Lecture / Ecriture
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Einstein et Sherlock Holmes de Alexis Lecaye

Alexis Lecaye
  Marx et Sherlock Holmes
  Einstein et Sherlock Holmes
  Dès 07 ans: La bergère qui mangeait ses moutons

Einstein et Sherlock Holmes - Alexis Lecaye

Meurtres thermodynamiques
Note :

   Je souffre d'une petite sherlockholmes-ite chronique que je traine depuis bien longtemps. Rien de préoccupant, pas de pulsions trop exigeantes, pas d'exclusivité handicapante, mais une petite inclination perpétuelle, prête à se réveiller à tout moment pour se fixer sur tout prétexte à sa portée. Je m'aventure dans ces confidences car je sais que nous sommes nombreux à être atteints de ce léger trouble... et Alexis Lecaye le sait certainement lui aussi. Mais ne lui lançons pas la pierre car, d'une part il n'en a pas abusé (il me semble bien qu'il n'a publié que deux sherlockholmesries) et d'autre part, il n'a pas été mauvais du tout à ce petit exercice. J'avais passé un fort bon moment quand le chemin de Sherlock avait croisé celui de Karl Marx, il en a été de même pour cette rencontre avec Albert Einstein.
   
   Retiré du monde sur la côte venteuse, aride et déserte, Holmes, notre génie ténébreux (plus ténébreux que jamais, même) a appelé auprès de lui ce cher Dr Watson qu'il continue à traiter avec la pire des désinvoltures pour leur mutuelle satisfaction. Cette fois, il ne l'a fait venir que pour lui signifier qu'il avait à abandonner toute affaire cessante ses patients, hôpital et épouse pour se rendre à Berne lui quérir davantage de renseignements sur une enquête à laquelle on lui a demandé de s'intéresser: le meurtre d'un "savant" nommé Gruz lancé dans des recherches fondamentales sur le mouvement perpétuel (eh oui). Mais ce n'est pas tout, Gruz a été retrouvé mort "dans une grande bouteille bouchée". Avouez que cela interpelle, eh bien pas Holmes qui n'est pas sûr d’être intéressé et qui préfère envoyer Watson voir de plus près si l'affaire vaut le dérangement (pour lui, parce que pour Watson, ça paraît clair).
   
    Mais vous avez deviné que finalement, il ira quand même faire connaissance du groupe de recherche "Perpetuum Mobile" auquel appartiennent la (puis les) victime(s). Et où pensez-vous que les membres actifs de ce joyeux groupuscule vont faire enregistrer leurs découvertes plus ébouriffantes les unes que les autres? Si! A l’Office des Brevets de Berne! Où travaille un jeune père de famille qui, l'esprit excité par ses discussions avec Sherlock va bientôt lui aussi émettre une hypothèse qui semble également incroyable et perturbe fort notre limier. Une histoire de relativité, mais sans rapport avec le crime, on en parlera un autre jour.
   Bref, qui immobilise définitivement les chercheurs du mouvement perpétuel? Les lois humaines sont comme celles de la thermodynamique: immuables.
   
   Tout le charme est dans le ton, l'excellente écriture, la cohérence historique, la rencontre des personnages, le trait caricatural posé (parfois fort) juste là où est le défaut, le saugrenu sous toutes les apparences revendiquées du plus respectable sérieux. Le comique n'est jamais loin, mais il ne le sait pas.
   
   Ah et oups! J'oubliais, une ou deux broutilles: le si conventionnel Watson fait une overdose accidentelle d'un produit proche du viagra et Sherlock est amoureux. Et gravement.
   C'est tout.

critique par Sibylline




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