Lecture / Ecriture
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Crime passionnel de Ludwig Lewisohn

Ludwig Lewisohn
  Le Destin de Mr Crump
  Crime passionnel

Crime passionnel - Ludwig Lewisohn

Avant Philip Roth
Note :

   Né à Berlin en 1883 Ludwig Lewisohn a sept ans quand il débarque en Amérique. Il est l'un des premiers écrivains "juifs américains", une mouvance qui mène à Isaac Bashevis Singer, Saul Bellow, Philip Roth par exemple. Le terme mouvance est impropre. On peut cependant trouver un socle commun à ces écrivains, un certain souffle très critique, voire destructeur des valeurs historiques américaines. Lewisohn épingle le conformisme mais j'ai souvent écrit, et je pense que ceci est essentiel, que l'anticonformisme se transforme très vite en recette néoconformiste. Le roman "Crime passionnel" n'échappe pas à ce travers. Ce n'est pas à mon avis le défaut majeur de ce livre.
   
   Publié en 1930 il s'agit, du moins on le croit au début, de l'amitié entre trois étudiants dont l'un est juif.Stephen le narrateur et David deviendront avocats et Oliver, riche héritier, éditeur. Mais "Crime passionnel" ne s'intéresse guère à leur vie quotidienne ou leurs éventuelles frasques car il m'ont tous semblés bien désincarnés.
   
      Difficile dans ces conditions de se passionner pour la teneur essentielle du roman, c'est à dire l'analyse, bavarde et souvent par trop abstraite, des rapports entre puritanisme issu du Mayfower et sexualité qui, dit-on, fascina Freud à la lecture du premier roman de Ludwig Lewisohn, "Le destin de Mr. Crump". Les suffragettes sont passées par là et l'antisémitisme se renifle à la manière américaine, mâtinée de souvenirs du Kaiser. Alors il y a bien un meurtre dans "Crime passionnel", qui ne m'a pas vraiment réveillé bien qu'occupant le dernier tiers du roman, presque uniquement l'entretien entre le coupable et ses avocats Stephen et David. Considérations sur le féminisme, l'infidélité, la famille. Pardon, j'ai trouvé ça oiseux, verbeux. Vive la Bibliothèque Guy de Maupassant de ma bonne ville qui donne à lire gratuitement à tous. Personne ne m'avait jamais parlé de Ludwig Lewisohn. Je n'en vivais pas plus mal.

critique par Eeguab




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