Lecture / Ecriture
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Arc de Triomphe de Erich Maria Remarque

Erich Maria Remarque
  A l'ouest rien de nouveau
  Arc de Triomphe

Erich Maria Remarque est le nom de plume de Erich Paul Remark, écrivain allemand, naturalisé américain en 1947 après avoir été déchu de sa nationalité allemande en juillet 1938. Il est né en 1898 et décédé en Suisse en 1970.

Arc de Triomphe - Erich Maria Remarque

Beaux quartiers, sale temps
Note :

    J'ai eu l'idée de m'intéresser à un auteur qui fut célèbre, essentiellement par le cinéma. J'aime bien les films "A l'Ouest rien de nouveau" et "Trois camarades", mais plus encore le somptueux film de Douglas Sirk, "Le temps d'aimer et le temps de mourir". Je n'ai par contre jamais vu le film homonyme tiré d' "Arc de Triomphe", publié en 1945. Omnibus a sorti une compil' avec les deux derniers titres plus "Les exilés" et "L'étincelle de vie". Le roman "Arc de Triomphe" met en scène à Paris, 1938, Ravic, chirurgien allemand, torturé par la Gestapo qui s’est réfugié à Paris à l’Hôtel International (à l’ombre de l’Arc de Triomphe). Désabusé et ne trouvant le repos que dans l’alcool avec son ami Morosow, il parvient à exercer en clandestin. Grâce à son cynisme il parvient à supporter la vie mais la cicatrice est encore bien vivante...
   
    Sa rencontre avec Jeanne, chanteuse de beuglant, pourrait être inspirée des relations de Remarque lui-même avec Marlene Dietrich, qui se déroulèrent surtout en France. L'auteur qui quitta l'Allemagne pour la Suisse puis les Etas-Unis peint dans "Arc de Triomphe" la communauté étrangère souvent juive mais pas toujours, exilée dans ce havre que fut Paris pour un moment. Paris, les Champs-Elysées, où la recherche des frénésies et du plaisir se poursuit dans un baroud d'honneur(?) avant les années de honte. Ravic y aime cette femme, y côtoie putes au grand cœur, exilés joueurs d'échecs, médecins incapables mais officiels, eux. Il y retrouve aussi son tortionnaire berlinois. Alors, se venger?
   
    A la fin d' "Arc de Triomphe" l'obscurité envahit la ville-lumière. "Le camion remonta l'avenue de Wagram, et tourna à l'Etoile. Il n'y avait aucune lumière. L'obscurité noyait la place. La nuit était si profonde qu'on ne voyait même pas l'Arc de Triomphe". Le refuge français dont avaient rêvé de grands Allemands comme Klaus Mann ou Lion Feuchtwanger bascule à son tour dans l'horreur. Le déracinement est un thème classique que Remarque a traité ici de facture tout aussi classique, très cinéma aussi, avec une géographie très pertinente de ces beaux quartiers qu'a connus l'auteur qui devait devenir riche, célèbre, quasi apatride, membre de ce que l'on n'appelait pas encore la jet-set. Et qui ne devait jamais revoir l'Allemagne. Valeur sûre de Hollywood, amateur d'impressionnisme et de bolides, Remarque a-t-il jamais vraiment trouvé la paix ailleurs que dans les alcools forts? Alcools qui coulent aussi, et beaucoup, tout au long d'"Arc de Triomphe".

critique par Eeguab




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