Lecture / Ecriture
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Fifty-fifty de Allan Guthrie

Allan Guthrie
  Fifty-fifty

Fifty-fifty - Allan Guthrie

Polar schizophrène
Note :

   Les auteurs de polars semblent former une communauté un peu plus soudée que celle de leurs confrères en littérature blanche. C'est peut-être à cause des salons et festivals spécialisés qu'ils fréquentent, peut-être à cause d'un complexe d'infériorité, toujours est-il qu'ils n'hésitent pas à parler de façon louangeuse les uns des autres et à se renvoyer l'ascenseur à qui mieux mieux. On ne dira pas que les auteurs de littérature non spécialisée ne montrent pas de temps à autre un brin d'estime pour le travail de leurs collègues - on mettra de côté ici les lassants flagorneurs du Figaro littéraire et, à l'opposé, le cas de François Bon et de quelques-uns de son acabit qui passent leur temps à mouiller le maillot pour défendre les autres - mais la chaleur de l'hommage est en général proportionnelle à la couche d'humus qui recouvre le cercueil des encensés. En attendant, il n'y a, à ma connaissance, que dans la littérature policière que l'on peut lire des compliments confraternels en quatrième de couverture. Si je prends ce qui traîne aujourd'hui autour du bureau, je vois que Stephen King vante Gillian Flynn, que Michael Connelly porte aux nues Deon Meyer, Don Winslow et James Thompson, et je n'ai pas le temps de fouiller ailleurs pour trouver d'autres exemples qui, j'en suis sûr, abondent. Allan Guthrie étant écossais, on s'est naturellement tourné vers le cador du polar écossais pour pousser le petit nouveau. "Il faut absolument lire ce livre", voilà, ça ne mange pas de pain et c'est signé Ian Rankin, le créateur de l'inspecteur Rebus, le plus célèbre flic d'Edimbourg. Edimbourg que l'on retrouve ici comme cadre d'une aventure qui met en scène quelques dingues pas du tout doux dont l'un veut la peau de l'autre qui a tué sa maman au cours d'un braquage raté. C'est assez enlevé et intéressant pendant la première moitié du roman et puis ça se délite complètement au moment où l'auteur, pour illustrer la schizophrénie d'un des personnages, se met à lui faire tenir des monologues à deux voix dans lesquels on se perd totalement. "Il faut absolument lire ce livre", disait donc Ian Rankin. On se demande s'il l'a lui-même lu en entier. Qu'importe, Allan Guthrie doit être un bon copain, il méritait bien ce petit coup de pouce du maître.
   
   
   Titre original : Two-Way Split

critique par P.Didion




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