Lecture / Ecriture
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B comme: Les larmes de l'assassin de Anne-Laure Bondoux

Anne-Laure Bondoux
  Ados: Le temps des miracles
  Dès 11 ans: Le destin de Linus Hoppe
  B comme: Les larmes de l'assassin
  Ados: Pépites
  Ados: Tant que nous sommes vivants

B comme: Les larmes de l'assassin - Anne-Laure Bondoux

Adaptation risquée mais réussie!
Note :

   Librement adapté du roman d'Anne-Laure Bondoux par Thierry Murat.
   
   Pablo vit avec ses parents en un endroit où personne n'arrive par hasard. Là, à l'extrême sud du Chili, ils ne voient guère que quelques scientifiques, parfois un poète. Jusqu'au jour où frappe à leur porte Angel, l'assassin en fuite. Et l'assassin assassine, épargnant, sans trop savoir pourquoi l'enfant.
   
   "Les larmes de l'assassin" a été mon premier roman d'Anne-Laure Bondoux, une baffe, un de ces textes qui vous prennent au tripes et vous laissent épuisés au bout du chemin, mais littéralement transporté. Dur, violent, profondément humain. C'est vous dire si en voyant arriver cette adaptation en bande-dessinée de ce bijou, j'étais mi-enthousiaste, mi-méfiante.
   
   Or, c'est un magnifique album qu'offre Thierry Murat, à la fois fidèle à l’œuvre d'Anne-Laure Bondoux, à son atmosphère, et empreint de sa patte grâce à un trait charbonneux, des jeux d'ombres, des noirs, ocres, bleus profonds, gris, marrons qui font sourdre la solitude des grands espaces de la Patagonie, la violence, l'amour improbable qui naît entre l'enfant et l'assassin, la tension provoquée par l’arrivée du poète.
   
   Impossible de chercher la petite bête, l'infidélité au roman tant son dessin et son choix de texte s'avère parfait, équilibré, poétique et rend justice à cette histoire de mort, d'amour et de trahison.
   
   Une très belle réussite donc, élue BD RTL du mois de février 2011, et un coup de cœur pour moi.
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critique par Chiffonnette




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Gris, marron et beige
Note :

   "Sur cette terre malmenée par le vent, même les pierres semblaient souffrir."
   
   
   Paolo est un petit garçon à l'âge incertain. Il vit avec ses parents dans une masure sur une terre aride et isolée de l'extrême sud du Chili. La vie est difficile sur ce lopin de terre rocailleuse mais Paolo, qui n'a connu qu'elle, vit sans se poser de questions au rythme des saisons et de la chasse aux serpents, sa grande occupation. Un jour, un étranger demande l'hospitalité pour la nuit. C'est Angel Allegria (le mal nommé): "un truand, un escroc, un assassin". Il tue de sang-froid et sans raison les parents de Paolo mais ne peut se résoudre à assassiner le petit garçon, qui vit avec lui comme s'il était son père, sa mémoire comme effacée d'un coup par la vision de ses parents égorgés. La vie reprend son cours.
    
   "Les larmes de l'assassin" est un roman graphique adapté du roman éponyme d'Anne-Laure Bondoux, que je n'ai pas lu, chers happy few (ben oui, ce genre de chose arrive même aux meilleurs, la preuve) ce qui m'a permis de découvrir cet album comme s'il était premier et j'ai été emballée par la noirceur poétique de cette histoire terrible, magnifiquement servie par de grandes vignettes sombres (Thierry Murat n'utilise que trois couleurs: le gris, le marron et le beige), à l'unisson de cet univers désertique et désolé et de la violence sourde d'Angel, qui s'humanise au contact de ce petit garçon au regard bouleversant qui développe avec le meurtrier de ses parents une troublante relation père/fils.
   
   Un très bel album, élu BD-RTL du mois.
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critique par Fashion Victim




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Une formidable adaptation
Note :

   « Ici personne n’arrivait par hasard. Car ici, c’était le bout du monde, le sud extrême du Chili où la côte fait de la dentelle dans les eaux froides du Pacifique. Sur cette terre malmenée par le vent, même les pierres semblaient souffrir. Les rares voyageurs qui parvenaient jusque là s’étonnaient d’y trouver une habitation».
   Paolo Poloverdo vit avec ses parents dans une pauvre masure au bout du monde. Paolo, «né de la routine du lit» de ses parents, vit là comme le reste de la terre, «c’est-à-dire pas très bien» et surtout sans amour. Ses parents ne s’occupent pas de lui et il passe ses journées à courir après les serpents.
   Les rares personnes qui arrivent jusque là ne viennent jamais par hasard et ses parents leur accordent l’hospitalité pour maximum une ou deux nuits. Il s’agit le plus souvent de scientifiques: géologues ou astronomes. Plus rarement un poète mais «chaque visite, par sa rareté, prenait l’allure d’un événement».
   Un jour, Paolo voit arriver Angel Allegria, Fatigué de fuir, il pense que cette demeure est le refuge idéal pour un assassin en cavale. Pour cet homme, la mort est un acte banal et il tue les parents de Paolo de sang froid. Mais il n’arrive pas à se résoudre à tuer l’enfant. Entre les deux hommes, une étrange complicité s’installe… jusqu’à ce que l’arrivée de Luis Secunda, âgé de 30 ans, réveille les vieux démons d’Angel. Un peu idéaliste, un peu poète, issue d’une famille aisée, il a entrepris de faire le tour du monde et s’arrête sur cette terre, déséquilibrant l’improbable lien qui s’est tissé entre Paolo et Angel.
   
   Le roman jeunesse était magnifique. Cette «libre adaptation», de l’aveu même de l‘auteur, l’est tout autant. Les dialogues réduits au strict minimum recréent bien le climat et l’ambiance. Thierry Murat a réussi à traduire en images la solitude, l’aridité de la Terre, en traitant de la solitude, de la rédemption, des rencontres qui transcendent.
   
    Cette adaptation devrait plaire, aussi bien à ceux qui découvrent l’intrigue qu’à ceux qui ont lu le roman jeunesse et qui retrouveront avec bonheur les trois personnages clé du récit. Certes la fin diffère mais cette bande dessinée, toute en sensibilité, et avec un trait de crayon simplifié, est une très belle adaptation d’un grand et beau roman jeunesse.
   
   Pour petits et grands.

critique par Éléonore W.




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