Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

La ménagerie de verre de Tennessee Williams

Tennessee Williams
  La ménagerie de verre
  Le boxeur manchot
  La Nuit de l’iguane
  Soudain l'été dernier

Tennessee Williams est le nom de plume de Thomas Lanier Williams, auteur américain né en 1911 et décédé en 1983.

La ménagerie de verre - Tennessee Williams

Merveille irisée
Note :

   L'histoire d'une famille: la mère et ses deux enfants Laura et Tom. Le père est parti, les a abandonnés des années auparavant... Somme toute, c'est l'histoire banale de rancoeurs et des regrets que le père vagabond a laissés derrière lui. C'est l'histoire de désirs inassouvis et de rêves restés lettres mortes. Et surtout, c'est l'histoire de Laura, boiteuse et maladivement timide, qui préfère la compagnie de ses figurines de verre à celle des humains...
   
   C'est une histoire banale que Tennessee Williams raconte le plus simplement du monde. Son texte se déroule, simple, limpide, transparent. Et les indications de mise en scène, bien que très précises, ne viennent en rien troubler ces apparences de simplicité et de transparence. Bref, ce devrait être sans intérêt. Et non... Je ne comprends décidément pas par quel miracle une telle chose est possible, mais "La ménagerie de verre" est une merveille de poésie et d'émotion. A la lecture, comme à la scène, un moment de bonheur mélancolique. Une bulle irisée et fragile.
   ↓

critique par Fée Carabine




* * *



Oublier les notes de bas de page…
Note :

    Difficile de présenter un livre quand on a été amenée à le décortiquer à deux reprises dans le cadre de ses études. C’est pourtant ce qui est en train d’arriver à votre fidèle chroniqueuse qui vient tout juste de relire The Glass Menagerie et se demande comment elle pourra vous donner envie de découvrir ce titre qu’elle associe automatiquement aux longues heures passées à gribouiller dans la marge et à traquer la moindre allusion au personnage de Jim ou au thème récurrent de la solitude.
   
   Pourtant, The Glass Menagerie est une pièce qui mérite d’être lue. Jugez-en par vous-mêmes :
   
   L’histoire : aux Etats-Unis, dans les années sombres de la Dépression, les Wingfield vivent à l’écart du monde.
   
   Amanda, la mère, vit dans ses souvenirs et ne cesse d’évoquer la joyeuse époque où elle avait pour prétendants 17 fils de planteurs fortunés. Abandonnée par son époux, elle a dû élever seule ses deux enfants et se désole de voir qu’ils n’ont pas réussi. Au nom de son amour maternel, elle prétend gérer leur vie sans s’apercevoir de sa maladresse.
   
   Laura, la fille : à 23 ans, Laura passe ses journées à écouter de vieux disques et à nettoyer sa ménagerie de verre, une collection de petits animaux en verre. Boitant légèrement, Laura est maladivement timide et persuadée que tout le monde remarque son handicap. Incapable de nouer des amitiés, elle a abandonné ses cours de sténographie après être tombée malade pendant un test la rendant trop nerveuse. Vivant dans son monde, Laura ne semble pas voir qu’elle doit trouver un moyen de s’insérer de la société.
   
   Tom, le fils : travaillant dans une fabrique de chaussures pour subvenir aux besoins de sa famille, Tom est un poète malheureux qui déteste aussi bien son travail que l’appartement familial. Rêvant d’aventures et ne pouvant pas vivre librement chez lui, Tom sort tous les soirs, soi-disant pour se rendre au cinéma. Il rentre saoul et, comme son père, veut abandonner sa famille pour découvrir le monde et vivre pleinement sa vie.
   
   Jim : collègue de Tom invité chez les Wingfield au titre de prétendant pour Laura. Ancienne star de son lycée, Jim a moyennement réussi mais suit des cours du soir pour faire évoluer sa carrière et assouvir ses ambitions.
   
   Difficile de présenter simplement cette pièce après en avoir étudié les moindres détails. Voici cependant mon humble avis : très poétique, ce texte est à la fois dur et profondément émouvant. Les personnalités des Wingfield et de Jim sont de même extrêmement différentes et complémentaires, d’où le dynamisme et la vivacité des réparties. La tension, l’attente, le rejet et l’amour qui lient les personnages les uns aux autres donnent à leurs dialogues une intensité extraordinaire. Les effets scéniques (musique et lumière essentiellement) renforcent l’impression créée par des dialogues souvent psychologiquement violents. Malgré la musicalité des textes, cette pièce est avant tout une tragédie familiale. Après les joyeuses tempêtes annonçant l’orage, The Glass Menagerie se clôt par une dernière scène d’une cruauté extrême qui s’achèvera avec le naufrage des Wingfield.
   ↓

critique par Lou




* * *



Léger et tragique à la fois
Note :

   A l’occasion du centième anniversaire de la naissance de Tennessee Williams (1911-1983) la collection Bouquins vient de réunir pour la première fois, en un seul volume, ses principales pièces de théâtre, son roman "Une femme nommée Moïse" ainsi que ses Mémoires écrites entre 1972 et 1975 qui furent jugées si scandaleuses en Amérique.
   
    C’est une bonne occasion de mieux connaître cet auteur, dont nous ne connaissons en France qu’une vingtaine d'ouvrages sur la centaine qu’il a produits, parmi lesquels les plus connus : "Un tramway nommé Désir", "une chatte sur un toit brûlant", "La nuit de l’iguane".
   
   Sa première pièce, "La Ménagerie de Verre", a été jouée avec succès à New York en 1945 et deux films sont sortis en 1950 et en 1987.
   Je l’ai déjà vue une fois quand j’étais au lycée et elle m’avait enchantée. Je viens de la relire dans la nouvelle version française de Pierre Laville.
   
   Basée sur de nombreux aspects autobiographiques, c’est "une pièce de la mémoire" qui évoque en sept scènes ce qui aura été le centre de la vie de l’auteur dans les années 1932-1935, sa vie en vase clos entre sa mère et sa sœur, le père, joueur alcoolique, étant toujours absent, mais le vrai drame de la famille, c’est la schizophrénie de Rose, sa sœur chérie, très diminuée par une lobotomie subie en 1943, opération tragique qu’il ne se pardonna jamais d’avoir autorisée.
   
   La pièce se déroule dans un petit appartement où vivent trois personnes: la mère, Amanda, abandonnée par son mari alcoolique, le fils, Tom, qui se veut poète mais qui travaille à contre cœur dans un entrepôt de chaussures et enfin la fille, Laura, fragile et solitaire, d’une timidité maladive, qui passe son temps à écouter de vieux airs et à jouer avec des petits animaux en verre qu’elle collectionne. Elle est toujours ailleurs, enfermée dans son monde.
   Tom est à la fois le récitant et un des personnages. Il n’a qu’une envie : tout quitter comme son père et partir loin pour écrire et faire du cinéma.
   Quant à la mère, elle se montre tour à tour tyrannique, excentrique, chaleureuse et autoritaire, régentant et surveillant les moindres gestes de ses enfants, nostalgique de son passé qu’elle évoque sans cesse, coquette et rusée quand elle veut obtenir quelque chose. Marier sa fille est devenue son obsession.
   
   Justement, Tom invite un ami et la soirée sera mémorable. C’est la deuxième partie de la pièce. Avant, on attend des changements, après, tout sera différent.
   
   La pièce aura un grand succès et on comprend pourquoi.
   
   "La Ménagerie de Verre", dans sa nouvelle traduction, témoigne bien de la modernité de l'œuvre, légère et tragique à la fois, d’une grande sensibilité, aux passions extrêmes sur fond de solitude absolue et désespérée.

critique par Mango




* * *