Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Le chapeau de Mitterrand de Antoine Laurain

Antoine Laurain
  Fume et tue
  Carrefour des nostalgies
  Ailleurs si j'y suis
  Le chapeau de Mitterrand
  La femme au carnet rouge

Antoine Laurain est un auteur français né en 1970.

Le chapeau de Mitterrand - Antoine Laurain

Un chapeau magique
Note :

   Alors que sa femme et son fils sont partis passer quelques jours de vacances en Normandie, Daniel décide d’aller diner seul dans une brasserie pas loin de chez lui. Alors qu’il s’apprête à attaquer un plateau de fruits de mer, quelle n’est pas sa surprise de voir s’attabler à la table d’à côté trois personnes publiques et pas des moindres: François Mitterrand, le chef de l’état en exercice, accompagné de Roland Dumas et Michel Charasse. Il assiste ébahi à leur conversation et ne peut s’empêcher de subtiliser le chapeau que le président oublie sur la banquette en partant.
   
   Ce chapeau, avec à l’intérieur les initiales F.M., va changer la vie de Daniel. Lui plutôt insignifiant d’habitude, se retrouve à prendre la parole à une réunion au travail. Pour la plus grande sidération d’un de ses collègues, il se retrouve même invité au petit déjeuner chez son chef et promu dans une succursale à Rouen où il part avec sa femme et leur fils. Mais en arrivant dans la capitale normande, catastrophe, il s’aperçoit qu’il a oublié le chapeau magique dans le train… Cela ne passe pas inaperçu et c’est Fanny Marquant, qui va voyager dans le même wagon, qui s’en empare "geste anodin qui pourtant a changé le cours de ma vie" en raison de la pluie qui tombe dont elle veut se protéger. Bien lui en a pris, car elle va voir elle aussi sa vie bouleversée –elle va enfin se décider à quitter l’amant avec qui elle vivote depuis deux ans – avant qu’elle ne décide de laisser le dit chapeau sur un banc public…
   
   Voici un petit roman enchanteur, hyper bien ficelé, une sorte de fable, de conte moderne autour de ce couvre-chef qui semble magique, tant il transforme positivement la vie des personnages qui s’en emparent, en leur donnant de la force et un aplomb qu’ils n’avaient pas jusque là. A travers une galerie de personnages qui voient alors s’accomplir comme par magie ses désirs les plus fous, nous suivons la vie de ce chapeau célèbre.
   
   C’est à la fois drôle et léger, comme si d’un coup de baguette magique on pouvait enfin accomplir ses souhaits cachés. Malgré le titre, aucune connotation politique même si la politique est présente en filigrane dans ce charmant roman dans lequel on se glisse d’autant plus volontiers qu’il fait référence aux années 80: la naissance de Canal plus, les débats de Polac, Apostrophe, les morts de Balavoine, Le Luron et Coluche, les Cocogirls… Et on y parle même d’art et de Basquiat! C’est drôle, brillant, tout simplement épatant!
   ↓

critique par Éléonore W.




* * *



Je ne tire pas le mien
Note :

   1986, première cohabitation. Dans la brasserie où il dîne, pour une fois au-dessus de ses moyens, Daniel Mercier se trouve être par hasard le voisin de table de François Mitterrand. Le voilà tout chose et pénétré d’importance! Lorsque le chef de l’Etat oublie son feutre noir sur la banquette, il s’en saisit, et part avec!
   
   Sans que personne ne lui dise rien… étrange!
   
   Mieux encore, le chapeau lui porte bonheur. Il ne tarde pas à monter en grade dans la société où il travaille. Perdant son chapeau ce dernier se retrouve sur la tête d’une jeune fille (Fanny Marquant) qui elle aussi va prendre confiance en elle. Un troisième puis un quatrième quidam vont à leur tour bénéficier momentanément de la magie du chapeau…
   
   Cela se veut une fable espiègle sans doute, mais je ne vois pas très bien quelle en est la morale. Daniel Mercier est un pauvre type, naïf et idéaliste au premier degré. Les dîners mondains de droite comme de gauche agacent, et l’on ne saisit pas très bien la différence entre le bourgeois de droite et celui de gauche pour parler du quatrième qui se coiffe de ce couvre chef. Puis le style est incroyablement plat, comme si on avait marché sur le chapeau! Ça se lit (à partir du milieu on passe des pages…).

critique par Jehanne




* * *