Lecture / Ecriture
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Prenez soin du chien de J. M Erre

J. M Erre
  Prenez soin du chien
  Série Z
  Le mystère Sherlock
  Made in China
  La fin du monde a du retard
  Le grand n'importe quoi

Jean-Marcel Erre, qui préfère signer ses livres "J.M. Erre" (on se demande pourquoi), est un écrivain français né en 1971 à Perpignan.

Prenez soin du chien - J. M Erre

Jubilatoire !
Note :

   “À mon avis, un virus a dû faire des ravages dans cet immeuble. Le 5, rue de la Doulce-Belette ? L'annexe du service psychiatrique des Hôpitaux de Paris !”
   Effectivement, l'immeuble dans lequel vient d'emménager Max Corneloup est bien bizarre, tout au moins ses locataires. “Des personnages perdus dans une histoire démente.”
   Une construction originale pour ce roman à l'humour décapant qui met en parallèle les commentaires des journaux intimes de deux de ces locataires qui se livrent une guerre d'espions sans merci reposant avant tout sur un fatras d'inepties.
   De plus, autour de leur haine irraisonnée qu’ils se vouent viscéralement, un meurtre va bel et bien se perpétrer et entraîner ainsi l’ensemble des locataires de cet immeuble dans une histoire inextricable.
   
   Ce livre est un imbroglio de situations équivoques et démentielles issues de méprises à l'image du contexte délirant de cette pseudo enquête policière. Une intrigue astucieusement menée dans un rythme époustouflant par le biais de cette écriture à l'imagination débordante voire extravagante.
   
   Un style énergique et bien enlevé qui m’a aussitôt emmenée dans son jeu. J'ai souri parfois, j'ai pouffé souvent et j'ai même éclaté à de très nombreuses reprises. Un livre jubilatoire, d'une originalité réjouissante pour des moments de lecture bien agréables.
   Un grand plaisir à découvrir et à déguster ! Une réelle friandise pour ce simulacre de roman policier subtilement orchestré.
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critique par Véro




* * *



Un premier roman décapant !
Note :

   C'est un drôle d'immeuble dans lequel vient de s'installer Max Corneloup, la cinquantaine, célibataire, auteur de feuilletons radiophoniques. Non seulement son voisin de l'immeuble d'en face, Eugène Fluche, passe sont temps à l'observer de sa fenêtre mais les autres locataires ce des deux immeubles valent aussi leur pesant d'or : la concierge, madame Ladoux, une vraie mégère, qui passe son temps à écrire des lettres à sa mère, morte depuis plus d'un an, Raphaël Dumoget, le voisin de palier d'Eugène, passionné par les gerbilles, petits rongeurs des régions steppiques d'Afrique, qu'il collectionne dans son appartement, Bruno, un gamin infernal, j'en passe et des meilleures... Sans compter les lettres anonymes, une revue plus ou moins sulfureuse et plutôt plus que moins que Max retrouve dans sa boîte aux lettres sous l'oeil goguenard de la concierge et à laquelle il se retrouve abonné sans avoir rien demandé ou une livraison de pizzas qu'on n'a pas commandées...
   
   
   Ce roman est excellent. A partir de l'histoire de deux voisins qui s'observent mutuellement, chacun suspectant l'autre de l'épier (premier quiproquo !), J.M. Erre a écrit un livre hilarant, avec une intrigue superbement menée et des moments savoureux comme cette caricature de l'agent immobilier vous réclamant vos fiches de paye avant même de vous demander ce que vous voulez louer. Jusqu'à l'accident qui se révèle être un meurtre et l'enquête policière qui démarre "Dans la vie les gens détestent la police, mais dans les livres ou au cinéma, ça les titille toujours ! Va comprendre..." avec des personnages hauts en couleur.
   
   Voilà un livre drôle, intelligent, ménageant le suspens -les 100 dernières pages se lisent d'une traite- une écriture qui mêle différents procédés : les récits de Max et Eugène, les lettres de la concierge et enfin le point de vue omniscient du narrateur qui sait tout mais ne nous le révèlera qu'à la fin, cette fin qui vous laisse sur le carreau.
   On est rempli de bonheur devant tant de maîtrise de la part de l'auteur, qui signe là un premier roman décapant.
   ↓

critique par Clochette




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Désopilant
Note :

   Rue de la Doulce-Belette à Paris emménagent le même jour dans deux immeubles en vis-à-vis Max Corneloup, auteur de romans-feuilletons, et Eugène Fluche, peintre sur coquille d’oeufs. Très vite, les deux hommes se soupçonnent mutuellement de s’espionner. Le malaise s’installe, alimenté par les comportements délirants de voisins plus ou moins psychotiques. Malaise qui se transforme en paranoïa lorsqu’un meurtre, puis un deuxième, se produisent rue de la Doulce-Belette. Mais qui se cache derrière ces événements ?
   
   Excellente surprise que ce roman tordant et extrêmement bien ficelé. Avec un humour décapant, l'auteur nous plonge dès les premières pages dans une intrigue farfelue à souhait : les habitants de deux immeubles s'épient derrière leurs carreaux et passent leur temps à se faire des coups tordus. Les situations les plus invraisemblables s’enchaînent à vitesse grand V, les quiproquos se multiplient, la folie guette à chaque palier, et on a le sourire aux lèvres du début à la fin, quand on ne rit pas franchement à la lecture de certains passages hilarants. L’humour absurde que manie avec virtuosité J. M. Erre m’a d’ailleurs rappelé celui de Tom Sharpe (un gage de qualité !).
   
   Il faut dire que le roman est servi par une belle brochette de personnages loufoques. Difficile de savoir qui est le plus cinglé, entre la concierge, la veuve vindicative, le cinéaste déjanté, l’auteur de romans érotiques, le passionné de petits rongeurs, et la kyrielle d'autres protagonistes hauts en couleur et guère plus sains d’esprit, tous très bien croqués.
   
   L’intrigue, qui lorgne vers le roman policier, tient en haleine : elle est menée de main de maître jusqu’au final inattendu. Je craignais un dénouement qui ne soit pas à la hauteur du reste du roman, à tort puisqu’il est crédible et a le mérite de ne pas laisser le lecteur sur sa faim. L’épilogue donne une explication logique à l’histoire (ce qui n’était pas évident !) tout en introduisant une réflexion intéressante sur le processus de création.
   
   A la fois machiavélique et désopilant, «Prenez soin du chien» procure un grand moment de plaisir (et accessoirement dégoûte à vie de la copropriété). En espérant que J.M. Erre nous gratifie très bientôt d’un autre récit de ce niveau !
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critique par Caroline




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De l’art de schmogler
Note :

   "Prenez soin du chien" de J.M. Erre a tout de suite suscité ma curiosité. Je pensais me détendre en le lisant. Objectif atteint ! J’ai passé l’après-midi à dévorer ce roman et me voilà prête à faire une petite note.
   
   L’histoire : entre la Place de Clichy et la Place Pigalle, deux énergumènes emménagent en même temps dans deux immeubles voisins. L’un écrit des navets pour la radio, des feuilletons manquant cruellement d’amûr selon ses inconditionnelles admiratrices ; l’autre, tête ovoïde et régime à haute teneur en cholestérol, a une passion dans sa vie, la peinture. Attention, pas n’importe quelle peinture ! Car monsieur est peintre sur œufs. Chacun soupçonne bientôt l’autre de l’espionner et consigne ses doutes dans un journal intime. La tension monte progressivement : entre lancer d’œuf sur façade, commande de pizzas (sans œufs) pour le voisin, petite annonce faisant passer l’autre pour un marabout, abonnement de l’être haï à un magazine coquin, tous les moyens sont mis en œuvre pour venir à bout de l’autre. Mais bientôt, le cadavre d’une locataire est retrouvé, pendu par un pied à un élastique, le crâne fracassé contre le trottoir. Puis c’est au tour de l’un des principaux personnages d’être retrouvé mort dans son appartement. La tension monte, la psychose est omniprésente, les commérages vont bon train. Dans un véritable Cluedo rocambolesque l’intrigue se poursuit, moins drôle mais tout aussi captivante. Digne d’un thriller bourré d’humour.
   
   L’avis de votre chroniqueuse : ici, pas de grande littérature. Mais pourtant un style qui ne dérange en rien, un humour et une ironie que je commence à trouver toute française, une trame parfaitement maîtrisée. Une action sans un seul temps mort, des personnages improbables et drolatiques. Au final, Prenez soin du chien est un roman très divertissant et très bien mené. Une très bonne surprise pleine d’originalité. Je renouvellerai l’expérience avec plaisir !
   
   Et pour prolonger le plaisir, quelques courts extraits :
   
   "Mon regard était si franchement admiratif que l’homme a baissé sa garde. Sa graisse émoustillée s’est mise à vibrer. L’effet était saisissant : on aurait dit un flan géant sur une machine à laver en plein essorage."
   
   (La rédaction du petit Bruno, l’enfant terrible – plus exactement : le monstre abominable)
   "Tob était une fois un monstre à plein de poils de la race des schmogueul petits. Il aimait dévorer des moquettes avec des dents, surtout celle-là. Avec de la sorcière, mais moins que lui, à cause de l’escalier. Mais des méchants qui ne l’aimèrent pas. Ils ont avait un carton magique…
   Pauvre schmogueul! Attention au carton magique! Tu vas mourru et après tu aurais mal aussi avec! Sauve-toi gentil poilu !"

    ↓

critique par Lou




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Récréation
Note :

   J'ai lu "Prenez soin du chien" parce que j'avais lu (et bien aimé) "Le mystère Sherlock".
   
   Or, ce n'est pas du tout la même chose. Dans "Le mystère Sherlock", même si les choses sont poussées à leur extrême, on reste dans un simili réalisme... ce qui n'est pas tout à fait le cas dans "Prenez soin du chien" où plusieurs scènes ne seraient jouables qu'en dessin animé. Il serait impossible de les rendre sur le mode réaliste. Cela m'a un peu fait penser à nos bons vieux Exbrayat, non pour le sujet (ici, pas d'espions) mais pour le côté grand guignol. Tout est outré vers le comique.
   
   Il y a pourtant une intrigue qui se tient et un coupable à trouver et disons, que je l'avais trouvé à 50% (les 50% plus faciles, je l'avoue). Soit demi-réussite de l'auteur.
   
   J'ai souvent souri et un peu ri, donc, là aussi J.M Erre a réussi, mais je ne peux pas dire que j'aie été pleinement convaincue. Je ne me suis pas toujours beaucoup intéressée à ce que je lisais...
   
   Je comptais enchainer avec "Série Z" mais en fin de compte je vais le garder pour quand j'aurai le moral dans les chaussettes, ces livres-là sont faits pour ces moments-là.
   
   Et ce n'est déjà pas si mal.
    ↓

critique par Sibylline




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Farfelu
Note :

   Présentation de l'éditeur :
   
   "Rue de la Doulce-Belette, Max Corneloup, auteur de romans-feuilletons, et Eugène Fluche, peintre sur coquilles d’œufs, habitent en vis-à-vis. Chacun suspecte l'autre de l'épier. La méfiance règne, d'autant plus que le voisinage n'est pas spécialement sain d'esprit. Sans compter les commérages de Mme Ladoux, la gardienne... Quand un cadavre est découvert, c'est une véritable psychose qui s'installe. Seraient-ils allés trop loin?"
   

   
   Commentaire :

   
   Je voulais lire ce roman depuis tout plein d'années. On m'avait dit que c'était complètement fou. Et en effet, ce l'est. Comme j'aime le grand n'importe quoi, c'était tout à fait pour moi.
   
   On se retrouve donc à Paris, plus particulièrement dans deux immeubles face à face. Max Corneloup et Eugène Fluche, deux spécimens un peu particuliers, il faut bien le dire, emménagent le même jour. Mais voilà que les deux semblent passer un peu trop de temps à leur fenêtre. Il n'en fallait pas plus pour qu'ils se soupçonnent de s'espionner l'un et l'autre. La guerre est déclarée.
   
   Le tout est complètement hilarant. On a droit aux journaux de Max et d'Eugène, tous deux aussi capotés et empreints de mauvaise foi, aux lettres de Mme Ladoux, la concierge du 5 à sa mère et à celle qu'écrit Mme Brichon, une drôle de folledingue un peu paranoïaque (mais pas tant que ça), au propriétaire. Ce drôle de collage fonctionne parfaitement et malgré le nombre important de personnages, jamais je n'ai été mélangée. C'est qu'ils sont tous tellement étranges, ces locataires!
   
   En effet, entre le gamin complètement hors-contrôle (autant dans la vie que dans sa maîtrise de la langue française), la concierge du 6 dont le but semble être de donner un spectacle "agréable" à ses locataires masculins, le réalisateur de films recyclés, l'auteur de romans érotiques et le locataire limite amoureux de ses gerbilles, il y en a, de l'action. C'est drolatique, complètement fou et super léger, même s'il y a une intrigue policière qui pointe le bout de son nez. L'auteur décrit parfois le macabre avec un humour certain et on ouvre de grands yeux étonnés à ces réflexions plus décalées les unes que les autres.
   
   Bien entendu, j'avais bien vu venir la fin mais je pense que ce n'est pas l'intérêt du roman. Une bonne dose de rire et surtout, de grand n'importe quoi. Et, comme je l'ai mentionné dans mon premier paragraphe... j'aime le grand n'importe quoi!
   
   De l'auteur, j'ai aussi lu "Le mystère Sherlock", que j'ai tout autant aimé. L'auteur a un don pour créer des personnages complètement farfelus et sonnés!

critique par Karine




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