Lecture / Ecriture
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Un refrain sur les murs de Murielle Magellan

Murielle Magellan
  Un refrain sur les murs

Un refrain sur les murs - Murielle Magellan

Mère-fille
Note :

   Isabelle est une petite souris, très occupée à se faire remarquer, à ne surtout pas briller, à ne pas se retrouver face à l'imprévu. Romane, sa fille est son exact contraire, feu follet à tous les sens du terme. Ecorchées par la vie chacune à sa manière. De 1987 à 2010, elles trouveront, chacune à sa manière, leur voie.
   
   J'ai retrouvé dans ce roman un petit quelque chose de Barbara Constantine, ou de Marie-Sabine Roger que j'aime tant pour leur fantaisie, leur humour, leur art du dialogue, leurs personnages. Un petit quelque chose seulement, parce que Murielle Magellan a sa musique bien à elle, sa manière de raconter deux histoires de vie, deux parcours de femmes qui finissent par se trouver et se réconcilier avec le monde qui les entoure. Un refrain sur les murs est une jolie histoire sur les hasards, sur l'imagination, la fantaisie, les relations entre une mère et sa fille, le mystère qu'est l'autre. Une jolie histoire qui m'a fait passer un agréable moment mais dans laquelle je ne suis jamais totalement rentrée. J'ai regardé se dérouler les vies d'Isabelle, So What le musicien, Romane et son frère sans m'attacher à eux, parfois un brin agacée même par l'aspect un peu caricatural des relations qu'ils entretiennent les uns avec les autres.
   
   Bref, une rencontre en demi-teinte, mais la curiosité d'aller regarder d'un peu plus près le premier roman de l'auteur!
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critique par Chiffonnette




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Les surprises de la vie
Note :

   Présentation de l'éditeur :
   
   Cette mélodie, elle la connaissait.
   D'où venait qu'elle l'entendait de nouveau en moins de deux jours? Avec cette façon similaire de décaler, de balancer les notes en dehors du temps, d'être fidèle puis de trahir... Rien en vue pourtant. Le hautbois devait s'extraire d'une rue transversale. D'ailleurs l'instrument s'était tu. Isabelle se demanda si elle avait rêvé, mais non. Les sons continuaient à résonner en elle, persistants. S'agissait-il du jeune homme à la tête étrange cette fois encore? Celui au regard flatteur? Ce serait un sacré hasard.
   Sous les dehors d'un conte de ta vie ordinaire, Murielle Magellan raconte l'étonnante renaissance, à trente ans d'intervalle, de deux femmes blessées: une mère et sa fille. Drôle, inventive, toujours bienveillante, Murielle Magellan a l'art de réenchanter la monotonie du quotidien au gré de petits miracles qu'elle fait surgir au coin de la rue.

   
   
   Je ne connaissais pas l'auteur mais je me suis laissée prendre à son rythme, à l'univers de ces deux femmes: Isabelle, soumise, invisible; et, en contrepoint, plus de 20 ans plus tard, Romane, sa fille, qui rue dans les brancards, s'agite, ose se montrer, joue avec la vie, avec sa vie. Mais même si c'est avant tout Isabelle que nous suivons, le final sera bien là pour lier les deux personnalités, les deux histoires de ces femmes sensibles et rebelles à leur manière. Les relations mère-fille sont une clé de ce roman, mais on y trouve beaucoup plus. La surprise est au coin de chaque page, comme elle peut surgir positivement ou négativement dans notre vie quotidienne. Après nos réactions différent et, parfois, l'entourage est surpris des choix faits étrangers à la personnalité qu'ils ont l'habitude de côtoyer. Ici, Isabelle la première se surprend par sa prime réponse à la sollicitation de ce jeune homme - enfin prime c'est un peu rapide à écrire... - Mais, l'élément déclencheur l'entraîne dans une suite de sursauts, de répliques plus ou moins amplifiées qui l'étonnent elle-même mais qui vont faire de cet été, un été inoubliable, même s'il reste incroyable et peut perturber les esprits sceptiques. Muriel Magellan conduit son personnage dans des méandres auxquels ni elle, ni le lecteur ne se seraient attendus et c'est bien cela qui m'a plu dans ce refrain.
   A la fin de cette période estivale, elle semble "avoir repris" ses esprits, mais grâce aux lignes de Romane on découvrira que ce mois d'août lui a permis de vivre une histoire à long terme et une relation certes idéalisée et, ainsi que je le soulignais, dont sa fille finira par douter de la vraisemblance, entraînant à sa suite le lecteur partagé entre ces sentiments, et la double lecture qu'il vient de faire. 
   
   Une écriture originale à mon sens qui ravira ou laissera de marbre.
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critique par Delphine




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Un grand grand roman
Note :

   Voilà bien longtemps que je n’avais pas eu un pareil coup de cœur – depuis la lecture du dernier Irving! C’est peu dire!
   Je m’y attendais si peu pourtant en lisant la quatrième de couverture où il est question de découvrir, sous les dehors d’un conte de la vie ordinaire, "l’étonnante renaissance, à trente ans d’intervalle, de deux femmes blessées, une mère et sa fille". Oui, bon, me suis-je dit, je ne connais pas l’auteur… un tel résumé… ça peut être tout et n’importe quoi… voyons un peu… sans conviction…on ne sait jamais…
   Et voilà qu'après avoir pris plaisir à prendre le volume en main, à le soupeser, le humer, caresser sa couverture, lisse comme de la soie, constaté la brièveté des chapitres, la facilité de la lecture grâce à une encre bien contrastée et bien noire, une typographie élégante et suffisamment large sur la page bien blanche, je n’ai pas pu le lâcher et j’ai lu sans discontinuer, abandonnant toutes mes autres activités, comme je ne le fais que pour les grands moments de lecture toujours trop rares mais qui demeurent ensuite inoubliables.
   
   Le récit commence en 1987 avec Isabelle, la mère divorcée, professeur de physique qui vient de conduire à la gare ses deux enfants pour les laisser à leur père le temps du mois d’août. Elle n’aspire qu’à une chose: que ce mois finisse et que sa vie reprenne «dans ses bons chaussons d’automne.» Soudain, un air de hautbois retient son attention, joué par un musicien vagabond.
   Que va-t-il se passer entre ces deux êtres solitaires mais si opposés le temps d’un mois d’été dans cette grande ville déserte quand l’un accueille l’autre dans son appartement pour repeindre la chambre de sa fille? Pas si simple! Pas si évident avec de tels écorchés vifs! Rien de banal en tout cas mais une rencontre qui laissera des traces et qui bouleversera la vie … de qui au fait?
   La mère, l’homme, la fille? So What…
   
   Et l’art dans tout ça? L’imaginaire? La recherche, toujours la recherche, le vide à combler, toujours… l’autre, les autres… les secrets, les silences, la découverte d'un passé différent de ce que l’on croyait et sa mère, autre, tellement autre…, la vie, la mort, l’inconnu, l’amitié, l’amour… tous les grands thèmes sont là… sobres, pudiques, mine de rien… un éblouissement!
   
   Le titre ne m’avait pas particulièrement attirée et voilà que je le trouve parfait!
   Un refrain sur les murs: c’est ça… juste le résumé de toute l’histoire. A prendre dans sa plus simple vérité: les murs chantent et continueront longtemps à chanter, ceux de la petite chambre d’abord et puis ceux de la ville et puis et puis… le refrain s’envole: n’enfermez jamais personne dans les musées. De l’air, du grand air, l’art au soleil, dehors, à tout va, à tous vents.
   
   Un grand grand roman, tout simple pourtant mais qui m’a fait rêver tout en m’étonnant!

critique par Mango




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