Lecture / Ecriture
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Avant d’aller dormir de S. J. Watson

S. J. Watson
  Avant d’aller dormir
  Une autre vie

Steve "S. J." Watson est un écrivain anglais né en 1971.

Avant d’aller dormir - S. J. Watson

Une amnésie inoubliable
Note :

   Christine se réveille chaque matin en ne sachant pas qui est cet homme qui dort à côté d’elle, quel est cet appartement qu’elle ne connait pas, qui est cette femme trop vieille de vingt ans qu’elle aperçoit dans le miroir.
   
   Et puis un coup de téléphone, c’est le docteur Nash, qui lui explique qu’il faut qu’elle trouve puis lise son journal intime dans lequel sont notés les informations et souvenirs glanés les jours précédents. De rendez-vous avec son docteur en souvenirs fugaces tels des orages intérieurs, Christine se redécouvre. Qui est elle? Qui est Ben son mari? Qui est cette femme dont elle se souvient? Et ce fils a-t-il existé?
   
   Elle apprend qu’elle a perdu la mémoire suite à un accident survenu 20 ans plus tôt. Que les 20 dernières années de sa vie s’effacent après chaque nuit de repos. Que tout réveil est un éternel recommencement, un jour sans fin cinématographique.
   
   Petit à petit, jour après jour, lecture de son journal après relecture, des incohérences se font jour. Cherche-t-on à la protéger d’une triste vérité à accepter perpétuellement? Veut-on lui cacher sciemment sa véritable histoire? Des questionnements à devenir folle ou totalement paranoïaque.
   
   C’est un petit régal de suspense. Le type de livre difficile à laisser de côté une fois entamé. Celui pour lequel on se dit, même si on n’a plus le temps, allez encore un petit chapitre. Pour se détendre, pour déconnecter, c’est efficace.
   
   Petit bémol, c’est parfois un peu légèrement répétitif (vous me direz, rien de moins logique). Il y a quelques longueurs dans la première moitié du livre. Mais les dernières pages sont bluffantes. Une vraie réussite. Un très bon divertissement pour qui consent à se faire manipuler.
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critique par OB1




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Quel suspens !
Note :

   Quand Christine se réveille le matin, elle est stupéfaire de trouver un mari à côté d’elle, qui lui apprend qu’ils sont mariés depuis 20 ans. Suite à un accident, elle souffre en effet d’amnésie et oublie tous les matins qui elle est vraiment.
   
   Elle est suivie par un neuropsychiatre qui l’aide à retrouver ses souvenirs, en lui conseillant d’écrire ses journées sur un cahier, afin de s’en rappeler d’un jour à l’autre.
   
   Peu à peu Christine va ainsi essayer de reconstituer son passé et tenter de comprendre ce qu’il s’est vraiment passé ce jour où elle a perdu la mémoire… Mais plus le temps passe plus le doute s’installe… Car différents éléments sont contradictoires et elle finit par ne plus savoir quel est le vrai du faux et surtout à qui elle peut faire réellement confiance.
   
   Un roman policier d’une grande force, plus on avance, plus on est comme l’héroïne: plein d’incertitudes. Jusqu’aux dernières pages, on se demande où est la vérité, qui est réellement l’entourage de Christine, est-il bienveillant ou malveillant, faut-il se méfier ou pas du médecin qui la suit, de son mari, de son amie perdue de vue. Qu’est devenu l’enfant qu’elle a eu? Que s’est-il réellement passé le soir du drame qui a fait basculer sa vie?
   
   L’auteur réussit à nous faire douter et à rendre les personnages énigmatiques jusqu’au bout, et c’est très fort. Il fait de ce roman un livre très prenant, impossible à lâcher tant le suspens est omniprésent.
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critique par Éléonore W.




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Hyper thriller
Note :

   Notre mémoire fait partie intégrante de notre personnalité : nos souvenirs nous définissent en tant qu'individu particulier. Mais Christine, elle, souffre d'un double trouble de la mémoire : à la suite d'un accident, elle est devenue amnésique, oubliant d'un seul coup plusieurs années de sa vie ; d'autre part, elle semble incapable de former de nouveaux souvenirs d'un jour sur l'autre. Si bien que, depuis vingt-cinq ans, elle se réveille chaque matin en croyant être une jeune célibataire, mais découvre avec étonnement qu'elle est mariée, depuis une éternité, avec un certain Ben, qui doit chaque jour le lui rappeler patiemment, tout en sachant que, dès qu'elle s'endormira, elle oubliera tout à nouveau. Condamnée à vivre dans le présent, Christine a néanmoins un dernier espoir : un médecin, le docteur Nash, lui a donné un journal, dans lequel elle écrit jour après jour ce qui lui arrive, et qu'elle relit chaque matin, lorsque son médecin l'appelle pour lui expliquer la situation. Mais pourquoi a-t-elle écrit, en première page de ce journal, de ne pas faire confiance à Ben, lui qui semble si dévoué à son épouse amnésique? Et pourquoi ces bribes de souvenirs, qui lui reviennent par moments, présentent-elles de curieuses incohérences avec ce que lui dit son entourage? Il semblerait bien, et Christine va l'apprendre à ses dépens, que la vérité soit parfois plus dure à supporter qu'une amnésie perpétuelle...
   
    La perte de mémoire est sans doute l'une des plus grandes frayeurs de l'être humain, et S. J. Watson l'a bien compris. A partir de cette simple idée d'une amnésique qui se met à tenir un journal dans l'espoir de recouvrer la mémoire, ou du moins d'en apprendre un peu plus sur elle-même et sur son passé, l'auteur parvient à nous embarquer dans un thriller haletant, malgré, il est vrai, quelques redondances inévitables, puisque l'héroïne doit chaque matin redécouvrir son journal et le relire pour avancer. Watson excelle notamment dans l'art de jouer avec les sentiments du lecteur, qui considère Ben, au gré des chapitres, tantôt comme un époux attentionné endurant stoïquement la maladie de sa femme ou comme un pervers choisissant de mentir à son épouse de façon parfaitement délibérée, sans parvenir à cerner tout à fait ce personnage qui reste énigmatique jusqu'au dénouement. La fin du roman, justement, construite en apothéose, parvient à mener le suspense à son apogée, en enchaînant révélations bouleversantes et scènes d'action palpitantes. Même le style est bien travaillé, heurté dans les moments intenses, plus fluide lorsque la tension décroît, et Watson parvient à se garder de l'écueil de la monotonie, malgré la focalisation adoptée, qui se concentre exclusivement sur l'héroïne.
   
   En définitive, un excellent thriller, parfaitement maîtrisé du début à la fin, et qui a même impressionné Dennis Lehane en personne, pourtant reconnu comme le maître du "page-turner".
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critique par Elizabeth Bennet




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Désolée, mais c'est répétitif
Note :

   Une femme se réveille un matin amnésique. Elle ne reconnaît pas le lit, ni la chambre dans laquelle elle a dormi. Ni l’homme qui dort à ses côtés. Il est bien trop âgé pour elle! A-t-elle bu la veille? Dans le miroir de la salle de bain, elle se reconnaît, mais avec au moins vingt ans de plus!
   
   Elle apprend de l’homme à ses côtés, qu’elle s’appelle Christine Lucas, et a perdu la mémoire longtemps auparavant, lors d’un accident suivi d’une commotion cérébrale. Elle se souvient de ce qui lui arrive pendant le jour, mais a tout oublié le matin suivant.
   Lui, est son mari : Ben. Il lui montre des photos d’eux plus jeunes.
   
   Dans la matinée, Christine effrayée de sa situation, a jugé plus prudent de rester à la maison, pendant que Ben est parti travailler. Elle tente d’avoir des souvenirs personnels mais rien ne vient.
   
   Tout à coup, son portable sonne. Le correspondant dit s’appeler le docteur Nash. Il est spécialiste des troubles de la mémoire, et aide Christine à s’y retrouver.
    « Nous nous voyons plusieurs fois par semaine, apprend-il à l’infortunée héroïne, et vous tenez un journal des événements de chaque jour et des souvenirs qui vous viennent, que vous cachez dans votre armoire. » Christine est bien aise de trouver le journal. Cela va lui donner une identité et des informations sur elle, ces derniers jours. Ainsi qu’au lecteur…
   
   Tout cela se répète quotidiennement. Et il ne faut pas montrer le journal à Ben. En effet, elle ne tarde pas à y lire, que les souvenirs qui lui reviennent et qu’elle y consigne, contredisent plus ou moins ce que Ben lui apprend. Il ne voulait pas qu’elle consulte le Dr Nash, ce qu’elle fait en cachette.
   
   Un thriller plutôt qu’un policier. On ne tarde pas à comprendre la vérité, mais on est avide de savoir les détails, et comment la situation va évoluer. Ce n’est pas un mauvais livre, mais, dans le but de faire mijoter le lecteur dans un maximum de suspense, l’auteur commet beaucoup de répétitions pénibles. Bien sûr le fait de répéter la même chose tous les jours avec des variantes fait partie de cette intrigue spéciale où l’héroïne oublie tout du jour au lendemain. Mais l’auteur en abuse parfois.
   
   Le mot "désolé(é)" apparaît bien trop souvent. L’une des protagonistes de l’histoire commence toutes ses phrases par "Putain!" ce qui m’énerve considérablement. On peut aussi voir dans cette histoire une leçon de morale…
   
   «Before I Go to Sleep» est le premier roman de Stevens J Watson, L’histoire se déroule en Angleterre, aux alentours de Londres, à Londres et à Brighton. Mais ne vous attendez pas à des descriptions de ville et de paysages ni à une ambiance british…
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critique par Jehanne




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Je suis désolé que vous soyez désolée...
Note :

   Oui, moi aussi je suis désolé mais je ne vais accorder qu’une étoile et demi à ce polar bavard et où à toutes les pages un quidam ou plus couramment l’héroïne nous sert, à la mode anglo-saxonne : "Je suis désolée...". Je ne sais pas quel effet ça fait à la lecture, puisque moi je l’ai écouté depuis la version mp3... mais c’est insupportable d’avoir ça en permanence dans les oreilles!
   
   Et pourtant l’idée de base est intéressante et aurait certainement pu donner lieu à un polar prenant et plaisant, mais... des tics d’écriture, de belles longueurs que S.J. Watson n’a pas su contrôler, ont plutôt terni le résultat final. J’ai dû m’accrocher au volant (j’écoute les mp3 en conduisant sur de longues distances) pour ne pas stopper en cours, et je ne serais pas forcément resté sur ma faim puisqu’outre les insupportables "je suis désolée", l’intrigue est tissée de câbles aptes à retenir un paquebot au quai et on voit venir le dénouement gros comme... un paquebot, justement!
   
   L’héroïne, Christine, a un énorme souci. Elle n’a plus de mémoire efficace. Elle se souvient de tout ce qui s’est passé durant une journée mais sitôt une nuit de sommeil passée, tout est remis à zéro et elle ne sait plus qui elle est, où elle est, qui est l’homme couché dans son lit... Assez terrible comme situation et ça aurait effectivement pu donner quelque chose d’intéressant. Pas là. Trop long, trop redondant, trop bavard. Peut-être même trop superficiel et surtout, avec des invraisemblances gros calibre. Invraisemblances ou facilités rédactionnelles.
   
   Mais Christine, invraisemblances parmi d’autres, livrée à elle-même dans la journée pendant que son mari est parti travailler reçoit l’appel d’un psychiatre qui lui propose de la soigner et qui la convainc – à l’insu de son mari? – de faire en sorte d’écrire au jour le jour les révélations qui lui sont faites, les découvertes qu’elle fait, afin de se constituer une mémoire, écrite.
   
   Et ceci va révéler des failles "spatio-temporelles", des ruptures de cohérence dans les discours qui sont tenus par les uns, les autres, et notamment son mari. Mais on a déjà compris avant la fin du premier quart du roman! Remboursez, remboursez...!!!
   
   Et, définitivement, une gentille qui répète à longueur de pages, pour tout et n’importe quoi "je suis désolée"... eh bien, c’est tout simplement insupportable!

critique par Tistou




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