Lecture / Ecriture
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L'île des chasseurs d’oiseaux de Peter May

Peter May
  L'île des chasseurs d’oiseaux
  Meurtres à Pékin – 1
  Série chinoise – 2-3-4-5-6
  L'Homme de Lewis
  Jeux mortels à Pékin - 5
  Le braconnier du lac perdu
  L'île du serment
  Les Fugueurs de Glasgow
  Terreur sur les vignes

Peter May est un scénariste de télévision et romancier écossais né en 1951.

L'île des chasseurs d’oiseaux - Peter May

Plongée amère dans le passé
Note :

   Fin est inspecteur à Edimbourg, la capitale de l’Écosse. Il est originaire d’une île des Hébrides, l’île de Lewis, qu’il a été heureux de quitter une fois adolescent pour entrer à l’université. Mais un meurtre macabre a été perpétré sur cette île, rappelant étrangement un meurtre récent à Edimbourg. Fin est affecté à l’enquête: c’est une plongée sombre et douloureuse dans le passé qui l’attend, rendue plus dramatique encore par la perte de son fils de huit ans. L’île de son enfance n’a pas encore révélé à Fin tous ses secrets…
   
   Ce policier atypique figure parmi mes grands coups de cœur du prix Cezam 2011 auquel je participe. Avant de lire «L’île des chasseurs d’oiseaux», j’ai eu l’occasion de rencontrer l’auteur: sa lecture a posteriori a ainsi pris une saveur supplémentaire. J’avais en tête les belles photos de l’île de Lewis qui étaient en exposition à la médiathèque où je me suis rendue pour la rencontre (j’ai pu voir des portraits de chasseurs d’oiseaux, une photo de gugas, vivants, puis prêts à être mangés). Je me souvenais des paroles simples de Peter May sur son livre et son parcours d’écrivain, magnifiées par son bel accent écossais.
   
   Son livre m’a enchantée d’un bout à l’autre sans que mon attention se relâche. J’ai aimé la construction de l’histoire, une construction assez classique, mais qui permet d’éviter l’ennui et qui donne la possibilité à l’auteur de dévoiler des secrets progressivement: on note une alternance entre des récits de l’enfance de Fin sur l’île de Lewis (récits écrits en "je") et le récit au présent de l’enquête de l’inspecteur Fin sur cette même île. Cette plongée d’un adulte dans son passé m’a beaucoup plu: comment renouer des liens avec des personnes des dizaines d’années plus tard alors qu’on a vécu avec elles des événements douloureux? La rencontre ne risque-t-elle pas d’être teintée d’amertume et de rancœur qu’on ne pourra plus dépasser? Quelle œuvre le temps et la mémoire opèrent-ils sur les hommes? Fin va revoir nombre d’amis d’enfance blessés par la vie et apprendre des secrets qu’il avait enfouis au plus profond de lui même: il ne reviendra pas indemne de son voyage…
   
   J’ai tout particulièrement aimé le chapitre qui décrit le premier voyage de Fin enfant sur l’île des chasseurs d’oiseaux: les descriptions des paysages chaotiques, des conditions météorologiques épouvantables, de la chasse en tant que telle, sont magnifiques. La tension dramatique est à son maximum et se cristallise à la fin du chapitre: le lecteur comprend alors que cette île cache bien des énigmes que Fin adulte va essayer de percer. En lisant ce chapitre, je me suis souvenu des paroles de Peter May lors de la rencontre: lorsqu’il a goûté pour la première fois un guga, il a eu la surprise de constater qu’il avait la texture du canard et le goût du poisson. L’auteur a bien connu cette île: il y est resté 5 ans pour tourner un film. Il a ainsi pu faire de nombreuses rencontres et observer les paysages et le climat. Il a pu se rendre également sur l’île des chasseurs d’oiseaux.
   
   Ce policier est véritablement atypique: les éditeurs anglais ont dans un premier temps refusé le manuscrit, car il ne respectait pas les canons du policier britannique. L’éditeur français «Le Rouergue» l’a accepté et ce roman, écrit en anglais, s’est vu publier pour la première fois en français. Ce policier est aussi un magnifique roman d’amour, une ode à l’île de Lewis et aux coutumes de ses habitants, une belle invitation au voyage sur une île écossaise au climat âpre et rugueux, à l’image de ses paysages.
   
   Un beau roman qui donne envie de voyager, qui tient en haleine le lecteur d’un bout à l’autre, qui le fait vibrer grâce à son suspens, ses magnifiques descriptions et aux divers sentiments qu’il soulève, dans une gamme très large depuis l’amour absolu jusqu’à la haine la plus profonde. Une plongée terrifiante dans le passé dont on ne ressort pas indemne…
   
   
   Trilogie avec Fin MacLeod
   
   1 - L'île des chasseurs d'oiseaux

   2 - L'homme de Lewis
   3 - Le Braconnier du Lac Perdu
   
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critique par Seraphita




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Un huis clos cruel au cœur d’une île
Note :

   L’inspecteur Fin Macleod a grandi sur une île où il n’a pas remis les pieds depuis plus de 15 ans. Mais un assassinat qui ressemble étrangement à celui sur lequel il enquête fait qu’on le charge de se rendre sur place. La victime n’est autre que l’un de ses anciens camarades, l’affreux Ange, jadis chef de bande cruel.
   
   L’occasion pour Fin de retrouver ses amis d’enfance : à commencer par Artair, son camarade de l’époque, dont le père avait pris Fin, alors orphelin vivant avec sa tante, sous sa coupe. Suivant de près sa scolarité, il lui donne des leçons particulières, qui lui permettront d’étudier à l’université. Il retrouve aussi son amour de jeunesse, Marsaili, aujourd’hui marié à Artair. Quant au père d’Artair, il a perdu la vie à ce moment là, en voulant sauver celle de Fin, alors qu’il l’avait obligé à se rendre sur l’île aux oiseaux, où une douzaine d’hommes se retrouvent chaque année, pour y tuer des oiseaux nicheurs. Et il rencontre aussi Donald, le fils du pasteur, qui a suivi les traces de son père ou Calum, le souffre douleur d’alors.
   
   Un super polar qui nous plonge dans les souvenirs d’enfance de Fin. L’auteur nous dévoile petit à petit les différents moments clé de son passé dans cette Ecosse à la nature sauvage. Pas toujours facile de se retrouver confronté des années après avec les êtres avec qui on a partagé des événements dramatiques. Le récit alterne entre passé et présent, la clé du crime se trouvant dans cet entre-deux. L’auteur construit habilement son récit et il est difficile de lâcher ce polar psychologique qui ménage le suspens, sur fond d’amitié, de trahison et de rivalités.
   
   Ne ratez pas ce roman particulièrement réussi, et prenant de bout en bout. L’élucidation du meurtre sera l’occasion de découvrir les liens complexes qui unissent ces différents copains d’enfance, blessés par des vies brisées.
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critique par Éléonore W.




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Début d'une super série
Note :

   "Le sentiment qu'ils avaient tous gâché leurs vies, qu'ils avaient d'une certaine manière laissé passer leurs chances par stupidité ou négligence, lui pesait sur les épaules. Et ce n'étaient pas les nuages noirs qui s'accumulaient au-dessus du Minch, ni le froid de l'Arctique porté par un vent de plus en plus puissant qui pouvaient lui remonter le moral".
   
   L'inspecteur Fin Macleod est sous le coup de la perte de son fils unique. Son couple bat de l'aile, sa femme Mona et lui n'ont plus rien à se dire ou à partager. Il n'est même pas certain de vouloir rester dans la police. C'est à ce moment-là que son chef l'envoie enquêter sur son île natale, où un meurtre vient d'être commis, présentant des similitudes avec une affaire qu'il a suivie à Edimbourg.
   
   Fin a quitté l'île Lewis il y a 18 ans et n'y a pas remis les pieds depuis, n'y ayant de que sombres souvenirs. En revenant, il retrouve nombre de ses copains d'enfance, et les chapitres vont alterner entre l'enquête actuelle et les évènements du passé. Mais ce qu'il craint le plus, c'est de revoir la belle Marsaili, qu'il a follement aimée.
   
   Fin va être confronté à une part sombre qui lui empoisonne la vie sans qu'il parvienne à l'identifier. Nous allons le suivre pas à pas dans sa quête de recherche du coupable d'une part, et de sa vérité profonde d'autre part. Le tout sur fond de rigorisme protestant, de vieilles rancunes, d'anciennes amours, de paysages sombres et grandioses, balayés par les vents.
   
   C'est un roman magnifique où l'on entend la langue gaélique, l'écho de légendes qui ont la vie dure, la nature dans toute sa splendeur et sa dangerosité. A Lewis, on prouve que l'on est un homme en partant chaque année sur un îlot en pleine mer, An Sgeir, où l'on tue le guga (fou de bassan) pendant une semaine en bravant les falaises à pic et les éléments déchaînés.
   
   C'est là qu'un dénouement âpre et glacial finira d'emporter le lecteur définitivement conquis et emballé.
   
   J'ai lu le deuxième "L'homme de Lewis" et je peux déjà vous assurer qu'il tient toutes les promesses de celui-ci. Le troisième est réservé à la bibliothèque. Autrement dit, à lire absolument.
   
   
   Prix "les Ancres Noirs 2010"
   Prix "Cezam Inter CE 2011"

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critique par Aifelle




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Retour au pays... mouvementé
Note :

    Né en 1951 à Glasgow, journaliste, scénariste de la télévision écossaise, Peter May vit aujourd’hui dans le Lot et se consacre à l’écriture. Premier roman de la trilogie de Lewis (L’homme de Lewis, Le braconnier du lac perdu)
    L’île des chasseurs d’oiseaux (trad de l’anglais) A vue d’œil 2012
    Un vieux hangar à bateaux, la mer qui va et vient sur la plage, idyllique pour ces deux jeunes en recherche d’intimité. Comment imaginer qu’ils vont se trouver nez à nez avec un homme pendu à une des poutres de la charpente!
   
    Pour la police d’Edimbourg, ce meurtre perpétré à Stornoway sur l’île de Lewis dans les Hébrides ressemble beaucoup à un crime commis dans leur secteur il y a quelques mois. Elle dépêche l’inspecteur Fin Macleod qui a passé toute sa jeunesse sur l’île pour essayer de trouver le lien qui relie les deux affaires. Il est plus à même de comprendre la mentalité de ses habitants.
   
    Un climat rude, un paysage austère, une vie difficile ont forgé le cœur et l’esprit de ces hommes et de ces femmes durs à la tâche, les ont rendus mutiques, secrets. Seul un des leur pourra les libérer de leur méfiance. Pour Fin un retour aux sources qui l’aidera peut-être à faire le deuil de son jeune fils de huit ans tué par une voiture il y a peu de temps. A son arrivée, il apprend que le cadavre est celui d’un ancien camarade de classe, enfant pervers, méchant, sadique, aujourd’hui détesté de tous.
   
    Alternant enquête et souvenirs d’enfance, Fin refait le chemin de sa jeunesse, se souvient des événements heureux et tragiques qui ont marqué sa vie et celle de son meilleur ami resté sur l’île après la mort de son père, mari alcoolique et désabusé de sa petite amie de l’époque. Une atmosphère à la Simenon, un monde de non-dits, des personnages cadenassés que Fin va devoir amener à collaborer pour découvrir la vérité passée et présente.
   
   Un roman prenant, envoûtant dont l’île de Lewis est le personnage principal, silhouette noire dans les brumes de l’océan.
   
   A noter, du même auteur, une série chinoise de six romans policiers publiés chez Babel.

critique par Michelle




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