Lecture / Ecriture
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Senhor Ventura de Miguel Torga

Miguel Torga
  Contes et nouveaux contes de la Montagne
  Vendange
  Senhor Ventura

Senhor Ventura - Miguel Torga

Retour sans Tatiana
Note :

   Un pauvre paysan d'Alentejo quitte sa famille pour l'armée, puis le Portugal pour la Chine. Ventura échappe de justesse à diverses accusations de meurtre et les circonstances font qu'il se rapproche d'un compatriote du Minho, Pereira. Tandis que l'Alentejano trime dans un garage, Pereira fait la cuisine pour leur boui-boui qu'une bagarre avec les marins américains saccage entièrement. Les deux hommes changent d'activité et livrent des camions Ford en Mongolie puis aux troupes des seigneurs de la guerre. Le Minhoto meurt dans un conflit. L'Alentejano en réchappe. C'est alors que Senhor Ventura rencontre Tatiana — pour son bonheur comme pour son malheur. Taxis et machines à sous l'enrichissent et gâtent Tatiana. Mais celle-ci se détache de lui malgré la naissance de leur fils Sérgio. Expulsé de Chine pour ne pas y être condamné comme trafiquant de drogue, Ventura rejoint le Portugal, et y mène une vie immobile de paysan pauvre que rien ne vient modifier. Tandis que Tatiana dilapide le reste de sa fortune et change d'amants comme de robe, il revient mourir à Tchong-King sous les yeux de la poupée russe.
   
   Au contraire de la Chine des villes et de la révolution, le Portugal, roc chrétien sur l'Atlantique, est indirectement présenté par Miguel Torga comme le pays de la permanence, où rien ne peut ni ne doit changer. Où rien n'a vraiment changé. Revenu de Chine avec encore quelque argent, Ventura a été incapable d'imaginer un autre destin que de reprendre la routine de sa vie de paysan dont l'armée l'avait temporairement éloigné. L'infertilité des terres mal cultivées et les structures agraires encore féodales bloquent tout changement. En attendant d'hypothétiques réponses de Chine, Ventura retour d'exil va vers un échec assuré. À son tour donc, Sérgio deviendra berger sur le domaine du vieux Gaudêncio, comme pour bien montrer que c'est illusion de croire au changement. Un livre que l'on vient d'élaguer, comme pour en faire un roman graphique ou un conte. Péché de jeunesse en 1936, Torga l'a repris en 1985 quand le Portugal se remettait en mouvement.

critique par Mapero




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