Lecture / Ecriture
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Clarissa de Stefan Zweig

Stefan Zweig
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  Amok
  Wondrak
  Marie-Antoinette
  Vingt-quatre heures de la vie d'une femme
  Lettre d’une inconnue
  Le voyage dans le passé
  La Confusion des sentiments
  Brûlant secret
  Un soupçon légitime
  Conscience contre violence
  Le Monde d’hier
  Journaux
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  Un mariage à Lyon
  La peur
  Erasme
  Les très riches heures de l’humanité
  Destruction d'un cœur
  Nietzsche
  Le Chandelier enterré
  Balzac - Le roman de sa vie
  Romain Rolland / Stefan Zweig : Correspondance 1910-1919

Stefan Zweig est un écrivain, dramaturge, journaliste et biographe autrichien né en 1881 à Vienne en Autriche-Hongrie, il s'est suicidé avec son épouse en 1942, au Brésil.

Clarissa - Stefan Zweig

Comment ça, pas fini!?
Note :

   Présentation de l'éditeur
   
   « "Le monde entre 1902 et le début de la Seconde Guerre mondiale, vu à travers les yeux d’une femme": ainsi Stefan résumait-il le thème de ce roman, entrepris dans les derniers temps de sa vie et retrouvé dans ses archives.
   Clarissa, fille d’un militaire autrichien, est née en 1894. À l’aube du premier conflit mondial, elle rencontre à Lucerne, en Suisse, un jeune socialiste français, Léonard, qui n’est pas sans évoquer Romain Rolland. La guerre les sépare, mais Clarissa attend un enfant.
   Dans l’Europe déchirée, en proie à l’hystérie nationaliste, son acceptation de cette maternité va devenir, plus qu’une décision personnelle: un destin et un symbole.
   Une œuvre testamentaire où le grand écrivain autrichien résume, de façon poignante, son idéal humaniste et son désespoir.»

   
   
   Commentaire
   
   Si vous allez sur Wikipedia, vous verrez immédiatement "roman inachevé de Stefan Zweig". Inachevé. Voilà. Je ne le savais pas et quand j'ai refermé le livre, j'étais plus que perplexe, c'est le moins que l'on puisse dire! Je ne reconnaissais pas du tout Zweig qui nous laissait en plan sur une phrase au lieu de boucler son récit comme il le fait pratiquement toujours. Bref, je ne savais absolument pas quoi dire.
   
   Il m'est toujours difficile de parler d'un roman inachevé. J'ai toujours l'impression de manquer d'informations pour comprendre ce qu'a voulu me raconter l'auteur, pour faire les liens nécessaires. Mais connaissant un peu mieux Zweig, (bon, pas assez pour savoir que Clarissa était un roman inachevé, visiblement, me direz-vous), j'y ai quand même vu plusieurs de ses thèmes de prédilection; l'humanisme, son désir d'Europe entière et unie dans l'art. Tout ça à travers l'histoire de Clarissa, fille d'un militaire stratège de guerre, qui tombe en amour avec un Français, juste avant le début de la guerre.
   
   Comme toujours, Zweig m'enchante avec sa plume et sa façon de raconter, de faire naître des images et surtout une rivière de mots qui m'emmène toujours ailleurs. Pourtant, c'est un récit moins tourbillonnant, moins passionné que ce que j'ai lu auparavant. Tout au long de ma lecture, j'ai attendu la chute, le moment où tout basculera dans la passion, la folie, l'excès mais non. Si on sent les idéaux de Zweig (principalement dans le personnage de Leonard mais aussi dans le professeur qui engage Clarissa), il nous les expose de façon plutôt simple et réaliste. Clarissa est une jeune femme ancrée dans la réalité qui doit, par la force des choses, se positionner par rapport au monde et à ses propres valeurs qui seront bouleversées par les circonstances. La guerre est en toile de fond, toujours présente, comme un souffle, une ombre qui teinte le roman, sans voler la vedette à ces personnes ordinaires, celles dont le quotidien sera modelé par elle.
   
   Si je crois que je préfère Zweig plus "exalté" (ce mot n'est pas nécessairement juste... mais c'est la sensation qu'il me donne généralement), ce portrait juste de petites humanités m'a beaucoup plu et a su me rappeler les idées plus longuement développées dans "Le monde d'hier". Une belle lecture mais elle n'entrera pas dans mon Zweig-panthéon, surtout, je le crois, à cause de la fin brutale à laquelle je ne m'attendais pas. C'est posé comme récit... et j'aurais aimé m'envoler. Parce que c'est Zweig.

critique par Karine




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