Lecture / Ecriture
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L’automne des chimères de Yasmina Khadra

Yasmina Khadra
  Morituri
  Les agneaux du seigneur
  Cousine K
  Les hirondelles de Kaboul
  Double blanc
  L'imposture des mots
  L'attentat
  L'écrivain
  Les sirènes de Bagdad
  A quoi rêvent les loups
  Ce que le jour doit à la nuit
  La part du mort
  L’automne des chimères
  L'équation africaine
  Les anges meurent de nos blessures
  La dernière nuit du Raïs
  Dieu n'habite pas la Havane
  L'outrage fait à Sarah Ikker

Yasmina Khadra est le nom de plume (formé des deux prénoms de son épouse) de l'écrivain algérien Mohammed Moulessehoul. Il est né en 1955 dans le Sahara algérien. Militaire jusqu'en 2000, ce n'est qu'en 2001, après sa démission de l'armée et à la sortie de son 14ème roman, qu'il se démasque comme étant un homme. C'est que ce 14ème roman, "L'écrivain", était d'inspiration autobiographique.

L’automne des chimères - Yasmina Khadra

Déréliction de l’Algérie années 90
Note :

   Cet "automne des chimères" clôt une série où apparait le commissaire Llob, commissaire à Alger, dans les années 90, quand l’Algérie se débat dans une situation cauchemardesque entre mafia d’état et intégristes (à moins que ce soit l’inverse!). Cet épisode est particulièrement noir, dans la mesure où le danger vient de partout, sans forcément de logique, et où les hommes tombent, les uns derrière les autres.
   
   C’est un homme du sérail qui nous fait toucher du doigt cette réalité puisque Yasmina Khadra n’était autre, dans une "vie antérieure", que commandant dans la police algérienne! Ses avis sont souvent pertinents, pour l’Algérie particulièrement, mais aussi pour tout ce qui touche au monde arabo-musulman; du Liban au Pakistan en passant par la Palestine et l’Afghanistan. Un monde pour lequel, nous occidentaux, sommes particulièrement mal informés, ne prenant pas en compte la complexité de ces situations et raisonnant toujours sur un mode dichotomique.
   
   Ça ne va pas fort pour Llob dans cet "automne des chimères" puisqu’il est convoqué par ses supérieurs pour avoir écrit un roman, considéré comme subversif car décrivant la réalité algérienne (et là Yasmina Khadra se met carrément en scène!). On le raye des cadres pour une mise en retraite anticipée. Ça ne va pas fort non plus puisqu’il vient d’enterrer un ami d’enfance retrouvé égorgé dans son jardin – un coup aveugle des islamistes (?) – mais ça, à l’époque c’est tristement banal…
   
   Évidemment il ne va pas céder sur son intégrité pour autant. On va assister à diverses tentatives de ses amis ou de ceux qui se revendiquent comme tels pour le sauver – récupérer - … (au choix). Il y aura encore des morts. On voudra le réintégrer, …
   
   Ça ressemble à la vie, quand elle se met à hoqueter et à partir un peu dans toutes les directions. Et puis c’est violent parce que l’Algérie c’était (c’est?) ça … Et c’est clair, ça ne fait pas envie!
   
   "A Alger, dès que vous quittez votre bureau ou votre gourbi, déjà vous êtes en terre hostile. N’essayez pas de sensibiliser le chauffeur de taxi, n’espérez pas attendrir le guichetier, n’insistez pas auprès du portier – c’est un miracle qu’il vous ait entrevu. Partout où vous trimballez votre déprime, vous avez le sentiment d’être un pestiféré. Aucune prévenance ne vous accueillera. Nulle part sourire vous réhabilitera. Par contre, vous avez droit au même mot péremptoire, expéditif – Ouais! – au même froncement de sourcils qui vous déculotte d’emblée si bien qu’à l’usure, avant de hasarder dans un établissement, vous êtes amené à accrocher votre dignité aux vestiaires et à dérouler votre fierté à hauteur des paillassons puisque, là où vous échouez, il vous est recommandé de vous écraser."

critique par Tistou




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