Lecture / Ecriture
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Le soleil de Bréda - Capitaine Alatriste - 3 de Arturo Perez-Reverte

Arturo Perez-Reverte
  Le cimetière des bateaux sans nom
  Le Tableau du Maître flamand
  Club Dumas
  Le Peintre de batailles
  Le soleil de Bréda - Capitaine Alatriste - 3
  Le maître d'escrime
  Corsaires du Levant - Le capitaine Alatriste - 6
  Cadix, ou la diagonale du fou
  Le pont des assassins - capitaine Alatriste - 7
  Deux hommes de bien

Ecrivain espagnol né en 1951.
Il fut reporter de guerre pour la presse puis pour la télévision espagnole.
Il se consacre aujourd'hui exclusivement à la littérature.
Il a commencé sa carrière de romancier en 1986.
Il est membre de l'Académie royale espagnole depuis 2003.

Le soleil de Bréda - Capitaine Alatriste - 3 - Arturo Perez-Reverte

Fameuse reddition
Note :

   Troisième aventure du Capitaine Alatriste, voici "Le soleil de Bréda", du très dumasien, mais pas que, Arturo Perez-Reverte. Je découvre le capitaine, son valet Inigo Balboa et les vaillants arquebusiers espagnols en Hollande au début du XVIIème Siècle. C'est un très bon bouquin, ce qui ne me surprend pas car Perez-Reverte est un sacré raconteur. Et puis l'auteur concentre son livre sur 216 pages, ce qui est assez rare, romans de guerre, historique ou d'aventures étant souvent fort longs et riches de digressions souvent pesantes. Ainsi nous ne quitterons pas le théâtre des opérations et plus précisément le siège de Bréda en 1625. Aucune scène de retour au pays, de repos du guerrier en terre d'Espagne, de permissions de détente. On vit avec les soldats espagnols, au milieu des tranchées qui d'ailleurs annoncent d'autres tranchées moins éloignées dans le temps, quelque part en Argonne ou en Picardie, avec les mêmes poux et la même vermine.
   
    Et puis j'aime la richesse du vocabulaire, quand un bouquin m'oblige à en ouvrir un autre, le Larousse, pour apprendre le sens de fascine, biscayenne, gabion, par exemple. Ces termes sont d'art militaire, peu faciles à placer dans les salons, et pour tout dire heureusement démodés. Mais quelle saveur que cette langue! La guerre, elle, n'est pas démodée, et Arturo Perez-Reverte, en parle fort bien. Un passage m'a particulièrement touché, concernant le courage du corps à corps, quand on tue l'ennemi en sentant sa sueur et en touchant sa peau.
   "Celui qui tue de loin ne tire aucune leçon sur la vie ni sur la mort. Il ne risque rien, ne se salit pas les mains, n'entend pas la respiration de son adversaire, il ne voit pas le courage, l'épouvante ou l'indifférence dans ses yeux. Celui qui tue de loin ne met pas à l'épreuve son bras, son cœur, ni sa conscience. Il ne crée pas de fantômes qui viennent ensuite le tourmenter toutes les nuits, pour le restant de ses jours. Celui qui tue de loin est pire que les autres hommes, car il ignore la haine, la colère, la vengeance et la terrible passion de la chair et du sang en contact avec l'acier d'une lame. Mais il ignore aussi la pitié et le remords. Celui qui tue de loin ne sait pas ce qu'il perd."

   
      Inigo Balboa qui avait quinze ans sur le champ de bataille dit apercevoir, dans " La reddition de Bréda" de Diego Velasquez (Prado de Madrid de nos jours), tableau peint dix ans après le siège, le profil aquilin du Capitaine Alatriste. C'est une bien jolie idée qui fait que quand la légende est plus belle que le vrai, on imprime la légende. Et la vie sans légendes... L'épilogue du "Soleil de Breda" invite à réfléchir sur la gloire et les périls, la médiatisation par la peinture en l'occurence (mais depuis on a fait pire) des matamores plus que des fantassins.
   
   
   Série Capitaine Alatriste:
   
   * Le Capitaine Alatriste (El capitán Alatriste)
   * Les bûchers de Bocanegra (Limpieza de sangre)
   * Le Soleil de Breda (El sol de Breda)
   * L'Or du roi (El oro del rey)
   * Le Gentilhomme au pourpoint jaune (El caballero del jubón amarillo)
   * Corsaires du Levant (Corsarios de Levante)
   * Le pont des assassins

critique par Eeguab




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