Lecture / Ecriture
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So long, Luise de Céline Minard

Céline Minard
  Le dernier monde
  Olimpia
  So long, Luise
  Bastard Battle
  Faillir être flingué
  Le grand jeu

Céline Minard est un écrivain français née à Rouen en 1969.

So long, Luise - Céline Minard

Virtuosité
Note :

   Rentrée littéraire 2011
   
   
   "Un jour, je ferai cesser ce gourgandinage."
   
   Qui dit testament dit en général roman bien huilé, secrets de famille, amour, haine, règlements de comptes grinçant à tous les étages.
   
   Rien de tel chez Céline Minard. Si la narratrice- dont nous ne connaîtrons jamais la véritable identité- romancière de son état, revient bien sur son passé, éclairant pour sa compagne, Luise, des événements dont cette dernière n'avait pas perçu toutes les facettes, c'est pour mieux pulvériser tous les clichés du genre et montrer la toute puissance des mots.
   En effet, par ce qu'elle appelle jactance, la narratrice arrive à produire les effets les plus divers chez ses auditeurs médusés. Effet hypnotisant du langage parfaitement manié.
   De la même façon, mêlant anglais et ancien français par petites touches, convoquant gnomes, pixies et brownies dans une sorte de flot tour à tour furieux et serein, au gré des humeurs de sa narratrice, Céline Minard entraîne son lecteur dans un texte surprenant à plus d'un égard, poétique, ludique et parfois érotique, qui le laisse parfois désorienté mais épaté par tant de virtuosité (mais comment fait-elle? !!) et d'amour du langage.
   
   Mensonges, (re)création voire récréation, car l'humour est souvent présent, sont au cœur de ce roman jubilatoire qui est aussi un acte d'amour... On glisse d'un univers à un autre de manière imperceptible, tout ne sera pas éclairci, mais peu importe car il faut se laisser charmer - au sens fort du terme- par cette narratrice qui fait les quatre cents coups et ne s'en laisse compter par personne, colonie de nains bûcherons ou auto-stoppeur!
   
   Céline Minard use du langage comme une magicienne, montrant dans ce vrai-faux testament que "nous ne possédons rien, si ce n'est la puissance et, peut être le talent de recréer, allongé sous un saule dans un fauteuil articulé, ce que nous avons soit-disant déjà vécu."
   
    215 pages frappées, à déguster cul-sec!
   
   Et zou sur l'étagère des indispensables!

critique par Cathulu




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