Lecture / Ecriture
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Gloriana ou la reine inassouvie de Michael Moorcock

Michael Moorcock
  Gloriana ou la reine inassouvie

Gloriana ou la reine inassouvie - Michael Moorcock

Pas assez vif
Note :

   Présentation de l'éditeur :
   
   "En ce nouvel âge d'or, Gloriana règne sur Albion et son empire.
   Si la cour vit au rythme de la reine, le gouvernement repose sur le chancelier Montfallcon et son réseau d'espions et d'assassins. Parmi eux, l'énigmatique et redoutable capitaine Quire.
   Et tandis que la reine de vertu languit dans son palais creusé de souterrains mystérieux, Quire, le prince du vice, trame dans l'ombre l'écheveau complexe de ses intrigues...
   Albion n'est pas l'Angleterre, Londres n'est pas dans Londres et le monde de la Renaissance a changé; de même Gloriana n'est pas Élisabeth Ire. Pourtant...
   Uchronie fantastique, étrange et brillante, conte de fées cruel et pervers, "Gloriana" occupe une place à part dans l’œuvre de Michael Moorcock"

   
   
   Honte sur moi pour quelques générations (ou pas), je n'avais jamais lu Michael Moorcock. Une lacune qui ne pouvait rester impunie, mais voilà, devant la multitude de cycles en quarante-mille-douze tomes commis par le grand homme, je me sentais prise de faiblesse. Heureusement, la Grande-Science-Fiction est pleine de bienveillance, c'est un one-shot qui a atterri sur ma PAL. Et y est resté un sacré bout de temps.
   
   "Gloriana" est un étrange objet littéraire. Écrit dans une langue précieuse, construit comme un conte cruel qui se moquerait des impératifs du genre dont le moindre n'est pas le fameux "Ils vécurent heureux", c'est une variation sur le thème du pouvoir, image déformée de l'histoire d'Elisabeth I d'Angleterre, où Henry VIII est transformé en ogre avide de sang, où Arioch est invoqué à tout bout de champ, où la reine incarne une ère de paix et de prospérité, dont la fragilité se révèle au gré des intrigues de cour et des complots qui la minent. C'est brillant, inutile de le nier: Michael Moorcock se livre à une exploration intelligente des multiples visages du pouvoir et des passions humaines, qui n'édulcore rien de ce que les sens peuvent causer comme désastres. Les personnages sont pour la plupart superbes, à la fois archétypaux et complexes, des vieux conseillers à l'espion en passant par une reine déchirée entre son devoir et ses drames de femme. Les descriptions du palais et de ses habitants emportent dans un luxe et une magnificence qui se font au détour d'une salle inquiétants, morbides, voire sordides. Dommage que le récit soit plombé par des longueurs et par un style par moment trop travaillé.
   
   J'en retire un sentiment étrange, fait d'admiration, et d'un léger ennui, et en tout cas la contentement d'avoir enfin découvert un petit bout de l’œuvre de Moorcock.

critique par Chiffonnette




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