Lecture / Ecriture
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Nestor Burma dans l'île de Léo Malet

Léo Malet
  Le soleil nait derrière le Louvre
  Nestor Burma dans l'île
  Journal secret

Léo Malet est un écrivain français né en 1909 à Montpellier et mort en 1996.

Nestor Burma dans l'île - Léo Malet

Léo Malet bat la semelle
Note :

   En 1970, Léo Malet est au cœur d'une période noire. Il a interrompu la série des "Nouveaux mystères de Paris", l'envie n'y est plus, le moral est en berne, lui-même l'avouera dans son autobiographie: "L'inspiration m'a fui. Entre 1967 et 1972, j'ai quand même fait l'effort d'écrire sept bouquins pour le Fleuve Noir, mais le cœur n'y était pas tout à fait. J'étais atteint d'une sorte de dépression qui m'empêchait de travailler..." (La vache enragée, Hoëbeke, 1988). Car il faut bien faire bouillir la marmite. Pour ce, l'auteur a recours à ce qu'il nomme le "ressemelage": il reprend un de ses romans, publié chez Ferenczi en 1952, "L'Île de la mort", sous le pseudonyme de Louis Refreger et le met à la mode Burma. Celui-ci prend la place du détective originel, Hector Duclapas, et le cadre est épousseté pour coller à une époque plus moderne. Pour orienter ses futurs exégètes, Léo Malet dédie le livre à Louis Refreger et le tour est joué. Ce ressemelage est bien fait, il ne se laisse pas deviner au fil d'une lecture superficielle mais on est loin de la force poétique et de la richesse littéraire qui nichaient dans les aventures parisiennes du détective. C'est un Burma sans conviction qui met ici le mystère knock-out, la gouaille du personnage et son habileté à mélanger les registres sont toujours présents mais la dépression dont se plaint son créateur semble l'avoir atteint.
   
   Extrait.
   
    "Je n'éprouvais aucune curiosité particulière pour le monument aux morts de ce bled, qui devait être ce même genre d'horreur, due au ciseau d'un sculpteur sans talent, comme on en a érigé dans toutes les communes de France depuis 1918, et qui constitue, à mon avis, une insulte aux pauvres bougres qui se sont fait trouer la paillasse, mais, finalement, je fus conduit à y jeter un coup d’œil. [...] C'était l'affreuse pièce montée attendue, en saindoux solidifié. Un coq gaulois, plus bête que nature, le surmontait, et, sur le coq, s'était perché un moineau qui, à mon approche, se débina à tire-d'aile."

critique par P.Didion




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