Lecture / Ecriture
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Le trône de fer : L'intégrale, tome 1 de George R. R Martin

George R. R Martin
  Riverdream
  Le trône de fer : L'intégrale, tome 1
  Le trône de fer : L'intégrale, tome 2
  Armageddon Rag
  Dès 07 ans: Dragon de glace

George Raymond Richard Martin est un écrivain américain de science-fiction et de fantasy, né en 1948 dans le New Jersey. Il est également scénariste et producteur de télévision.

Le trône de fer : L'intégrale, tome 1 - George R. R Martin

L’intégrale, sinon rien!
Note :

   Non, vous ne rêvez pas, chers happy few, j'ai enfin terminé les quatre volumes du "Trône de Fer" de G. R. R Martin, juste à temps pour enchaîner sur la lecture du tome 5 (in english). Je viens donc de passer quatre semaines (et 3786 pages) dans le Royaume des Sept-Couronnes (ben non, je n'ai rien lu d'autre ce mois-ci, my bad) et croyez-moi, j'en ai savouré chaque minute.
   
   Je pitche un peu (très peu sinon je vais spoiler, et je déteste ça comme chacun le sait): le royaume des Sept-Couronnes est sous la domination de Robert Baratheon, un roi hâbleur, buveur et coureur que l'on surnomme l'Usurpateur car il a pris la place dans le sang, une quinzaine d'années auparavant, d'Aerys le fol, un roi cruel mais légitime. Au tout début de cette saga de glace et feu, Robert fait le déplacement de Port-Réal, capitale du royaume jusqu'à Winterfell, domaine très au Nord qui appartient aux Stark, afin de demander à Ned, son vieil ami, d'être sa Main, son conseiller, son bras droit. Ned commence par refuser: ce n'est pas parce qu'il a grandement aidé Robert à prendre le trône de fer il y a quinze ans qu'il a envie de se lancer dans les compromissions de cour mais sa femme, Lady Catelin, lui démontre qu'il n'a pas le choix. Voilà donc Ned et ses deux filles, Sansa (douze ans) et Arya (dix ans) partis pour Port-Réal. Grave erreur. (De toute façon, Lady Catelin est toujours de mauvais conseil, elle m'éneeeerve.) (Oups, j'ai spoilé là je crois.)
   
   Si j'ai choisi de ne résumer que ce qui constitue le tout début du premier volume, chers happy few, c'est que Le Trône de Fer est une saga bourrée de rebondissements et de retournements de situation, qui ne laisse pas un instant de répit au lecteur. Une fois que j'ai eu compris, suite à un événement dans le tome 1 qui m'a fait hurler (ceux qui l'ont lu ou qui ont vu la série comprendront) que Martin était du genre à n'épargner ni ses personnages ni les sentiments de ses lecteurs, j'ai décidé de ne m'attacher à personne et de tenter d'anticiper les actions des uns et des autres, ce qui est difficile car Martin est le spécialiste des coups les plus tordus du monde, et il m'a fait balancer le tome 3 en grognant de rage et de frustration (George, si tu lis ces lignes, sache que je t'ai haï pendant quelques heures, you bad bad boy). La grande force de la saga de Martin réside à la fois dans le monde très complet qu'il a créé, un monde qui emprunte tous les codes de l'heroic fantasy telle que nous avons l'habitude d'en lire (enfin, certains d'entre nous) mêlé à des éléments très personnels (notamment la violence et la mise en place d'un monde coupé en deux, où les nobles passent leur temps à "jouer au jeu des Trônes" (c'est le titre original) sans se soucier un seul instant des petites gens, qui sont systématiquement victimes des guerres et de leurs longs cortèges de pillages, de meurtres, de viols, de famine et de désolation) et dans la narration, chaque chapitre se concentrant sur un personnage.
   
   La construction narrative est tellement parfaite qu'il n'y a jamais de redites (Martin est au contraire le champion de l'ellipse) et que le lecteur ne sait jamais quel personnage sera le suivant (aucun système d'alternance, ce qui est bien évidemment excellent et contribue parfois à prendre le lecteur à contre-pied). Martin excelle aussi dans la description de l'évolution psychologique des personnages, qui sont tous d'une complexité parfois surprenante (je pense notamment à Jaime qui n'est à la fin du tome 4 absolument plus le même qu'au début du tome 1).
   
    Au final, "Le Trône de Fer"* est une saga pleine de bruit et de fureur, de violence, de complots, de batailles en tous genres, en un mot, à lire absolument. Un seul regret: Martin est un écrivain lent (le tome 1 est sorti en 1996) et il a prévu sept volumes. Je crois qu'on n'est pas près de savoir comment tout ça va se terminer, happy few de mon cœur.
   
   
   * L'intégrale en quatre volumes, Ces quatre volumes contiennent les 12 volumes précédemment publiés chez J'ai lu également. On peut juste regretter que les titres de ces quatre volumes (dont le découpage reprend le découpage original) n'aient pas été traduits.
   
   
   Titre original : Game of thrones
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critique par Fashion




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Etrange uchronie
Note :

     Il y a des bouquins qui m'emmènent tellement loin que j'ai du mal à en parler, surtout quand il s'agit de "sagas" ou de "space opera" ainsi: le streaming... "Le trône de fer" qui vint à moi par l'image puis, après beaucoup d'hésitations (serais-je déçue? mon imaginaire serait-il "perverti" par le visionnage des épisodes de la série???), j'ai pris, comme s'il me brûlait les doigts, le premier tome de l'intégrale en poche. Ce fut le choc! Me voilà, happée par la narration, entre épopée et fantasy, entre romanesque fou et récits mythiques aux limites d'une étrange uchronie.
   
   L'atmosphère du roman est intense, belle, les personnages fouillés, loin d'être lisses, ils évoluent, en bien ou en mal, après les avoir détestés, on se surprend à les aimer, à compatir ou alors à les vouer aux pires châtiments possibles.
   
   Quant à ces Autres, à ces Sauvageons, à ces sacrifice humains pour apaiser les premiers, les vagues ininterrompues des seconds, fuyant justement les... Autres. Ces figures représentant la part obscure de l'être humain ainsi que ses peurs irrationnelles, ces figures avancent au rythme lancinant d'une devise, celle de la Maison des Stark, rois du Nord, "L'hiver vient".
   
   Les passions, les ambitions pour décrocher une parcelle de pouvoir, la tendreté d'un caractère laminé par le rouleau compresseur d'un autre dont l'appétit de dominer est démesuré au point d'en perdre toute limite et toute humanité. Une meute de loups géants parcourant les sept royaumes, alliés et armes vivantes, allégorie des hommes qui luttent pour une certaine idée de la société, qui ont une certaine idée du code de l'honneur.
   
   Ces personnages secondaires, illuminant ou assombrissant le récit, participent aux arabesques d'une histoire qui ne lâche son lecteur que lorsqu'il en arrive au bout.
   
   Plus de trois milles pages ont été tournées pour fermer, trois mois plus tard, le tome IV de l'intégrale sur ces mots, terribles pour un lecteur passionné, empreint de l'histoire à peine achevée, ces mots horribles pour lesquels on devrait pendre, oui je dis bien pendre, l'auteur pour jouer ainsi avec notre patience... quoique, je dis auteur alors que je devrais dire éditeur, ce rapace qui édite en broché, un à un, les derniers tomes de la saga. Trois mille pages, des heures de lecture pendant lesquelles le monde n'existe plus, s'achevant par un irritant et laconique "Pendant ce temps sur le Mur...."
   Là, je suis à deux doigts de comprendre l'apparition de l'envie de meurtre. Maintenant, "y a plus qu'à attendre" que la version intégrale en poche paraisse... dans deux ou trois ans autant dire une éternité.
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critique par Chatperlipopette




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... Et tout peut arriver
Note :

   Ce roman n‘a plus besoin de présentation. Tout le monde l’a lu, tout le monde a vu la série. Et tout le monde raconte tout, en se disant que de toute façon, ce n’est plus spoiler. Du coup, j’ai décidé de reprendre cette lecture que j’avais déjà faite à sa sortie… il y a 17 ans. Yep, ça ne me rajeunit pas. J’avais lu ça entre deux examens de fin de session à l’université. Du coup, mes souvenirs étaient plutôt vagues et entremêlés de trucs genre aphasie progressive ou paralysie progressive supranucléaire (yep… mon examen de maladies neurodégénératives). Le tout mélangé avec un nain, des épées, des têtes sur des pics, des loups géants et une nouvelle version de la méchante reine de Blanche Neige. Inutile de dire qu’avant de lire la suite, j’ai relu le premier. Parce que bon, quand même, dans "A Game of Thrones", personne ne meurt de chorée de Huntington ou encore de SLA.
   
   Il s’agit donc d’un roman fantasy. Un monde imaginaire, surtout féodal (du moins dans les 7 royaumes), dirigé par sept grandes familles dont certaines sont prêtes à tout pour avoir le pouvoir ultime. Inutile de préciser que le roman recèle son lot de trahisons, de mensonges, de guerres et petites vengeances personnelles. Dit comme ça, ça semble banal. Mais le roman est tout sauf ça. À ce point que bien qu’il fasse 800 + pages, je l’ai lu en quoi… 4 jours. En voyage. Ça dit tout.
   
   Ce qu’il y a de génial dans ce roman, c’est qu’il y a un vrai univers, ce monde a une vraie histoire qui nous est tout de suite présentée. Les éléments surnaturels sont légers dans ce premier tome mais on les sent qui rôdent, qui planent. Bon, en effet, ceci a pour effet que si on n’est pas très attentif, on peut se mélanger un peu… si peu. Mais bon, en 4 jours, ça va. On n'a pas le temps de se mélanger dans les générations passées, les vieilles histoires et les multiples personnages qui portent parfois le même nom que leurs ancêtres. C’est qu’il n’y a pas de vrai héros dans A Game of Thrones. C’est davantage l’histoire de cet univers que l’histoire d’une seule personne.
   
   Et selon moi, ce qui fait la force de tout ça, ce sont les personnages, qui sonnent vrai. Aucun n’est parfait, chacun a ses faiblesses qui sont joyeusement exploitées par les autres. Mais je ne vais pas vous parler d’eux car leur découverte est ce qui a fait pour moi le sel du roman. Et tout peut arriver. C’est génial de ne jamais trop savoir les réelles motivations, de les voir agir, de voir leurs perceptions et leurs intentions de modifier au cours de l’histoire. Et même si les chapitres nous font entrer dans la tête de plusieurs d’entre eux (Eddard, Catelyn, Jon, Sansa, Arya, Bran), ça ne veut pas dire que nous savons davantage ce qu’ils vont faire. Parce que comme beaucoup d’humains, ce qu’ils veulent faire et ce qu’ils font en réalité, c’est parfois bien différent. Et si cette construction est parfois très très frustrante, elle reste quand même géniale et nous balade un peu partout. Et impossible de ne pas nous dire que tous ces personnages que nous avons appris à aimer séparément vont devoir se battre. Et perdre. Ou gagner. Car comme dit Cercei : "When you play the game a thrones, you win, or you die".
   
   Je ne prendrai quand même la peine de parler de certaines scènes géniales comme celle entre Ned et Cercei dans le bois ou encore la scène finale, magnifique. Il y a également des scènes déchirantes (plusieurs scènes avec les Dothrakis m’ont brisé le cœur) même si comparativement à la suite, ce tome est assez soft.
   
   Une lecture captivante, un vrai monde dans lequel je retournerai avec plaisir. Bientôt. Très bientôt.

critique par Karine




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