Lecture / Ecriture
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La Dormeuse de Naples de Adrien Goetz

Adrien Goetz
  Intrigue à l’anglaise
  La Dormeuse de Naples
  Le Coiffeur de Chateaubriand
  Intrigue à Giverny
  Ados: Les oiseaux de Christophe Colomb

Adrien Goetz est un historien de l'art et écrivain français, né en 1966.

La Dormeuse de Naples - Adrien Goetz

Si cela ne s'est pas passé comme cela, au moins cela aurait pu...
Note :

   Présentation de l'éditeur
   
   "Qui était la femme peinte par Ingres dans "La dormeuse de Naples", dont il disait qu'elle était "déjà peinte", tant sa beauté était parfaite? Où se trouve le tableau, disparu en 1814? Trois cahiers imaginaires nous invitent à mener l'enquête: une confession du peintre, hanté par le souvenir de son modèle, un manuscrit de Corot, qui a entrevu la toile dans un souterrain, et celui d'un peintre inconnu, ami de Géricault. Un roman envoûtant sur un des plus grands mystères de l'histoire de l'art."

   
   
   Commentaire

   Je ne suis pas une connaisseuse en art, loin de là. Toutefois, quand on parle d'Ingres, je peux évoquer quelques tableaux, vus au Louvre surtout mais - à mon souvenir - aussi au musée d'Orsay, si ma mémoire est bonne. Quand j'ai réalisé qu'il s'agissait de l'histoire d'un tableau d'Ingres disparu (je ne lis pas les quatrièmes de couverture), j'ai tout de suite été interpellée. Il faut dire que contrairement à plusieurs, j'aime beaucoup l'histoire romancée, quand c'est assumé et ici, ce l'est pleinement. L'auteur a imaginé qui pouvait être cette dormeuse et ce qui pouvait être advenu du tableau. Les tableaux et certaines dates sont réelles mais l'histoire est inventée, pour mon plus grand plaisir.
   
   Trois parties, trois voix, trois peintres, une femme peinte: la Dormeuse de Naples. Cette peinture a réellement existé mais est disparue depuis longtemps, perdue ou détruite, nul ne le sait. Ce roman, c'est tout d'abord la fascination d'un peintre, Ingres, pour une jeune femme croisée dans la rue, qui incarne selon lui l'idéal de la beauté. Elle posera longtemps pour lui, qui la peint, fasciné et envoûté. Le peintre Corot et un élève de Géricault auront aussi l'occasion de voir cette œuvre entourée de mystère.
   
   J'ai énormément aimé ce roman où on sent certes l'érudition mais où elle ne nous est jamais imposée. C'est la toile de fond, pas l'essentiel. Vous savez, le genre de roman qui donne le goût de lire davantage sur les figures qui y sont esquissées? Parce que c'est avant tout une ode à la beauté, sur les beautés différentes selon l’œil qui la regarde mais aussi une ébauche de réflexion sur l'art, sur la façon de l'actualiser, surtout. J'ai voyagé dans ce roman. À Naples et à Rome surtout mais aussi dans le temps, à l'époque où les peintres s'asseyaient devant leur chevalet pour peindre en pleine ville et où ils vivaient autour de leurs ateliers avec leurs élèves et leurs apprentis.
   
   Les trois voix sont différentes, plus ou moins fluides, plus ou moins passionnées... Celle d'Ingres maladroite mais qui s'envole parfois, quand il parle de cette femme qu'il a aimée. Voix qui murmure presque quand on sent la douleur de la perte. La voix de Corot, peintre de paysages, qui a aperçu le tableau et qui l'a recherché le reste de sa vie. Finalement, la voix du rapin de Géricault, plus terre à terre, intrigué mais moins lyrique, qu'il parle du tableau ou de l'art en général. Trois voix qui nous mènent dans une quête que l'on sait impossible, mais où nous sommes quand même emportés.
   
   Un court roman (il fait à peine 110 pages) qui nous fait vivre dans une bulle pleine d'images et de beauté pendant toute notre lecture... et qui nous donne envie d'y croire, même si nous savons que c'est un roman. Beaucoup de questions, de pistes, peu de réponses... mais qu'importe! Dans mon cas, la magie a parfaitement fonctionné!

critique par Karine




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