Lecture / Ecriture
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Je marche au bras du temps-4 de Alain Rémond

Alain Rémond
  Je marche au bras du temps-4
  Les images
  Chaque jour est un adieu-1
  Un jeune homme est passé-2
  Comme une chanson dans la nuit-3
  Les romans n’intéressent pas les voleurs

Alain Rémond est né en 1946 dans le département de La Manche. Après des études de philosophie, il a été professeur d’audiovisuel puis critique de cinéma. Il a collaboré à plusieurs journaux et fut même Rédacteur en chef à Télérama (où il tenait la célèbre rubrique « Mon œil»). Il a également travaillé à la télévision participant durant plusieurs années à l’émission «Arrêt sur images» de la 5. Il travaille encore actuellement pour «Marianne» et «La Croix»

Vous trouverez une interview de cet auteur à la rubrique "Rencontres". Ainsi que des Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Je marche au bras du temps-4 - Alain Rémond

Autobio
Note :

   Dans ce petit ouvrage, l’auteur réfléchit sur son travail d’écrivain.
   
    Alain Rémond, chroniqueur à Marianne ou Télérama, entre autres s’est «lancé» dans la «vraie» littérature assez tard (à 53 ans). Cependant, ce fut pour écrire le livre inévitable, que de tout temps il avait porté en lui et qu’il avait toujours su qu’il écrirait un jour : le livre qui raconterait son histoire, en tout cas celle de son enfance. Ce fut «Chaque jour est un adieu» qui fut suivi de deux autres ouvrages autobiographiques.
   
   Alors, moitié parce qu’il se rendit compte à ce moment là qu’en mettant ainsi sa vie personnelle et même intime en vitrine, il autorisait tout un chacun à venir la lui commenter; moitié parce que dans son esprit, raconter sa vie, ce n’est pas être un vrai écrivain, la vraie littérature étant l’œuvre des romanciers : «Raconter une histoire qui embarque le lecteur, le tienne en haleine. Faire vivre des personnages, les créer de toutes pièces. Nouer une intrigue. Oui, là est la création. Là est la littérature.» Alain Rémond, après plusieurs livres «de journaliste» (biographies de personnalités) et plusieurs autobiographies, se lança dans l’écriture d’un roman… et échoua. Il ne put le mener à terme.
   
   Ce bref ouvrage (un peu moins de cent pages) est une réflexion sur cette expérience d’écriture, depuis ses débuts jusqu’à ce roman raté, et donc… un quatrième ouvrage autobiographique.
   
   Alors que plus tôt, Alain Rémond avait bel et bien écrit un roman : «Les images» mais pour lequel encore il n’avait pas exactement rempli le cahier des charges fixé par lui-même : «faire vivre des personnages, les créer de toutes pièces» puisque, s’il y fait bien vivre deux personnages, il ne les a pas créés de toute pièce, ayant repris pour acteurs le couple des «Choses» de Georges Perec.
   
   En ce qui concerne «Je marche au bras du temps», je l’ai lu avec intérêt et facilité. Alain Rémond est tout de même un homme qui a passé sa vie à écrire et qui en maîtrise donc l’art avec une aisance certaine. Ce qu’il nous donne à lire est parfaitement rédigé. Les sentiments qu’il y exprime semblent sincères et ces deux éléments font la qualité de ce genre d’ouvrage et le plaisir que l’on a à les lire.
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critique par Sibylline




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Quatrième épisode
Note :

   Quatrième épisode de l’autobiographie d’Alain Rémond, une autobiographie plus prétexte à digressions philosophiques et littéraires que véritable autobiographie. Et comme il nous a déja révélé qu’il vénèrait Bob Dylan, il place ce quatrième recueil sous son signe, en page de garde :
   
   « The man in me will hide sometimes
   To keep from being seen
   (L’homme en moi se cachera parfois
   pour ne pas être vu) »

   
   Après : «Chaque jour est un adieu», «Un jeune homme est passé», et «Comme une chanson dans la nuit», Alain Rémond s’interroge dans cette quatrième partie sur ce qui l’a poussé à mettre ainsi à nu ses ressorts de vie les plus intimes, à tel point qu’il en devient incapable d’écrire un roman, un roman de fiction.
   
   Ce quatrième épisode part de là, de l’échec de l’écriture d’un roman. Il revient donc sur les trois ouvrages qu’il vient d’écrire et l’on assiste à une réflexion sur le besoin qu’il a eu d’écrire sur son passé.
   
   «Et pourtant, mes livres sont bel et bien des récits autobiographiques. Et qu’est-ce que l’autobiographie, sinon l’écriture de sa propre vie? Ecrire son autobiographie, c’est raconter sa vie. Et c’est bel et bien ma vie que j’ai racontée dans «Chaque jour est un adieu». Puis dans «Un jeune homme est passé». Et enfin dans «Comme une chanson dans la nuit». Des fragments de ma vie. De tout petits fragments. Certes. Mais ma vie, et rien d’autre. Et c’est là-dessus que je bute. J’ai, tapi au fond de moi, ce sentiment que je n’écris pas de vrais livres. Les vrais livres, me dis-je sans me l’avouer vraiment, comme en secret, ce sont les romans. Là est la création. La véritable création. Inventer un monde, un univers. Raconter une histoire qui embarque le lecteur, le tienne en haleine. Faire vivre des personnages, les créer de toutes pièces. Nouer une intrigue. Oui, là est la création. Là est la littérature. Voilà ce que je me dis, secrètement, confusément.»
   
   Alors Alain Rémond disserte là-dessus. Sur ce sentiment de «rabaissement», de «culpabilité» de n’être pas capable de se livrer à la véritable fiction. A cette époque Alain Rémond est chroniqueur, censé être drôle dit-il, (je le rassure, ses chroniques dans Télérama, puis Marianne, le sont, sur un ton doux certes, mais irrésistiblement drôles !), et clairement, écrire un roman l’aurait déculpabilisé du «je» qu’il emploie aussi bien dans ses chroniques que dans ses quatre recueils autobiographiques. Alors il retourne le problème dans tous les sens et l’on comprend bien qu’à la fin … (lisez !)

critique par Tistou




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