plus qu’un secret…
    ↓

critique par Gouttesdo




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Le poids des non-dits
Note :

   C'est un petit livre chargé d'émotions dans lequel Philippe Grimbert confie ses blessures enfantines.
   
   Dans une première partie du bouquin, l'auteur nous raconte sa vie tranquille dans un foyer parental harmonieux lorsqu'il était petit garçon.
   
   Malgré cette vie paisible, Philippe s'invente un frère qui aurait toutes les qualités dont lui n'a pas été doté : ce frère idéal est plus beau, plus fort, plus autoritaire... et surtout plus à l'image de ses parents.
   
   La deuxième partie est consacrée à la découverte par l'auteur de ses racines juives et d'un très lourd secret de famille ; il va enfin comprendre le besoin qu'il a eu de s'imaginer un frère, puisque celui-ci a réellement existé.
   
   Alors, dans cette deuxième partie du livre, l'auteur reconstitue l'histoire dramatique de sa famille, qui, telle qu'il nous l'avait contée au départ, semblait si sereine.
   
   Voici une histoire tragique et puissante qui nous conduit dans une partie difficile de l'Histoire, au temps de l'Holocauste, et qui nous livre l'intimité d'un homme qui a réussi à porter sur ses épaules le poids des non-dits.
   
    A découvrir absolument.
   
    On doit se dire que souvent les enfants s'inventent une famille, une autre origine, d'autres parents. Le narrateur de ce livre, lui, s'est inventé un frère qu'il évoque devant les copains de vacances, les étrangers, ceux qui ne vérifieront pas... Et puis un jour, il découvre la vérité, impressionnante, terrifiante presque. Et c'est alors toute une histoire familiale, lourde, complexe, qu'il lui incombe de reconstituer. Une histoire tragique .
   
    Psychanalyste, Philippe Grimbert est venu au roman avec "La Petite Robe de Paul". Avec ce nouveau livre, couronné en 2004 par le prix Goncourt des lycéens et en 2005 par le Grand Prix littéraire des lectrices de Elle, il démontre avec autant de rigueur que d'émotion combien les puissances du roman peuvent aller loin dans l'exploration des secrets à l'œuvre dans nos vies.

critique par Athanor




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