Lecture / Ecriture
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Iles perdues de Paolo Barbaro

Paolo Barbaro
  Iles perdues

Iles perdues - Paolo Barbaro

Ultime isole
Note :

     On a certes beaucoup écrit à et sur Venise. Personne ne l'a fait comme Paolo Barbaro. Cet homme était ingénieur hydraulique, vénitien de toujours, auteur d'essais sur la construction des barrages. Plus de chroniques, récits, réflexions que de romans dans son œuvre. J’avais lu il y a 10 ans "Lunaisons vénitiennes" dans la jolie collection Odyssées de 10/18.C'était une invitation à vivre douze mois dans une Venise insoupçonnée, proche du requiem mais aussi chatoyante des mille miroirs de cette anti-cité, pierres lumineuses et sensations méphitiques tout à la fois. Un chapitre en septembre s'appelait déjà "Iles perdues". Barbaro ne nous emmène pas à la Douane de Mer ou à San Marco. Pas de soupirs des condamnés au Rialto et guère plus de gondoliers. La formation scientifique de Paolo Barbaro le conduit plus sur des sentes géographiques, géologiques, voire ichtyologiques. On peut être désarçonné par la prose de cet auteur original qui n'oublie pas cependant de parler des hommes et des femmes de ces lagunes, îlots, péninsules, le tout mouvant au possible.
   
      Le narrateur, et ce n'est nul autre que Paolo Barbaro en personne, ou tout comme, a pour tache dans les environs de Venise, années cinquante, et en tant que technicien, de remonter le niveau de certains îlots, de restaurer un phare, d'évaluer la pollution, et autres travaux. Ce qui est extraordinaire c'est l'osmose entre l'homme et le terrain si particulier de Venise. On ne sait plus où finit le solide et où commence le liquide. Barbaro connaît ça comme sa poche et nous y invite volontiers. C’est certes un peu surprenant et constellé de vocables vénitiens. Mais on se laisse facilement embarquer et séduire par ces herbes folles et ces créatures mi-sirènes mi-femmes, on se laisse ensabler par ce récit qui frôle parfois des lisières fantastiques. Ce bel ouvrage mérite d'intégrer le rayon "insulaire" de toute bonne bibliothèque. Mais attention on s'y enfonce, s'y envase, s'y enterre si l'on n'y prend pas garde. Sortilèges de la sérénissime, eaux douces, salées, saumâtres. Qu'il est beau ce titre original, "Ultime isole"...
   
   
   PS : Epuisé, mais trouvable. A rechercher chez vos soldeurs habituels.

critique par Eeguab




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