Lecture / Ecriture
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1979 de Jean-Philippe Blondel

Jean-Philippe Blondel
  Un minuscule inventaire
  1979
  Le passage du gué
  Juke Box
  Accès direct à la plage
  This is not a love song
  Le baby-sitter
  G229
  Et rester vivant
  06h41
  Un hiver à Paris
  La mise à nu
  Dancers
  La grande escapade

Jean-Philippe Blondel (né en 1964) est un écrivain français. Il enseigne également l'anglais en lycée.

1979 - Jean-Philippe Blondel

Fidélité de construction
Note :

   On pourrait penser qu’il s’agit d’un recueil de nouvelles liées juste à cette année 1979.
   
   Ce livre est en effet une succession de petites histoires, non dépourvues d’humour pour certaines, de personnages totalement différents qui se remémorent respectivement des évènements de leur vie durant cette année 1979.
   
   Ce que le lecteur va faire aussi si tant est qu’il la vécût et qu’il s’y passât quelque chose.
   
   Petit à petit ces histoires successives finissent, pour certaines, par se relier alors que d’autres resteront totalement parallèles même si l’une d’elle les réunit.
   
   Dans cette construction, certains retours en arrière s’imposent afin de ne pas se perdre et de retrouver le fil.
   
   Bien que l’épilogue soit effectivement assez intense, l’ensemble me paraît tout de même plus décousu et moins consistant que “Accès direct à la plage” (un des précédents livres de J.P. Blondel). Il est probable aussi que de lire ce deuxième livre relevant du même type de construction on veuille trop vite lier l’ensemble ce qui est peut-être une erreur. Il serait bon d’avoir l’avis d’un lecteur n’ayant pas lu le précédent.
   
   Un bien bon moment tout de même, fidèle à l’écriture très plaisante de cet auteur et à ses constructions originales !
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critique par Véro




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What's in a date?
Note :

   Un matin, les habitants d'un quartier d'une petite ville de province découvrent qu'une date a été taguée sur un mur: 1979. Tous se demandent pourquoi cette date a été inscrite et chacun pense qu'elle lui est adressée, se remémorant cette année, charnière pour certains, sans intérêt pour d'autres. Leurs destins se croisent jusqu'à la révélation finale.
   
   Deuxième roman de Jean-Philippe Blondel, “1979“ est aussi réussi que le premier, chers happy few, mais je l'ai trouvé paradoxalement plus sombre (je dis paradoxalement car certains événements d'Accès direct à la plage étaient pourtant aussi violents, voire plus que ce qui est raconté ici).
   
   Contrairement à ce que j'avais pu lire dans certains billets, je n'ai pas trouvé que la narration reprenait le même procédé que dans “Accès direct à la plage“: certes, les narrateurs sont multiples, ce qui permet de varier les points de vue, mais ils sont toujours les mêmes et le roman est bâti en quatre parties, portant chacune un chiffre extrait de la date, soit 1/9/7/9 (chaque chiffre indique le nombre de narrateurs qui va suivre). La partie 1 et l'épilogue sont pris en charge par le même narrateur, ce qui rend de ce fait la construction cyclique et parfaitement achevée.
   
   Chaque narrateur raconte à sa manière ce qu'évoque cette date pour lui dans les parties 9 et 7, puis l'histoire se déplace dans le présent dans la dernière partie, où il y a réunion des différents protagonistes et résolution de l'affaire, dans une structure qui n'est pas sans rappeler celle d'un roman policier. Le tout est au service d'une histoire de famille qui sert de prétexte (mais pas que) à d'autres histoires et j'ai beaucoup apprécié la façon dont la seule inscription de cette date sibylline sert de catalyseur pour décanter des histoires personnelles profondément enfouies, déterrer des secrets ou faire avancer des personnages jusque là englués dans une vie morne et triste. Cette date permet à chacun de tisser de nouveaux liens, que ce soit en renouant avec lui-même, avec sa famille, avec l'amour ou avec ses voisins, le tout dans une ambiance un peu feutrée (ni grandes démonstrations ni grandes manifestations mais plutôt des sentiments en demi-teinte).
   
   Comme dans “Accès direct à la plage“, je trouve que Blondel a un vrai talent pour camper ses personnages en quelques phrases très justes: il est le peintre un peu amer, un peu désenchanté, des petites vies des gens ordinaires.

critique par Fashion




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