Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Dom Casmurro et les yeux de ressac de Joaquim Maria Machado de Assis

Joaquim Maria Machado de Assis
  Dom Casmurro et les yeux de ressac
  Ce que les hommes appellent Amour
  L’aliéniste

Joaquim Maria Machado de Assis est un écrivain brésilien né en 1839 et décédé en 1908. Il créa et fut "Président Perpétuel" de l'Académie brésilienne des lettres.

Dom Casmurro et les yeux de ressac - Joaquim Maria Machado de Assis

Attention : chef d'œuvre!
Note :

   A vous, écrivains de passage, écrivains en herbe, écrivains du dimanche, écrivains apprentis, écrivains débutants, à vous qui passez par ici, furetant dans les blogs littéraires, à vous qui parfois vous noyez sous de vastes proses grandiloquentes, c'est à vous que je pense quand je poste ici ce billet.
   Peu d'entre vous sûrement ont lu Joaquim Maria Machado de Assis, écrivain brésilien, né en 1839.
   
   Obscur Machado de Assis? Non. Il est considéré comme le plus grand écrivain brésilien et un des plus grands romanciers de langue portugaise.
   Mais en France, on en parle très peu.
   
   Commençons par moi! Jamais entendu parler de ce Joaquim là avant qu’on vienne en parler sur mon blog et me conseiller sa lecture.
   
   Quel cadeau! Quelle découverte! Quelle rencontre! Quel choc!
   
   Cela faisait bien longtemps qu'un auteur ne m'avait pas séduite ainsi, par surprise, sans crier gare et contre tout attente.
   
   C'est en discutant de José Saramago et ma faiblesses pour les écrivains autodidactes, que nous en sommes venues à parler de Machado de Assis. Le rapprochement était en fait très évident pour qui connait les deux (ce qui n'était alors pas mon cas).
   
   
   Tous deux écrivant en langue portugaise, tous deux autodidactes et tous deux ayant eu un travail dans l'environnement direct de l'écriture. L'un travaillant dans des maisons d'édition, l'autre dans des imprimeries.
   
   C'est avec "Dom Casmurro", publié en1899, que Joaquim Machado de Assis m'a littéralement époustouflée. Le plus incroyable chez lui c'est justement cette date de publication! Qui peut croire qu'en 1899 un écrivain s'adressait à son lecteur comme on s'adresse à un ami, avec tendresse et facilité; qu'on découpait un livre en une multitude de chapitres, pas plus épais qu'une page; chapitres auxquels Machado de Assis donnait toujours un titre révélateur du contenu. Vous l'aurez saisi, la modernité et le sens de l'échange avec le lecteur sont tout à fait saisissants chez un auteur vieux de plus d'un siècle.
   
   Au delà de la construction, l'écriture elle-même est tout à fait splendide! Simple et riche, d'une finesse absolue, d'une beauté éblouissante tant les phrases sont quasiment parfaites. Vous pouvez les reprendre à l'endroit, à l'envers, c'est tout simplement parfait. C'est exactement ainsi que cela devait être écrit; j'ai eu beau essayer, impossible de les refaire sans les massacrer.
   
   Vous ai-je parlé de la fluidité? C'est limpide, aucune sinuosité, les phrases filent sans encombre sur un tracé linéaire. Aucun écueil. Sublime, vous dis-je.
   Et n'étant généralement pas radine sur les superlatifs, je dirais même sublimissime.
   
   Et que dire de cette histoire qui semble ne réserver que de jolis souvenirs et vient peu à peu vous griffer l'âme, vous emmener bien plus loin que ne l'annonçait le chef de gare.
   
   Prudence donc... on ne ressort pas de cette lecture comme on y est entré.
   C'est certain, cette histoire ne laissera personne indifférent et longtemps encore, elle tournera dans les têtes...
    ↓

critique par Cogito




* * *



Déclaration d’amour au lecteur
Note :

   "Dom Casmurro" est un vrai régal de lecture. Un livre qui vous fait palpiter. Un style élégant et complice. Une écriture précise. Une intrigue richement humaine. Un ton drôle et vif. Un vrai régal, je vous dis.
   
   Et pourtant c’est un livre de la fin du XIXème siècle d’un auteur brésilien méconnu par chez nous. Malgré ce, il nous transporte de sa modernité de style et de l’universel de son propos.
   
   Dom Casmurro se traduit par M. du Bourru, surnom donné au narrateur de cette histoire, qui de son âge bien avancé nous raconte pendant les deux tiers du livre sa jeunesse et dans le dernier tiers sa vie de jeune puis moins jeune marié. La complicité s’installe avec légèreté dès le début du livre.
   « Maintenant que j’ai expliqué le titre, je vais écrire le livre. » P 9
   
   De chapitres courts, voire très courts, en chapitres courts, tous titrés, on fait la connaissance de la famille du jeune Bentinho, de sa mère, son oncle… Et pour entrer dans l’histoire, on apprend que le jeune homme est destiné au séminaire.
   « Tu as sans doute compris, lecteur, que cette idée de l’Empereur à propos de la médecine ne m’avait été suggérée que par mon peu d’envie de quitter Rio de Janeiro. Les rêves éveillés sont comme les autres rêves, ils se tissent au gré de nos inclinations et de nos souvenirs. » P 73

   
   Puis vient le chapitre 13 et Capitou, jeune et jolie voisine dont notre héros tombe éperdument amoureux. Et la description de cet être aimé, et leur désir de ne point se séparer sont alors finement analysés. Analyse de sentiments et d’actes.
   « Capitou était Capitou, c'est-à-dire une créature bien particulière, plus femme que je n’étais homme. Si je ne l’ai pas encore dit, voilà qui est fait. Si je l’ai dit, je le redis. Il est des concepts qu’il faut enfoncer dans l’âme du lecteur à force de les répéter » P 77

   
    Nous suivons alors les tribulations d’un futur ex séminariste attaché à sa mère, qui avait promis que son fils serait religieux, et passionné par son amour, qui n’a rien à voir avec Dieu.
   « Oh ! comme l’espoir sème partout la gaieté ! » P 230

   
   Au dernier tiers, le livre s’arme alors d’une gravité dont il ne faut rien dire mais qui vous désarme de sa vérité.
   
   J’ai donc eu le sentiment de lire un diamant, idéalement et finement taillé. Un livre gravé en soi. Une perfection.
   
   « Ce n’est pas clair, mais tout n’est pas clair dans la vie ni dans les livres » P 188

critique par OB1




* * *