Lecture / Ecriture
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Séjours à la campagne de Winfried Georg Sebald

Winfried Georg Sebald
  Campo Santo
  D'après nature – poème élémentaire
  Austerlitz
  Séjours à la campagne
  De la destruction comme élément de l’histoire naturelle
  Les anneaux de Saturne
  Les émigrants
  Vertiges

AUTEUR DES MOIS DE JUIN & JUILLET 2011

Winfried Georg Maximilian (qui préférait se faire appeler Max) Sebald est né en Allemagne en 1944 et mort en en 2011 dans un accident de la circulation, en Angleterre où il s'était installé.

Professeur d'université, il a mené parallèlement son travail littéraire dont la valeur fut rapidement remarquée. Dans les années 80-90, son nom avait été évoqué pour le Nobel, mais il ne l'a en fait jamais obtenu.

On trouve actuellement des traductions françaises d'une petite dizaine de ses œuvres.

Séjours à la campagne - Winfried Georg Sebald

6 portraits
Note :

   Curieux ouvrage que ce "Séjours à la campagne". W.G. Sebald nous y livre, via six portraits détaillés, ses sentiments sur cinq écrivains et un peintre. Ce sont successivement: Johann Peter Hebel, Jean-Jacques Rousseau, Eduard Mörike, Gottfried Keller, Robert Walser, ainsi que le peintre Jan Peter Tripp. Celui-ci avec une mention spéciale que nous donne directement W.G. Sebald dans son avant-propos:
   "Il est dans l’ordre des choses que l’on trouve en fin de volume un essai sur un peintre, non seulement parce que Jan Peter Tripp et moi avons fréquenté un bon moment la même école d’Oberstdorf et que nous partageons le même amour pour Keller et Walser, mais aussi parce que ses tableaux m’ont appris que l’art demande du métier et qu’il faut s’attendre à affronter bien des difficultés quand on veut rendre compte du monde qui nous entoure."
   Une relation plus intime donc avec Jan Peter Tripp. Le même Jan Peter Tripp d’ailleurs dont figure l’hommage rendu à W.G. Sebald en toute fin d’ouvrage; "Au royaume des ombres". Il y donne une appréciation intéressante du style et de la manière d’écrire de W.G. Sebald:
   "C’est également du noir qu’est issue l’une des plus belles techniques de gravure profonde sur cuivre, la "manière noire". A la différence de la vénérable taille-douce, de l’eau-forte et de l’élégante pointe sèche, où, sur la plaque de cuivre polie comme un miroir, des traits sont creusés qui s’imprimeront en sombre, la "manière noire" va des ténèbres à la lumière.
   …/…
   L’appropriation du monde et sa description par W.G. Sebald m’ont toujours semblé procéder d’une méthode analogue. Loin du monde expressif de la gravure sur bois, il installe de vastes panoramas d’une densité et d’une intrication presque incroyables. Et comme dans la "manière noire", il dispose d’une palette inépuisable de gris aux dégradés imperceptibles, qui seule est en mesure de mettre en mouvement les contenus subtils qu’il présente."

   
   Attention, il ne s’agit pas de portraits aux sens strict ou biographique du terme. Plus de petites touches sur le rapport de l’écrivain concerné à la vie, à son art, à la Nature. L’essentiel de ces portraits nous parle peu à nous, Français. Johann Peter Hebel, Eduard Mörike, Gottfried Keller, Robert Walser ne sont pas précisément des auteurs qui nous évoquent des titres, une œuvre… Jean-Jacques Rousseau nous offre davantage de résonance et c’est à l’occasion d’une visite de W.G. Sebald à l’île de St-Pierre, sur le lac de Bienne, où Rousseau, chassé de partout, poursuivi même par la vindicte de certains trouva un temps, quelques semaines, un rustique havre de paix, que l’idée d’écrire cet essai consacré à Rousseau ("J’aurais voulu que ce lac ait été océan …") germe.
   
   Ces portraits sont détachés de la réalité, d’une quelconque chronologie. Ce sont en quelque sorte des instantanés qui figent un moment de la vie d’un écrivain et qui, par l’analyse qu’en fait Sebald en disent long sur la personnalité de l’écrivain ainsi épinglé.
   
   Ceci intéressera davantage un public germanophone plus à même de connaître les écrivains dont il est question. Reste que ces essais sont écrits dans une belle langue.

critique par Tistou




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