Lecture / Ecriture
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La Resquilleuse de Mary Wesley

Mary Wesley
  La pelouse de camomille
  Rose, Sainte-nitouche
  La Resquilleuse
  Souffler n'est pas jouer
  La mansarde de Mrs K

Mary Wesley fut une romancière anglaise à succès, née en 1912 et décédée en 2002.

La Resquilleuse - Mary Wesley

La Resquilleuse = Souffler n'est pas jouer
Note :

   "-Quelle drôle de vieille bonne femme !"
   
   Veuve depuis trois ans, Matilda, sans attaches, même animales, a décidé de mettre fin à ses jours après un dernier pique-nique épicurien. Las! Un matricide maladroit va lui mettre des bâtons dans les roues, empêchant ainsi son funeste projet.
   
   C'est à une expérience bizarre que je me suis livrée en (re) lisant ce roman de Mary Wesley. Je l'avais dévoré il y a une dizaine d'années, m'attachant surtout au côté impertinent et cocasse de cette "vieille dame" (elle a abordé les rives de la cinquantaine, arbore fièrement des cheveux blancs, dénigrant avec une belle ardeur ses fesses fripées mais s'autorisant néanmoins un bain de soleil entièrement nue sur la plage), parangon de la vieille anglaise excentrique et charmante.
   
   Me rapprochant désormais de cet âge considéré comme canonique apparemment dans les années 80 (ce roman a été paru pour la première fois en grande Bretagne en 1983), j'ai davantage été touchée par cette femme qui avoue brutalement des faits de l'ordre de l'intime et qui découvre au fil de quelques semaines que son mari n'était sans doute pas celui qu'elle croyait. S'est-elle voilé la face comme le suggère l'un des personnages? En tout cas sa franchise concernant ses relations avec ses grands enfants est décapante et en choquera plus d'un.
   
   Mary Wesley, comme à son habitude s'amuse à déstabiliser son lecteur, le faisant passer du rire à l'émotion en un clin d'œil et, bien évidemment, on en redemande!
   
   286 pages acidulées.
   
   Titre original : "Jumping the Queue" , paru chez Flammarion en 1994 sous le titre "Souffler n'est pas jouer".
    ↓

critique par Cathulu




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Malgré ou à cause...
Note :

   Présentation de l'éditeur :(en partie)
   
   "Matilda Poliport, veuve, a décidé d'en finir. Pendant qu'elle met son méticuleux plan à exécution, elle interrompt un certain Hugh Warner qui tente lui aussi de se suicider. La vie recommence alors pour la dame ainsi que pour le jeune homme qui fuit la police."

   
   
   Commentaire:

   
   Je vous avais déjà parlé d'un roman de Mary Wesley ici et j'avais adoré cette pelouse de camomille que j'ai d'ailleurs offert tout autour de moi. Je désespérais un peu de trouver ses autres romans, qui ne sont pour la plupart plus édités en VO alors quand je suis tombée sur une pile de six romans de l'auteur dans une bouquinerie, je ne me suis pas posé de questions, j'ai embarqué le tout. De toute façon, les livres épuisés, ça ne compte pas.
   
   Ce roman-ci, récemment réédité en français par les éditions Héloïse d'Ormesson sous le titre "La resquilleuse", est le premier roman "adulte" écrit par Wesley, alors qu'elle avait un tout petit 70 ans. On nous raconte donc l'histoire de Matilda, la cinquantaine, veuve depuis 3 ans. Quand le roman commence, elle part en pique-nique, avec du brie, une pêche, du vin, et des pilules. Son but: ne pas en revenir. Elle a soigneusement rangé sa maison, mis ses affaires en ordre. Pourtant, tout ne se déroule pas comme prévu. D'abord, il y a des pique-niqueurs sur SA plage, qui veulent SON rocher. Et ensuite, quand vient le temps de mettre en action le plan B, il y a un jeune homme recherché, un jeune homme qui a tué sa mère, qui semble être le premier en ligne. Parce qu'elle veut se sentir vivre, Matilda le ramène chez elle et l'installe dans la chambre d'amis. Et une étrange relation va se nouer entre cette femme qui croit que son temps est fini et ce jeune homme qui ne peut envisager un avenir. Le tout sous l’œil aimant d'un jars. Oui, vous avez bien lu.
   
   C'est un roman assez sombre que celui-là. Beaucoup de tristesse, de désillusion. Un sentiment de culpabilité oppressant qui se cache derrière les remarques anodines et l'humour un peu bravache de Matilda. Il n'y a pas de place pour le politically correct et sous son apparence de femme décalée qui se moque de tout avec un flegme tout britannique, même quand elle révèle des choses qui nous font sursauter, on ressent cette souffrance refoulée, cette remise en question constante qu'elle préfère ne pas voir. Ne pas voir non plus les fautes de ses proches. Ou les voir et s'en vouloir à elle-même, l'air de rien.
   
   Des rendez-vous manqués, des gens qui se protègent et qui ne devraient peut-être pas, d'autres qui sèment des vérités ou semi-vérités avec un sourire faux. Et une femme qui se révèle devant un inconnu, quelqu'un qui fuit la police parce que, on ne sait pas pourquoi, il a tué sa mère.
   
   Un roman qui m'a beaucoup plu malgré (ou peut-être en raison de) son côté un peu amer, désillusionné. Rien n'est tout noir ou tout blanc. Une chose est certaine, je relirai l'auteure. Son écriture, sa façon de suggérer plutôt que de tout étaler, l'atmosphère qu'elle réussit à créer, un peu lancinante, me plaisent beaucoup.

critique par Karine




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