Lecture / Ecriture
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Traité d'athéologie : Physique de la métaphysique de Michel Onfray

Michel Onfray
  Traité d'athéologie : Physique de la métaphysique
  Contre-histoire de la philosophie
  La Pensée de midi. Archéologie d’une gauche libertaire
  Le crépuscule d'une idole
  O comme: Nietzsche
  Rendre la raison populaire
  La Puissance d’exister
  Décadence

Traité d'athéologie : Physique de la métaphysique - Michel Onfray

«A viser le Paradis, on manque la Terre»
Note :

   Pour accompagner la fiche de Kassineo sur «Le voyage de Théo», je mets cette fiche sur le «Traité d'athéologie» car il est bon, quand on considère les religions, d’évaluer en même temps leurs rôles et conséquences historiques, politiques, sociologiques et même psychologiques. C’est le but que s’est fixé ici Michel Onfray, le tout dans une optique athée qui n’est, quoi qu’on en dise pas si répandue que cela. Dans cet ouvrage, M. Onfray s’intéresse aux 3 monothéismes : les «religions du Livre» : l’islam, le judaïsme et le christianisme. Il n’a pas étendu son étude aux autres religions. Peut-être le fera-t-il un jour.
   
    La sortie de ce Traité d’athéologie a déclenché en 2005 beaucoup d’énervement et des polémiques sans fin entre tenants des différentes vérités, avec insultes publiques, dénigrement, publication d’ouvrages de réfutation etc. Bref, comme toujours, de grandes manifestations de charité, de tolérance et de douceur. Tant il est vrai que rien de ce qui touche à la religion ne peut s’énoncer dans le respect de l’autre (entendez par l’ «autre», «celui qui a un avis différent»). Or, quand vous présentez les thèses de l’athéisme, vous vous placez d’un coup face à tous et s’il est encore parfois possible de se tolérer entre croyants, il en va autrement face à l'impie. Ceci explique sans doute que ce livre ait déchaîné une telle tempête. Montrant, à l’occasion, que même en ce début de 21ème siècle, il demeure impossible de réfuter toute religion sans essuyer de sévères attaques personnelles.
   
   Quoi qu’il en soit, il n’en reste pas moins, pour ceux qui sont capables de considérer les choses avec calme (ou avec plaisir), que nous avons là un ouvrage plutôt intéressant, dans ce sens qu’il regroupe de manière à peu près exhaustive, tout ce qui peut être dit contre les religions et en faveur de l’athéisme. Sans pourtant tourner au pamphlet. Il ne s’agit pas seulement de l’exposé d’une opinion, mais tout autant de descriptions et de rappels de faits historiques indéniables. Il faut cependant également considérer que l’athéisme n’est pas un but en soi mais une simple donnée. Disons plutôt un point de départ qu’un point d’arrivée.
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critique par Sibylline




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Contre publicité des « arrière-mondes »
Note :

   
   Lire c'est découvrir la pensée d'un autre. C'est aussi mettre des mots sur des idées que l'on a vaguement eues à un moment ou un autre de sa vie. Mieux que ça, c'est laisser un autre chercher pour soi, valider pour soi des intuitions jamais vérifiées par incapacité ou par fainéantise. Trouveront leur miel dans cet écrit tous ceux qui comme moi et certainement de nombreux autres ont une méfiance vis à vis des trois religions monothéistes. En bref ceux qui ne croient pas ou en tout cas ne supportent pas les pouvoirs que s'adjugent ou se sont adjugés certains représentants de ces monothéismes. Ils auront alors de quoi développer.
   "L'athéisme n'est pas une thérapie mais une santé mentale recouvrée." P30

   
   Dans ce traité d'athéologie, il s'agit pour Onfray de nous montrer les conditions d'écriture de textes devenus sacrés, les invraisemblances historiques, les arrangements avec les textes... D'essence divine pour le croyant, on ne pourrait contester leurs puretés. Pourtant, de son style cinglant, mordant, avec parfois quelque ironie, l'auteur les charcute et nous offre à lire leurs contradictions. Les représentants religieux, de tout temps, ont prélevé de ces textes ce qui les arrangeait. La justification est alors facile et malhonnête pour tout acte même le plus barbare. On ne peut tous que constater les dégâts. Il insiste à expliquer comment ces religions par leurs principes ont préféré préparer le croyant à une hypothétique vie dans l'au-delà plutôt que de l'aider à mieux vivre ici et maintenant. J'aimerais bien lire un jour d'ailleurs un travail qui décortiquerait d'autres religions que les seules monothéistes, notamment le bouddhisme.
   
   Au delà de cette analyse fine et documentée, Onfray montre aussi que nos sociétés sont largement empreintes de judéo-christianisme. Jusqu'à la notion de laïcité à l'assise issue des religions occidentales dominantes. Il prône alors une laïcité post-chrétienne débarrassée de principes presque intégrés inconsciemment par les occidentaux par des années de domination religieuse. Il est vrai qu'au regard de l'histoire, nous ne sommes qu'au début d'une presque laïcité (et encore la vision est en France plus avancée que dans d'autres pays voisins).
   
   J'ai apprécié le ton acerbe de certains passages montrant les compromissions religieuses. Le Onfray médiatique correspond au Onfray qui écrit, il s'adresse à ses lecteurs comme à ses interlocuteurs avec l'énergie et l'assurance de quelqu'un qui a beaucoup travaillé avant de s'exprimer. Il est sans concession.
   "Tu ne tueras point... sauf de temps en temps – quand l'Eglise te le dira." P 227
   

   J'ai trouvé certains passages répétitifs et un poil trop énumératifs. L'ouvrage veut démontrer et c'est donc bien normal. Plus qu'un plaisir de lecture, c'est un plaisir offert à la rationalité de notre intelligence. Et c'est surtout un travail long consenti par Onfray qui nous permet d'argumenter, de comprendre bien plus clairement et de réfléchir pour se forger son opinion.

critique par OB1




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