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Hiver de Mons Kallentoft

Mons Kallentoft
  Hiver

Hiver - Mons Kallentoft

Polar en moufles
Note :

   Après la vague des grosses pointures, Mankell, Indridason, Larsson et consorts, on voit surgir désormais, chez tous les éditeurs, le peloton des suiveurs dans la catégorie polar en moufles. Mons Kallentoft n'apparaît pas comme le plus mauvais du lot avec ce premier roman traduit qui met en scène Malin Fors et ses collègues de la brigade criminelle d'Ostergötland.
   
    La découverte d'un cadavre nu pendu à une branche d'arbre les amène à fouiller le passé d'une famille de marginaux qui abrite peut-être le meurtrier. C'est la peinture de ce milieu qui constitue le meilleur du livre dans la mesure où l'on assiste aux agissements de déclassés dont la Suède semblait a priori dépourvue. Le clan en question fait plutôt penser à un ramassis de hillbilles du Tennessee échappés d'un roman de Jim Thompson. Les autres aspects de l'histoire, une échappée du côté du culte des Ases pour faire couleur locale entre autres, et les démêlés de l'héroïne avec la fille qu'elle élève seule, comme toute bonne enquêtrice de polar, sont beaucoup plus convenus.
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critique par P.Didion




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Long développement d'une intrigue sommaire
Note :

   Fin janvier, dans une petite ville de province. L'hiver qui fait rage dehors est un des plus rudes jamais vus en Suède. Ce matin, on a retrouvé le corps nu d'un homme obèse. Pendu à un arbre, gelé, mais pas assez pour masquer les effrayantes plaies qui le recouvrent. Un cadavre entièrement lacéré, présentant des traces de brûlure et des engelures. Au pied de l'arbre, la neige a recouvert les moindres traces exploitables. Aucun témoin. Comment diable ce cadavre a-t-il pu se retrouver dans un tel état, pendu à une branche d'arbre, sans que personne ne remarque rien? S'agit-il d'un suicide? D'un meurtre? Le commissaire Malin Fors est chargé de l'enquête. Avec ses collèges Zeke, Karim, Johan, elle remonte peu à peu la piste du meurtrier, car il apparaît de plus en plus évident qu'elle a ici affaire à un meurtre, et pas n'importe quel meurtre. Le défunt, Bengt Anderson, dit Bengt le Ballon, était un marginal dont les enfants se moquaient, un pauvre type perdu, dépassé par la vie, marqué par une enfance difficile. Qui aurait bien pu vouloir la mort de cet homme parfaitement inoffensif, dont le seul plaisir était de ramasser les balles passées au-dessus du grillage du stade municipal, lors des matchs de football?
   
   Très vite, quelques suspects apparaissent: une famille de marginaux, avec la mère, Rakel, les trois frères, des brutes épaisses, et leur sœur, Maria, ayant sombré dans le mutisme et la folie depuis qu'elle a été sauvagement violée, alors même qu'elle s'occupait, en tant qu'assistante sociale, du dossier de Bengt Anderson; Joakim et Johnny, deux adolescents un peu bêtes et pas très nets, qui prenaient un malin plaisir à martyriser le pauvre homme; deux adeptes des cultes nordiques, Valkyria et Richard Skoglöf, qui pourraient très bien avoir choisi d'exécuter un sacrifice rituel avec la mise à mort de Bengt... Les policiers sont perplexes devant tant de suspects, d'alibis, de mobiles potentiels, et Malin Fors va devoir faire montre de toute sa sagacité pour résoudre cette enquête sordide et complexe...
    
   Disons-le franchement: depuis le succès de la saga Millénium, tous les éditeurs se livrent une course effrénée pour avoir leur auteur de polar suédois, souvent au détriment de la qualité. Celui-ci ne déroge pas à la règle. Servi par une traduction épouvantable, comme écrite dans le métro entre Gare de Lyon et Bastille, il reste aussi froid et insipide que la saison qui lui donne son titre. Certes, le personnage de Malin Fors, bourreau de travail et mère célibataire d'une ado qu'elle a parfois bien du mal à comprendre, est plutôt attachant. Mais le parti pris de l'auteur de multiplier les points de vue narratifs, y compris celui du cadavre qui a pour une fois voix au chapitre, est proprement insupportable. Chacun y va de sa petite introspection, d'une page à l'autre, sans qu'on sache bien qui parle et pourquoi. Parfois, l'auteur pousse même le vice jusqu'à entremêler les pensées de Malin Fors et celles du défunt qui la regarde d'en haut, et commente ses moindres faits et gestes sur un ton paternaliste exaspérant.
   
   L'intrigue reste assez sommaire, étant donné que, pour une fois, nous n'avons pas affaire à un tueur en série, avec ce que cela comporte de suspense et de rebondissements, mais à un meurtre unique dont la résolution va prendre près de 500 pages. On comprend que l'intérêt du lecteur faiblisse! Et ce n'est pas peu dire: on a l'impression d'être devant un interminable épisode de Navarro, mais en version suédoise non sous-titrée. Car il y a aussi cette légère difficulté pour le lecteur: tous les personnages ont des noms effroyablement compliqués (et certains se ressemblent, pour ne rien arranger!), ils passent leur temps à parcourir telle ville, telle rue, tel quartier, dont les noms ne nous sont jamais épargnés, comme pour nous vendre un effet de réel à deux sous. Résultat, on a l'impression de lire un catalogue Ikea (sponsor officiel de ce roman, il y est cité au moins vingt fois...), mais sans les images. Vous l'aurez compris, à part l'originalité, il n'y a pas grand chose à sauver de ce roman ennuyeux à mourir, où le rythme ne s'accélère vraiment que dans les cinquante dernière pages. De quoi rester perplexe devant le succès de librairie annoncé sur la quatrième de couverture (qui confond en plus deux personnages n'ayant rien à voir l'un avec l'autre, c'est le summum). Ajoutons à cela que la fin ne résout pas entièrement les questions soulevées par l'intrigue, certainement pour nous donner envie d'acheter la suite, Eté, déjà parue chez le même éditeur. Eh bien, ce sera sans moi.
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critique par Elizabeth Bennet




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Hiver... en poche
Note :

   "C'est toujours le désir qui tue."
   
   Sacrifice en hommage aux dieux vikings ou meurtre commis par un esprit particulièrement tordu? Seul le cadavre nu, obèse et gelé se balançant à une branche de chêne pourrait répondre. Mais il se contentera de commenter l'évolution de l'enquête menée par Malin Fors , inspectrice de police. Malin qui a fort à faire avec son boulot prenant, ses amours en pointillés et surtout son adolescente de fille qui se lance dans sa vie amoureuse.
   
   Affrontant le froid d'un hiver particulièrement rigoureux, un clan familial retors, Malin Fors démêlera cette "logique absurde des sentiments." Pour autant les mystères ne seront pas tous levés, juste de quoi attendre avec impatience le prochain volume de cette série "où chaque titre est articulé à une saison."
   
   
   Présentation de l'éditeur:
   
   Mardi 31 janvier, 7h22 du matin. Ce mois de février est l'un des plus froids qu'on ait connu en Suède. Ce matin-là, la jeune Malin Fors et ses collègues de la Criminelle découvrent un cadavre, nu et gelé, attaché à une branche d'arbre, une corde autour du cou. Qui est cet homme ? Comment est-il arrivé là ? Petit à petit, Malin et Zeke, son coéquipier, découvrent que Bengt Andersson avait un passé de psychopathe…
   
   • Né en 1968, Mons Kallentoft est un écrivain et un journaliste suédois. Il est l’auteur de plusieurs romans policiers. Hiver est le premier tome d’une tétralogie dont chaque livre sera articulé autour d’une saison.

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critique par Cathulu




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Pas polaire, mais presque...
Note :

   Dans la catégorie "polars suédois", je voudrais Mons Kallentoft... Pas un mauvais choix à coup sûr. Pas le genre de polar où l’on multiplie les meurtres comme d’autres les petits pains. Un meurtre unique, mais quel meurtre!
   
   Un homme obèse est retrouvé pendu un petit matin d’hiver – plutôt froid en cette contrée scandinave comme chacun le sait ou s’en doute – en haut d’un arbre, nu, ayant manifestement subi sévices, brûlures,... Une fois identifié son cas n’est pas simplifié pour autant puisque Bengt Anderson présentait tous les symptômes de l’être inoffensif, un peu simplet, un peu marginal.
   
   C’est la commissaire Malin Fors qui est chargée de l’enquête avec son équipe. L’occasion pour Mons Kallentoft d’apartés plus... sociétaux sur la vie comme elle va en Suède pour les Suédois et notamment les femmes seules amenées à élever une adolescente – c’est le cas de Malin Fors et ce n’est pas proprement enthousiasmant...
   
   L’enquête met à jour plusieurs pistes possibles, avec l’apparition d’une famille de marginaux notamment, pas piquée des hannetons...! Ca va à son rythme, pas trépidant puisque pas mal d’à côtés sont traités, mais sans jamais lasser le lecteur.
   
   Originalité dans le traitement du récit : il est traité à plusieurs voix dont notamment celle de Bengt Anderson, le défunt, qui commente ou prolonge, du ciel, les progrès de l’enquête. L’occasion de recadrer certaines avancées et de permettre au lecteur de retrouver "ses billes". Une belle maîtrise, à mon sens, de Mons Kallentoft, et je lirai les suites (apparemment il fait dans les saisons) avec plaisir.

critique par Tistou




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