Lecture / Ecriture
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Univers, univers de Régis Jauffret

Régis Jauffret
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Régis Jauffret est un écrivain français né en 1955 à Marseille.

Univers, univers - Régis Jauffret

50% de trop
Note :

   Une femme met un gigot au four. Commence une longue, très longue digression sur les infinies personnages possibles, rêvés, putatifs, probables, croyables ou incroyables que cette inconnue pourrait revêtir.
   Un univers de possibles où Jauffret nous entraine avec un certain brio. En une page, il n’est pas rare que cette femme en soit dix, douze, quinze, vingt. Elle change de nom, de prénom, de mari, de passé, de présent et de futur.
   Puis, les pages défilant, certains univers sont plus explorés que d’autres, certains passés font l’objet d’une description sur dix pages.
   Quelques personnages, comme ce couple insupportable, les Pierrot, de bobos qui n’ont de cesse d’agrandir leur résidence avec piscine et d’organiser des dîners avec baignades obligatoires, structurent un récit tourbillonnant.
   Des thèmes apparaissent comme récurrents. Ils hantent ces univers parallèles, donnent des pistes sur les angoisses qui habitent cette femme.
   A-t-elle été parricide, infanticide? A-t-elle assassiné son mari? Elle a des flashes d’univers carcéral dont elle sort parfois indemne, parfois détruite, parfois morte.
   Parfois aussi, pour mieux nous dérouter dans ce roman à part, très spécial, nous nous retrouvons au détour d’une phrase, d’un mot ou d’un chapitre dans la peau d’un des possibles maris.
   Chacun de ces êtres suit un passé spécifique. Rares sont les parcours linéaires. Souvent, le meurtre, la violence, la drogue peuplent une enfance où une adolescence tumultueuses. Parfois, une fois adultes, une vie rangée, lisse, efface un passé plus ou moins lourd.
   Le gigot connaît lui aussi un sort qui varie au fil des personnalités empruntées. Dans tous les cas, c’est à une femme désespérée, désemparée, déstructurée, déboussolée que nous avons à faire. D’ailleurs existe-t-elle vraiment?
   
   Très moderne par sa structure, ce roman finit cependant par lasser. 300 pages eussent largement suffi à servir de trame à un délire onirique et littéraire qui provoquera adhésion ou rejet. Pas de juste milieu possible.
   Mais voilà, le roman en fait 600 et là, c’est overdose!
   
   Toutefois, d’autres auront apprécié car ce roman s’est vu décerné le prix Décembre 2003.
   Une curiosité à découvrir, quitte à l’abandonner avant la fin…

critique par Cetalir




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