Lecture / Ecriture
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De la destruction comme élément de l’histoire naturelle de Winfried Georg Sebald

Winfried Georg Sebald
  Campo Santo
  D'après nature – poème élémentaire
  Austerlitz
  Séjours à la campagne
  De la destruction comme élément de l’histoire naturelle
  Les anneaux de Saturne
  Les émigrants
  Vertiges

AUTEUR DES MOIS DE JUIN & JUILLET 2011

Winfried Georg Maximilian (qui préférait se faire appeler Max) Sebald est né en Allemagne en 1944 et mort en en 2011 dans un accident de la circulation, en Angleterre où il s'était installé.

Professeur d'université, il a mené parallèlement son travail littéraire dont la valeur fut rapidement remarquée. Dans les années 80-90, son nom avait été évoqué pour le Nobel, mais il ne l'a en fait jamais obtenu.

On trouve actuellement des traductions françaises d'une petite dizaine de ses œuvres.

De la destruction comme élément de l’histoire naturelle - Winfried Georg Sebald

Conférences de Zurich, 1997
Note :

   «Les conférences de Zurich intitulées "Guerre aérienne et Littérature" ne paraissent pas exactement dans ce volume sous la forme qu’elles avaient lorsqu’elles furent prononcées à la fin de l’automne 1997. La première avait pour point de départ la description que Carl Seelig fait d’une excursion entreprise au milieu de l’été 1943 avec un pensionnaire d’établissement psychiatrique nommé Robert Walser, à la veille de la nuit où la nuit où le feu ravagea la ville de Hambourg.»
   …/…
   « Mais les insuffisances et les crispations des lettres et écrits divers parvenus à mon domicile ont précisément révélé que l’expérience vécue par des millions de gens dans les dernières années de la guerre, cette humiliation nationale sans précédent, n’a jamais été réellement mise en mots et que ceux qui étaient directement concernés ne l’ont ni partagée ni transmise aux générations suivantes.»
   

   C’est la thèse de Winfried Georg Maximilian Sebald (W.G. Sebald), littéralement obsédé dès sa jeunesse par "l’omerta" de la génération de ses parents (son père fut sous-officier la Wehrmacht au moment de l’invasion de la Pologne), ainsi que de la littérature ou la société allemandes pour la destruction systématique des villes allemandes par les bombardements alliés sur la fin de la guerre.
   Invité à donner des conférences à l’Université de Zurich en 1997, W.G. Sebald proposa le thème "Guerre aérienne et Littérature". "De la destruction …" est né du texte de ces conférences, comme il l’explique plus haut.
   Il s’agit donc plus de développer des thèses – volonté de destruction systématique des villes allemandes alors que la guerre prenait fin, et refoulement de cet état de fait dans l’inconscient collectif allemand, absence de cet épisode particulier de la guerre dans la littérature allemande, que de littérature à proprement parler. Ce sont quand même six cent mille civils qui furent envoyés ad patres à cette occasion, sans compter l’état psychique dans lequel ont dû se trouver les centaines de milliers de survivants. Il semblerait, par exemple, que les bombardements de Dresde furent le plus grand massacre jamais perpétré en un même lieu et dans le même temps …
   
   Un dernier chapitre permet à W.G. Sebald de "tailler un short" à Alfred Andersch, à qui Sebald reproche de n’avoir pas joué son rôle d’intellectuel et de s’être uniquement préoccupé de son confort et de son intérêt.
   "Andersch, au fond, a toujours été un homme de l’arrière. C’est pourquoi, logiquement, il est devenu suisse au début des années soixante-dix, bien que ce ne fût pas vraiment pour lui une nécessité.
   …/…
   "Il apprécie la Suisse" elle n’est pas l’objet de ses préoccupations." Cela nous donne une fois de plus accès à une vie intérieure tourmentée par l’ambition, l’amour-propre, la rancœur et la rancune. L’œuvre littéraire est le manteau qui les recouvre. Mais la méchante doublure fait jour de toutes parts."

critique par Tistou




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