Lecture / Ecriture
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La Comédie de Turin de Michael Krüger

Michael Krüger
  La Comédie de Turin
  Himmelfarb

La Comédie de Turin - Michael Krüger

De la vacuité littéraire (parfois)
Note :

   Présentation de l'éditeur :
   
   "Nous voici donc embringués dans une traque, qui nous emporte sur des pistes inattendues: que font tous ces animaux sur la terrasse du palazzo? Et surtout ces femmes qui entretenaient avec le héros/anti-héros, mais aussi avec le narrateur, des relations bizarres et complexes? Et que fait le narrateur, une fois de plus piégé, dans cet imbroglio biographique? Où est le roman annoncé? Cette enquête loufoque mêle le grotesque et la satire qui cachent une réflexion sur la littérature à travers ses vicissitudes contemporaines. Et si le roman n'était que le patchwork de la vie?"
   
   
     Cette "Comédie de Turin" est un roman acerbe et nerveux de 200 pages d'un auteur allemand que je ne connaissais pas, Michael Krüger, né en 43 et dont "Himmelfarb" a obtenu le Médicis étranger en 96.
   
    Rudolf, écrivain allemand, s'est suicidé à Turin. Comme des auteurs réels Cesare Pavese, Primo Levi, Franco Lucentini. Serait-on mieux dans le Piémont pour en finir? Le meilleur ami de Rudolf, exécuteur testamentaire, doit ordonner les papiers du grand homme afin d'en présenter le roman posthume, œuvre toute de génie et définitive qui enterrera une fois pour toutes tous les autres misérables romans. Le narrateur s'installe quelques jours dans la maison du maître, dans sa vie, parmi ses animaux et ses femmes, les premiers ayant été mieux appréciés par Rudolf. D'Eva, Elsa ou Marta on ne sait pas très bien laquelle détient en quelque sorte les droits moraux de la grande œuvre.
   
      Mais la vacuité littéraire, le creux abyssal, les probables plagiats s'avèrent une part non négligeable du grand œuvre du grand homme. Cesare, le vieux chien décrépit qui meurt juste après son maître, était peut-être le plus humain de cette comédie des mots, de ce baratin vénéré, qu'était en fait le legs littéraire de Rudolf. Le narrateur quittera Turin, pas trop dupe de cet imbroglio, pas trop indemne non plus de cette recherche dont on a tout lieu de penser qu'elle mène aux impasses de l'écriture, dont l'humanité crédule est parfois friande. Ce livre a l'étrange pouvoir de démolir un peu la littérature dans son imposture, mais de se rattacher au meilleur d'une littérature allemande passionante. Et de confirmer l'adage "qui aime bien châtie bien".

critique par Eeguab




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