Lecture / Ecriture
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Mésanges de Régine Detambel

Régine Detambel
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  50 histoires fraîches
  Son corps extrême
  Noces de chêne
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Vous trouverez sur ce site une interview de cet auteur dans la rubrique "Rencontres" et des Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Mésanges - Régine Detambel

Une belle découverte !
Note :

   Il m’est bien difficile d’essayer de faire un condensé de ce récit où l’on côtoie les méandres de plusieurs personnages :
    - Florence, tout d’abord, autour de laquelle gravitent les autres personnages. Travaillant dans une maison de retraite, elle y passe l’essentiel de son temps pour fuir plus ou moins son foyer où elle ne s’y retrouve plus. Son couple est en pleine fracture, en quête d’identité.
    - une vieille dame, pensionnaire de l’établissement où exerce Florence qui, sentant une fin imminente, discourt avec des anges. En toute innocence, c’est elle qui cimente les liens qui vont unir les différents protagonistes.
    - Laurent, le fils de la vieille dame, désormais seul dans sa vie, vit alors son histoire d’amour avec les objets célestes, seuls objets du désir qu’il ait su garder. Il se réfugie dans cet univers, la tête dans les étoiles, pour fuir les réalités terrestres qui lui échappent et semblent vouloir l’isoler. En égoïste, il se complait avec le ciel, pour ne pas avoir à faire l’effort de regarder et vivre avec les autres.
   Toutefois, il se rend fréquemment à la maison de retraite pour rendre visite à sa mère, seul lien réel avec les humains.
   «Voilà ce que peuvent les fils, songe Laurent, marier leur mère à la vieillesse et tenir les cordons de la bourse de cet étrange ménage, inséparable et exigeant.»
    - Pierre, le mari de Florence, passe le plus clair de son temps sur son ordinateur se dérobant ainsi à son rôle d’époux et de père.
   «Un homme sombre, farouche, obéissant, perpétuellement replié sur ses propres misères et aveugle à tout le reste.»
   Avec son esprit pusillanime, Pierre a, depuis quelques temps déjà, de multiples tentations de sombrer dans la dépression.
   «Je souffre d’être cet homme, si mal armé pour affronter les réalités de la vie.»
    - Marine, la fille de Florence et Pierre, vit une adolescence emplie de phobies qui la mènent au bord de l’abîme. C’est la compagnie de cette vieille pensionnaire de la maison de retraite qui va lui apporter une grande part de son salut tant elles se ressemblent. Une forme de complicité avec les anges s’installe.
   «La vieillesse comme l’adolescence prend toute la place dans le corps de qui l’héberge.»
   
   Cet assemblage boiteux de personnages tourmentés, torturés par leur quête d’une inaccessible raison de vivre, va péricliter quand Florence devient la maîtresse de Laurent.
   
   J’ai d’abord été quelque peu déroutée par cette écriture que je découvre de Régine Detambel. Au début, elle m’a parue très directe, crue, violente aussi parfois. Avec des phrases sans détour, elle aborde la juste réalité du corps lorsqu’il est compagnon de la vieillesse tout comme quand il est aveuglé par les fougues du désir. Puis, la plume devient plus gracieuse, intime et surtout plus puissante. Elle pointe avec une vraie justesse, une humanité bien mesurée, les tourments de l’âme et ses conflits intérieurs.
   Quant aux dernières pages, j’ai dû les relire plusieurs fois car elles m’ont laissée dubitative craignant une interprétation peut-être trop violente de ma part. Malgré ces relectures, je ne sais toujours pas comment m’approprier la fin de ce livre.
   En tout cas, il est sûr que pour moi, cette écriture est une belle découverte, vraiment.

critique par Véro




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