Lecture / Ecriture
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Le roman de Bergen - 2 - Le zénith de Gunnar Staalesen

Gunnar Staalesen
  Anges déchus
  Le loup dans la bergerie
  La Belle dormit cent ans
  La nuit tous les loups sont gris
  Le roman de Bergen - 3 - Le crepuscule
  Le roman de Bergen - 1 - L'aube
  Le roman de Bergen - 2 - Le zénith
  Fleurs amères
  Comme dans un miroir
  L’Enfant qui criait au loup

Gunnar Staalesen est né à Bergen, en Norvège, en 1947. Il fait des études de philologie et débute en littérature à 22 ans. Il se lance peu à peu dans le roman policier et crée en 1975 le personnage de Varg Veum, qu'il suivra dans une douzaine de romans.
(Source éditeur)


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Le roman de Bergen - 2 - Le zénith - Gunnar Staalesen

Le zénith d'une saga norvégienne
Note :

    J'avais quitté Bergen et ses protagonistes à l'aube de grands changements politiques en Europe, j'ai retrouvé tout mon petit monde dans la tourmente de la montée du nazisme et les affres de la Seconde Guerre mondiale.
   
   Hjalmar Brandt est allé séjourner dans la jeune, turbulente et sanglante URSS où les purges staliniennes font des coupes sombres dans l'élite intellectuelle, militaire et politique. Son admiration pour le communisme reste encore intacte malgré une défiance due aux exactions du Petit Père des Peuples. En Norvège, le parti communiste se scinde en deux factions, l'une se rapprochant plus du socialisme, l'autre se radicalisant sur ses positions. Brandt se retrouve dans l'incapacité de choisir son camp, comme naguère il l'a été lors de la funeste soirée qui scella le sort de Tordis. Brandt, champion de l'indécision, éternelle indécision qui rongera son talent et son inspiration.
   
   Les échos de la Guerre d'Espagne parviennent en Norvège tandis que Wilhelm Helgesen, en compagnie de la belle Sigrid, part assister aux Jeux Olympiques de Berlin. Le choc est immense pour les deux époux: le prestige nazi les fascine et les beaux yeux bleu d'acier d'un beau jeune homme, Friedrich Schneider font chavirer Sigrid dans les délices de l'adultère et la sensation enivrante d'accéder à une part de pouvoir de la race des seigneurs. Ils reviennent à Bergen subjugués et ne rêvant qu'à faire partie du grand empire germanique, seul capable de refouler et abattre le spectre communiste incarné par l'URSS.
   
   Gunnar Staalesen fait vivre son lecteur au rythme de l'Histoire et des histoires en marche: les conflits sociaux, l'exode rurale, la modernisation d'une civilisation, l'amour, la haine, la passion, le courage et la lâcheté sans que l'attention se relâche! J'attends avec gourmandise les indices, un peu plus conséquents, au sujet du fameux meurtre du consul Frimann: Staalesen lâche quelques pistes tout en faisant disparaître, un à un, les protagonistes de l'époque bien lointaine du début de XXè siècle! Moland et Kristine Pedersen se font bien vieux et ne vont pas tarder à achever leur partition... le suspense est à son comble d'autant que l'ancien collègue de Moland, l'inspecteur Berstad, quitte aussi la scène. Le lecteur est soumis à la torture et commence à se douter qu'elle ne prendra fin qu'au bout de la saga (ahhhh, les cruautés sadiques des auteurs de polar sont grandioses et à la limite de la perversité!)... la maison de Kristine revient à une de ses nièces et on apprend que dans le grenier de nombreux souvenirs, chers au cœur de Kristine, sont précieusement conservés: y aura-t-il quelqu'un pour y mettre le nez et offrir au lecteur avide et presque désespéré quelques pièces maîtresses de ce puzzle infernal? Il va sans dire que le troisième volet de ce triptyque littéraire est attendu avec convoitise et délectation!
   
   L'écriture de Staalesen est toujours aussi puissante, aussi évocatrice et matrice d'images, d'odeurs et de bruits: le lecteur est toujours en plein cœur de l'action et suit avec angoisse le malaise de plus en plus étouffant vécu par la communauté juive de Bergen qui jusqu'au bout n'ose croire au pire. La famille Liebermann en fera la triste et amère expérience: seul le frère aîné, Josef, en reviendra car il a su avoir le courage de fuir au bon moment. Il reviendra, la rage au cœur et l'envie terrible et irrépressible de se venger sur la fille de Wilhelm et Sigrid. Mais l'appartement sera toujours orphelin des notes du piano de Ruth et Rebekka.
   
   L'après-guerre est la lente convalescence de la Norvège qui panse ses blessures et se met en route vers la reconstruction. Le quotidien sordide revient en force, malgré les horreurs de la guerre et de l'Occupation, les atrocités ne semblent jamais s'achever: une fillette a disparu, les forces de police, dont Christian Moland, se lancent à sa recherche... Christian Moland aura-t-il à porter une affaire trouble non résolue, comme son père a porté le mystère de la mort du consul Frimann?
   
   C'est sur cette note qui inquiète tout en provoquant curiosité et multiples interrogations que s'achève "Le Zénith". Bergen est presque au faîte de son apogée, les rejetons des protagonistes de "L'aube" sont au mitan de leur vie et se retrouvent à l'heure des bilans: qu'ont-ils fait de leur vie, regrettent-ils leur jeunesse, leurs engagements, leurs idées? Les uns furent des Icare modernes (le soleil nazi a brûlé plus d'une paire d'ailes) et durent choisir entre la mort ou la fuite aux antipodes, les autres réussirent à suivre la voie qui s'est avérée être la bonne et purent construire et bâtir leur avenir.
   Le souffle épique attise les braises du mystère et le lecteur ne peut qu'être admiratif devant tant de brio dans la construction d'une œuvre de haute tenue.
   
   
   
   Le roman de Bergen est publié en France en 6 volumes :
   
   2 tomes pour "L'aube"
   2 tomes pour "Le zénith"
   2 tomes pour "Le crépuscule"
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critique par Chatperlipopette




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De 1945 à 1962
Note :

   Ok. Ça va être un billet à moi de moi. Il y a 6 tomes dans cette saga historique (bon… 3 tomes séparés en deux… je me comprends) et celui-là est le 4e. Du coup, pour ceux que ça intéresse, je vous dirai juste que Le roman de Bergen porte très bien son nom. Il nous raconte tout le 20e siècle de cette ville de Norvège en suivant les destins entrecroisés de plusieurs familles de plusieurs classes sociales. Il y a un fil rouge, assez ténu, celui d’un crime non résolu qui a amorcé le premier tome.
   
   Ce tome nous fait vivre les années 1945 à 1962. C’est l’après-guerre, la chasse aux nazis et la guerre froide. On voit disparaître la plupart des protagonistes du premier tome avec un petit pincement au cœur et on s’attache à de nouveaux personnages. Bref, on déménage en Norvège le temps d’une série de romans. Il me manque juste un arbre généalogique pour démêler comme il faut tout ce petit monde sans avoir à me casser la tête. Heureusement que l’auteur nous place habilement quelques petits rappels ici et là.
   
   Un roman sur fond de jazz et de rock n’ roll et un tome qui s’est lu tout seul, contrairement au tome 3 qui avait un peu traîné en longueur. Et bien entendu, comme à chaque fois, un événement de folie conclut l’histoire. Comment ne pas avoir envie de continuer hein? Le tome 5* est déjà réservé!
   
   * ou première partie du 3

critique par Karine




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