Lecture / Ecriture
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Les amis du crime parfait de Andres Trapiello

Andres Trapiello
  Les amis du crime parfait

Les amis du crime parfait - Andres Trapiello

Drôle et décalé
Note :

    « Pour Paco Cortès, le crime était chose sérieuse »
   Paco Cortès, romancier de son état, vit ses romans en les écrivant. Il met souvent en scène son ex femme Dora, qu’il aime toujours et qui a refait sa vie depuis leur récente séparation.
   
   
    Son ami Modesto Ortega passe le voir tous les lundis soirs après son travail et ensuite ils se rendent dans un bar où ils se réunissent avec d’autres personnes se surnommant «Les amis du crime parfait» . Tous amateurs de romans policiers, ils profitent de ces moments pour échanger sur les grandes figures du genre, au premier rang desquels «Crime et châtiment» de Dostoïevski en essayant de définir les règles d’un crime parfait. «Règle numéro cinq: le coupable doit être démasqué par une série de déductions, non par accident, par hasard ou à la suite d’une confession volontaire, du style: «Monsieur le commissaire, c’est moi, je me constitue prisonnier».
   
   Dans chacun de ses livres, Paco ne manque jamais de glisser le portrait de l’un d’eux. Mais deux événements vont venir bouleverser les choses: le coup d’état du 23 février 1981, des gardes civils ayant fait irruption au parlement et l’assassinat du beau père de Paco. Il ne reste plus qu’à mener l’enquête sur la mort de ce personnage, détesté par beaucoup. Ajoutez à cela les rapports difficiles de Paco avec son éditeur et son envie d’arrêter d’écrire… Et bien sûr son cœur qui bat toujours pour la belle Dora…
   
   Un roman très drôle, que j’ai beaucoup aimé. J’adore cette idée de réunion de gens qui partagent la même passion pour le polar, des personnages tous atypiques dont les portraits brossés sont savoureux. Tous ont un pseudo inspiré d’un héros célèbre comme Poe ou Maigret.
   
   Même si je l’ai trouvé sur l’étagère «roman policier» de la bibliothèque, ce livre est difficile à classer et ce n’est pas vraiment un polar à proprement parler malgré l’enquête sur le meurtre (les membres du club sont tous suspectés) qui est plus l’occasion d’une mise en abyme et une pirouette de plus dans ce livre bien loin du thriller noir et qui frôle le roman historique en abordant aussi l’histoire de l’Espagne post franco. Le rythme est vif et alerte, à l’image de ce livre, drôle et décalé qui fait un pied de nez au genre policier.
   
   Prix Nadal en 2003.

critique par Éléonore W.




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