Lecture / Ecriture
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Le Chat qui cassait la baraque de Lilian Jackson Braun

Lilian Jackson Braun
  Le Chat qui cassait la baraque
  Le chat qui jouait Brahms
  Le chat qui donnait un coup de sifflet

Lilian Jackson Braun est une écrivaine américaine née en 1913 et décédée en 2011.

Le Chat qui cassait la baraque - Lilian Jackson Braun

Entre gens du même monde.
Note :

   « Le chat qui cassait la baraque » est le 25ème ouvrage d’une série d’une trentaine, consacrée aux aventures de Jim Qwilleran, milliardaire de son état. J’ai pris ce volume là un peu au hasard dans ma bibliothèque pour que cette série soit au moins évoquée ici puisqu’elle est tout de même conséquente, par sa quantité et sa notoriété.
   
   Et dieu sait que j’en ai lu ! J’adorais ça. Ce style carré, classique, ces enquêtes réglées et sans surprise, la touche originale et esthétique des chats, de la «grange» aménagée (bien qu’en fait, je n’aie jamais vraiment réussi à me la représenter) le tout convenable et «de bon ton». Cette ville où tout notable se devait d’avoir un chat (mais sans que ce soit dit), où paraît parfois un rare chien (mais avec une excuse valable : il est chien d’aveugle, par exemple). Ce Comté imaginaire de Moose, « à 600km au nord de tout » me comblait. Cela se lisait bien, agréablement, on pourrait presque dire «confortablement». C’était la lecture idéale sur laquelle s’endormir le soir, tranquille et convenablement intéressée.
   
   Et puis, je ne sais pas ce qui s’est passé, un peu comme la fois où j’avais mangé trop de chocolat, d’un seul coup, je n’ai plus pu en supporter une page de plus. D’un seul coup, Qwilleran m’a semblé être l’archétype même du vieux réac nanti égoïste et hyper content de lui (alors qu’il n’avait pas fait grand-chose d’autre qu’hériter par surprise), ses relations (platoniques ?) guindées et snob avec la bibliothécaire m’ont semblées tout autant dénuées d’intérêt que de vraisemblance. Ses deux chats de bourgeois (il n’allait pas avoir des «gouttière», tout de même), vecteurs des pires conventions, m’ont horripilée, avec Koko, le mâle macho pseudo protecteur et Yom-yom la femelle superficielle et enjôleuse. J’ai vu qu’on n’évoluait qu’entre gens «comme il faut» dans la société de leur petit monde bourgeois, hyper conventionnel et même rigide de Pickax. Le tout baignant dans une énorme sauce d’auto satisfaction que rappellent gaillardement les chroniques régulières (et tant admirées) de notre héros dans le journal local.
   
   Comme avec le chocolat, je vous dis (pourtant j’aimais ça). J’avais la nausée à l’évocation de ces ressorts psychologiques d’une finesse hollywoodienne, de cette intolérance implicite mais totale, cette étroitesse de vue, cette vision inimaginablement univoque du monde et de la vie. Et d’ailleurs, quel monde ? On n’y songe même pas. Il n’existe pas. Il est loin, là-bas et il grouille d’une populace beaucoup moins «bien» que les gens du Comté de Moose. Même pour une série polar, ça faisait beaucoup.
   
   Bref, le Qwilleran et ses chats me sortaient par les trous de nez et je ne pouvais plus les voir en peinture alors que nombre de leurs volumes encombraient déjà mes rayons.
   
   Nous en sommes restés là, eux et moi.
   A vous de vous faire votre opinion.

critique par Sibylline




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