Lecture / Ecriture
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Plan social de François Marchand

François Marchand
  Plan social
  Un week-end en famille

Plan social - François Marchand

Pour rire de tout, faut que ce soit drôle
Note :

   Présentation de l'éditeur
   
   « Emile Delcourt, patron d'une usine de fabrication d'ancres de marine située à Valenciennes, est aux abois: les affaires sont si mauvaises qu'il n'a même pas les moyens de mettre en place, à l'instar des grandes entreprises du CAC 40, un "plan social". Pourtant, il suffirait que le quart de ses salariés quitte l'entreprise pour que celle-ci survive. Comment se débarrasser du personnel superflu? Poser la question, c'est y répondre: voici Delcourt embarqué, sous l'empire d'une inspiration subite venue d'une conversation avec un voisin spécialisé dans la climatisation, dans un dégraissage d'une brutalité encore inconnue. Le patron de choc très droitier Delcourt ne pourra parvenir à ses fins qu'avec l'aide du délégué syndical CGT Burnier, communiste de choc. D'abord condamnés par les événements à s'entendre, ils finiront par nouer une forme de complicité, fruit de leur attachement à certaines valeurs en voie de disparition. Ils cherchent à retarder le plus possible la victoire de la bêtise contente d'elle-même, figurée notamment par un certain Walfard, consultant parisien imposé par les actionnaires. »

   
   
   
   Commentaire
   
   Emile Delcourt est le patron d'une usine qui fabrique des ancres de marine. La concurrence met son entreprise en difficulté, et il cherche tous les moyens possibles pour diminuer le nombre de salariés sans avoir à mettre en place un plan social. Avec l'aide du délégué syndical CGT, il monte une machination à base d'aération défaillante et de virus pour mener à bien son projet. Le patron et le syndicaliste s'unissent notamment pour affronter Walfard, un consultant venu de Paris et imposé par les actionnaires.
   
   François Marchand aborde ce sujet sur un angle totalement décalé. A partir d'une situation vraisemblable, celle d'une usine du Nord de la France devant mettre en œuvre un plan social, l'auteur utilise toutes les ficelles pour que l'humour s'impose dans son ouvrage. Le patron réalise ce projet délirant qui fera mourir les ouvriers de manière aléatoire. Mais il n'est pas le seul à faire l'objet des sarcasmes de l'auteur: le syndicaliste et le consultant sont également les cibles des piques humoristiques de l'auteur.
   
   Le roman est court, et heureusement, car le jeu de massacre devient au fil des pages quelque peu lassant. S'il est plaisant de lire un texte décalé, il me semble que François Marchand n'utilise que cette ficelle pour faire tenir son roman, ce que je trouve personnellement un peu court. Maintenant, si vous souhaitez passer un moment de détente avec un roman drôle, c'est exactement ce qu'il vous faut!
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critique par Yohan




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Bien frappé
Note :

    «"Il faut jouer le jeu." Lorsque cette phrase est prononcée, la meilleure attitude c'est de s'enfuir en courant.»
   
   Ironiquement, Swift proposait comme solution radicale pour éradiquer la famine que les pauvres mangent leurs enfants. Ici, un bon patron à l'ancienne, en vient à projeter, pour sauver son entreprise, de se débarrasser du quart de ses salariés par le biais d'un système de climatisation défectueux... Paradoxalement, le délégué syndical CGT, moyennant quelques petits arrangements idéologiques, en viendra à l'aider. Tous deux en effet se rejoignent dans leur volonté de contrer la bêtise crasse des consultants, qui à grands coups de discours creux, feignent -de manière fort onéreuse au demeurant- de gérer les crises d'un monde où le bon sens semble avoir disparu.
   
   ça dézingue à tout va, tout le monde en prend pour son grade et l'intrigue cavale à toute allure, l'auteur balançant au passage sur tous ceux qui voudraient faire de ce monde un univers aseptisé où on nous réapprendrait à respirer pour 3 000 000 euros, où prévaudrait le principe de précaution et où la seule échappatoire serait l'humour. Noir bien sûr et bien frappé.
   
   120 pages à déguster d'une traite.

critique par Cathulu




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